‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 32 sur 240 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

péefaé mignon de ma cousine est un peu la curiosilé, et»..

MADAHB SÉNÉCHAL.

Je comprends, oui!... Ah I madame I ce n'est pourtant pas beau!... allez I

BUe remonte.

POMEROL*.

C'est bien mon avis!... mais si c'est aussi le yôtre. Sénéchal... Comment diable?...

Pendant ce qui smt, jeu aaet entre Pomerol et Clotilde, qoi loi fait ligne qae e est bien et qu'il fant inalster.

UADAMB SÉNÉCHAL.

Comment y suis-je, n'est-ce pas?

POMBEOL*

Oui! TOUS n'ayez pas toujours tenu une table d'hôte?

MADAME SÉNÉCHAL, pliant son chAle.

Ah! si l'on m'avait prédit ça, le jour de mes noces !

C'est vrai ! maman... vous avez été mariée... à un négociant de Montpellier, n'est-ce pas ?

MADAME SÉNÉCHAL

Nonl... de Bordeaux !

POMEROL.

Ahl de Bordeaux, c'est vrai, oui;... que vous avez quitté !..»

MADAME SÉNÉCHAL, yiTcment.

Moi !... qui vous a dit ça*^...

POMEROL.

Ma foi, je ne sais plus!...

MADAME SÉNÉCHAL, deaeendant.

11 en a menti, celui-là I... c'est mon mari qui m'a abandonnée, le lâche !•••

POUEROL.

Ah I c'est très-différent, en effet!...

Marne jeu areo Clotilde* UADA&IE SÉNÉCHAL.

Non!... mais c'est que c'est bien cela!... on voit une femme à terre!... on ne demande pas qui l'y a mise I... Pour les hommes, c'est toujours sa faute!... On m'a mariée à seize ans, madame. J'avais une belle-môre! vous comprenez! un mari de son choix!... Deux ans après, ma dot était dévorée!... Mon père, excéJé de demandes, nous fermait sa porte. Et des dettes, et des saisies !!... Un soir, on m'apporte mon mari sur un brancard : il s'était fait sauter la cervelle dan^ un bois! je nourrissais!... Je pousse un cri, je tombe, et me voilà pour six mois au lit, avec un délire qui ressemble à de la folie 1 Quand je renais à la vie, personne! la maison vide, tout vendu!... ni ami, ni parent !...moi seule, avec un enfant de six mois sur les bras et cinquante francs de charités dans la poche!...

CLC TILDE.

Pauvre femme !

MADAME SÉNÉCHAL, assise, ainsi que Pomorol *.

J'arrive à Paris. Je me dis : Je suis jeune, courageuse, je travaillerai. Je trouve dans un polit pensionnat des leçons de piano à quarante sous, je me crois sauvée ! Les vacances arrivent, mes élèves partent... La misère!... Je sais dessiner et peindre!... Je dessine des broderies, je peins des éventails!... Mes yeux, brûlés par les larmes et le travail, s'enflammenl, il faut y renoncer, sous peine d'être aveugle. Je me rabats sur la couture; mais luttez donc contre les machines I... c*est vingt... vingt-deux sous, en travaillant dix heures par jour El toujours mes yeux, et les privations, Tépuisemcnt, et au bout, rhôpital !

* GlotlMe, Pomorol, madame Sénéchal.

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