‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 206 sur 240 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

scÈNfi y

MARGUERITE, VAUCLIN.

Mar^erite est entrée depuis quelques instants, et elle est allée à la fendiri.<i«»

Elle e&t pâle et triste.

VAUCLIN, rapercetant.

Ah! chère petite, tu l*es levée!...

MARGUERITE

Oui, parrain; ne me grondez pas... Je suis sî fatigiijé^ de garder la chamhre et le lit...

VAUCLIN, lui donnant le bra« pour la faire dçsc«n4re«

Gomment te sens-tu?

MARGUERITE

Toujours de môme.

VAUCLIN, inquiet.

Etla tôte... latôte...?

MARGUERITE

Un peu lourde... je suis fatiguée...

VAUCLIN.

Tiens... ce fauteuil... là!... avec ce coussin...

(Il la fiit asseoir.) MARGUERITE, frissonnait.

J*ai si froid... Je ne puis pas me réctiaufîcr...

VAUCLIN.

Enveloppe-toi bien!

MARGUERITE, asiisa.

Voilà comme ma grande maladie a commencé.

VAUCLIN, derrière elle.

Mais non... mais non!...

MARGUERITE

Ah! celte fois... ce ne serait pas long t.. .

VAUCLIN.

Eh bien, veux-tu te taire l Est-ce que tu n*es pas mieux ainsi?

MARGUERITF.

Si... plus près de la fenêtre.

VAUCLIN, k pa.U

Toujours. (Haut.) Si tu es près de ^a fenêtre, tu seras loin au feu.

HABGnEKITE, tiémnu^ nervanse^ eiiayaiit d« toarner k ftintalB*

Si, comme cela... de ce côté I Je verrai un peu...

VADCUN.

Mais, chère enfant, il n*y a rien à voir que la neige (ombi^e ce malin.

MARGUERITE

Je veux voir la neige.

VADCLIN.

Allons!... tournons le fauteuil commme cela.

MARGUERITE, se souleTant pour regarder par la fenfilre*

Encore.

VAUCLIN.

Non, non, la fenêtre est mal close, vois-lui il vient un venl de ce côté I... Je t'en supplie, couvre tes épaules! — Ilnefaudiail qu*un refroidissement, une porte ouverte, un courant d*air!...

MARGUERITE, regardant le jardin.

Ah! que la journée est longue à regarder toujours un chemin où personne ne passe!

VAUCLIN, i part.

Pauvre enfant!

MARGUERITE, fermant lea jeux.

Si je pouvais dormir 1

VAUCLIN.

C'est cela : dormons.

MARGUERITE

Non, lisez-moi quelque chose, mon bon parrain.

VAUCLIN.

Lisons. Que veux-tu que je te lise, filleule?

Marguerite, désignant un Urre sur la table.

Ce livre-là que m*a prôlé M. l'abbé.

VAUCLIN, à lui-même.

Ah! oui, le directeur de la maison, ma bote noire.

(Il prend une chaise et Ta pour se placer entre elle et la fenôtre.)

MARGUERITE

Non, pas ici, mettez-vous là.

(Elle lui montre la droite dn guéridon.) VAUCLIN, & loi-même, en transportant sa chaise.

Je n'ai jamais été si palientl... (assIs.) La... lisons maintenant, (il ouvre le litre.) Fénelou... (saisi.) Fénslou ! De Vexislence et des attributs de Dieu, (a lui-même, à part.) Oh ! (saut.) Si nous lisions «uirc chose^ hein? Cela te serait-il égal?

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