‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 195 sur 240 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MARCEL

Brave htotntae, en effet, nionsiieur le Marquis; icar en 03 il sauva au ptîrii de sa tûte le Duc, voire pôi'e, qu'on venait arrêter I

LE ICAUQUIS, on pen emUrnssé, n remeltant*

Cestbience que je voulais dire : un bon serviteur.

VADCLIN, arec întérél.

Monsieur descend du Jean Cavalier qui a coûimandé les révoltés des Cévennes?

LE MARQUIS, te lefaitt.

Oh l nullement! Cavalier n'était même pas un nom... (AMarcei.) N'est-ce pas? c'était unsurnom !... pour le distinguer d'un autre serviteur de la maison l Pierre le Cavalier! C'est-à-dire que celui-là montait ordinairement à cheval pour porter nos lettres et faire nos courses, (a Marcel.) N'est-il pas vi*ai?

MARCEL

Parfaitement, monsieur le Marquis; mais mon père a glorieusement transformé l'épilhète en nom légitime le jour où, à la tête d'une centaine de volontaires mal montés et mal équipés comme lui, il fit à Jemmapes certaine charge à Ibnd de train qui lui valut l'accolade de Dumouriez et son premier grade sur le champ de bataille I

VADCLIN, avec chaleur.

Votre père est un volontaire de 92, jeune homme?

MARCEL

Capitaine à Fleurus, monsieur.

Bravo !

MARCEL

Et colonel à Wagraml

VAUCLIN, faisant la pimaee et M dëtonrnant.

Ah! l'Empire!...

LE MARQUIS

Et vous répudiez un passé si glorieux, monsieur Cavalier; ▼OiiiB n'étei pas soldat?

MARCEL

Autres temps! autres devoirs!... Mais, pardon, monsieur le Marquis, ma visite se prolonge et je craindrais...

LE MARQUIS

Du tout, ne nous privez pas d'une conversation à laquelle j'attache le plus grand intérêt, je vous assure; et dites-nous, au astoins, monsieur Cavalier, par quelles fonctions vous ennoblisuet, à yotre tour, un nom si bien porté ?.«b

MARCEL

Cela est d'un médiocre intérêt pour tous. Monsieur le Marquis^ je suis ingénieur.

LE MARQUIS

Ingénieur civil... aht très-bien l (a put.) Et tu fais la cour à ma nièce, arpenteur ?

FROMENTEL

Est-ce que c*est tous qui avez fait notre nouveau pontT

Non, monsieur I

FROMENTEL

G*est que je ne vous en ferais pas mon compliment I... Si on avait bâti comme ça de mon temps !

MARCEL, à lai-même, les regardant.

Ah çà, mais ils sont fort désagréables!... Où veulent-ils en venir ?

LE MARQUIS, ironiquement.

Allons^ monsieur Cavalier, je vous fais mon compliment : vous avez bien choisi la carrière du moment l Vive Dieul mes* sieurs, on ne vous accusera pas de ne point remuer les pierres! Vous excellez à démolir surtout! Pif, paf ! allez donc! lapiocho et le pic!..* Palais! châteaux! églises... bah!... au vent! — courage ; et sur les débris du vieux Paris, faites-nous un joli Paris tout neuf, avec chemins de fer sur les toits, et télégraphes électriques d'une fenôlre à Tautre !... le tout parqueté, voûté, éclairé, chauffé au gaz comme une usine et parfumé d'huile chaude et de carbone: ce sera délicieux!

MARCEL, piqué.

Je ne sais pas, monsieur le Marquis, si nous ferons jamais ce Pans-là; mais je puis bien vous garantir que nous ne vous rendrons jamais celui du moyen âge.

LE MARQUIS

Tant pis, monsieur, il était beau!

MARCEL

Les jours de } este surtout !... Mais de quel Paris parlez-vous, monsieur le Marquis ? — du Paris de Louis XIV, de François !•', de Charles V, ou de Philippe-Auguste?

IS. MARQUIS

De tous.

MARCEL

Il faut pourtant choisir; car ci-fin l'un ne s'est bâti que sur les débris de l'autre ; et pour Cire absolument logique, vous n'avez le droit de regretter que le premier démoli, celui de Julien l'Apostat*

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