‹ Fernande: pièce en quatre actes, en proseChapitre 48 sur 240 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GLOTILDE.

Et cela ne t'a pas corrigée de tes maadits soupçons?...

GBORGETTE.

Non 1 et ta vois bien que j'ai raison, et qu*ii y a quelque chose... Car enfin» ces cartes I

CLOTILDB.

Boni... le passé!

GEOROETTB.

Mais je suis aussi jalouse dupasse, moi I— LMdée qu^il a dit à d'autres femmes : je vous aime ! ... Oh I... Et encore s^il n'avait dit que cela I... et s*il n'avait fait que de le dire I... Non, vois-tu?... Toute femme qu'il regarde un peu dans la rue ! Je pense: C'en est une 1... et je lui arracherais les yeux !... Je comprends le crime !

GLOTILDE.

Il faut pourtant bien te dire, ma mignonne, que ton histoire est celle de toutes les nouvelles mariées.

GBORGETTE.

Gela ne me console pas.

GLOTILDE.

Et, en vérité, un mari qui n^aurait jamais aimé avant, offrirait de pauvres garanties de sécurité; sans compter qu'il serait bien un peu ridicule.

GBORGETTE.

Âh! voilà le grand mot : ridicule 1.. Le bel argument I Cent maîtresses à monsieur avant la noce.... Très-bien I ... Un seul amant à ûiauame... Très-mal !

GLOTILDE.

Sans doute.

GEORGETTB.

Je trouve cela indigne, moi, et monstrueux. Pourquoi monsieur ne ni'apporle-t-ii pas ies prémices de son cœur, comme il a ceux du mien ?

GLOTILDB.

Grand bdbé, va I

GEORGBTTE.

Bébé n'est pas une raison. — Pourquoi exigent-ils de nous des vertus qu'ils n'ont pas ?

GLOTILDE.

Parce que ce sont ces vertus-là qui font tout notre prestige à leurs yeux. S'ils les estiment tant chez nous, c'est qu'ils se reconnaissent incapables de les avoir. Plains-toi de cette supériorité qu'ils nous accordent !

GEORGBTTE.

Je me moque de la supériorité, moi ; régalité me suffit.

GLOTILDE.

Ah I mignonne, le jour où nous ne serons plus que ieurs égales, comme nous leur serons inférieures I...

Enfm, tu n'es donc pas jalouse, toi ?

GLOTILDE.

Autant que toi, peut-être.

GEORGETTE

Eh bien ?

GLOTILDE.

Mais du présent seulement; et c'est bien assez, grand Dieul

GEORGETTE

Jalouse comme moi, à mordre, à déchirer, à tuer l

GLOTILDE.

Ehl mon Dieu!...

GEORGETTE

Enfin, si tu étais trompée, que ferais- tu ?

GLOTILDE,

Moi?

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