Sonnet 26 de l'édition de
Temerario desseo; incauto pecho, a quen rend: de m1 poder la Ilave, al pehgro m’entregan fiero 1 grave ; sin que pueda apartarme del mal hecho.
Veo los uessos blanquear, 1 siento el triste son de la engañada gente ; 1 crecer de las ondas el bramido.
Huir no puedo ya m1 perdimiento ; que no me da lugar el mal presente, ni osar me vale en el temor perdido”.
Je n'insiste pas 1c1 sur la façon dont le paysage réel est transposé, comme je l'ai précédemment indiqué”. Le premier sonnet représente les environs de Gelves ; les modestes collines y sont transformées en rocs sourcilleux; le second est inspiré par une promenade en barque sur le Guadalquivir, qui devient le redoutable bras de mer où Charybde et Scylla attendent leurs victimes. Mais quelle netteté dans l'image matérielle ! l’allégorie n’est indiquée que d’un mot; dans le premier de ces sonnets, c’est par les mots querra et daño ; dans le second ce n’est qu'aux vers { et 5 que se manifeste le sens allégorique.
Je ne prétends certes pas que Herrera ait inventé de toutes pièces ce procédé ; Je crois même que ce sont des souvenirs littéraires qui le lui ont inspiré. C’est ainsi que j'ai signalé le commentaire dont il avait accompagné sa traduction du petit poème d'Ausone sur les Roses”? : il louait le poète d’avoir caché jusqu'aux derniers vers le
1. Sonnet 6 de l'édition de 1582. — Je citerai comme issus du même procédé les sonnets 2, 12, 35, 95 de l’édition de 1582, et dans celle de Pacheco les sonnets : Alço el cansado passo, 1 a la cumbre (1-44) ; — De bosqu’en bosque, d’uno en otro Ilano (1-21) ; — En esta selvä orrida i desierta (1-93) ; — Sola, i en alto mar, sin luz alguna (1-98) ; — En noche sola voi con sombra oscura (III-27).
2, Commentaire, p. 176. +
sens moral qu'il attachait à sa description, et de provoquer ainsi la surprise du lecteur.
Cette solitude mystérieuse où il s'épuise en vains efforts me paraît venir, en ligne directe, de la forêt obscure où Dante s’égare au début de la divine Comédie.
Nel mezzo del cammin di nostra vita Mi ritrovai per una selva oscura, Chè la diritta via era smarrita.
Ahi quanto a dir qual era è cosa dura Questa selva selvaggia ed aspra e forte, Che nel pensier rinnova la paura ! ({nferno I, 1-6.)
Et le sonnet suivant de Lodovico Domenichi montre que les allégories nautiques n’ont pas été inventées par Herrera. « Je fendsles ondes courroucées de l'Amour, de ma nef peu sûre et sans agrès, en dépit, non du ciel, mais de mon Étoile qui tantôt me montre sa lumière, tantôt me la cache; j'entends la tempête sur la mer sauvage et profonde, croître toujours, et Je ne vois aucun signe qui me fasse croire que je mérite mon salut; mais je crains que ma barque ne s’engloutisse. Que faire, Remigio ‘? vers qui me tourner? Le péril est proche, le portest si loin qu’il est inutile que je replie les voiles. O toi qui as montré que tu étais un nocher prudent, tendsmoi la main pour'me sauver, maintenant que je te prends pour mon étoile et pour mon guide dans ce chemin sombre et tortueux. »
lo, che solco d’Amor le torbid’onde Con mal sicuro, e disarmato legno,
Non pur del ciel, ma di mia stella a sdegno, Che già mostrommi il lame, or lo nasconde,