ACTE PREMIER
POMEROL.
Grand Dieu, oui !... J'allais partir sans lui parler, écœuré de tout ce que je vois !... Votre arrivée m'épargne un joli remords.
CLOTILDE
Et à moi peut-être une grande folie !
POMEROL.
Gomment ?
CLOTILDE
Vous savez, mon ami, qu^André est depuis dimanche en Touraine, et pour huit jours encore?...
POMEROL.
Oui ! J'ai dîné avec lui, chez vous, la veille de son départ!
CLOTILDE
Eh bien! voici ce que j'ai reçu tantôt!... Lisez!
Une lettre anonyme?
CLOTILDE
Lisez !
Elle remonte.
POMEROL, lisant.
a Madame de La Roseraie est bien bonne de croire M. le » marquis en Touraine !... Il est revenu à Paris secrètement » jeudi matin; et si madame la comtesse croit à la fidélité de » son futur mari, qu'elle aille ce soir au théâtre Montmartre, » bien déguisée sous le voile ; elle y trouvera sûrement celui » qu'elle aime, car depuis son retour il n'a pas manqué d'y » passer toutes ses soirées!... » — Fi donc! Clotilde; on jette au feu ces choses-là !...
CLOTILDE, allant s asseoir sur le canapé.
Oui, mon ami, mais on les a lues. J'ai dit comme vous ;
Digiti
quelle indignité ! accuser mon André d'une telle trahison ! supposer qu^il \a chaque soir à ce théâtre pour quelque comédienne !... Allons ! c'est siupide I je n'irai certes pas où Ton m'envoie ; ce serait trop indigne de lui et de moi !...
POMEROL.
Certes !
Oh! certes I... El j'y allais, vous le voyez,... sans celte jeune fille 1...
POMEROL.
Qui vous sauve d'une vilaine action ! Glolilde , vous l'avez dit...
GLOTILDE.
Je le crois, n'en parlons donc plus, mon ami, et faites que je m'acquitte envei s elle par le bien que je lui peux faire !
POMEROL.
Vous voulez donc bien être de moitié avec moi dans son salut ?
GLOTILDE.
Quelle demande?
POMEROL.
Merci!... Eh bien ! je vais agir tout de suite. (Prenant son chapeau.) Le temps seulement de vous uietlre en voilure !
GLOTILDE.
Comment, en voiture !... m'en aller?
POMEROL.
Parbleu 1
GLOTILDE.
Voyons! il faut pourtant ôlre logi pie, mon ami, el si vous voulez que je vo >s aide !...
Digiti