‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 105 sur 147 · CGancôn II de l’édition de 1582, v. 36-77. — v · texte numérisé non relu

CGancôn II de l’édition de 1582, v. 36-77. — v

2. «1 no entienden que ninguno puede merezer la estimacion de noble poeta, que fuese fâcil 4 todos 1 no tuuiesse encubierta mucha erudicion i conocimiento de cosas. » (Réponse de Herrera, p- 86.) Et dans son Commentaire, p. 127: « la oscuridad que procede de las cosas 1 de la dotrina es alabada 1 temida entre los que saben en mucho. pero no deve oscurecerce mas con las palabras ;‘porque basta la dificultad de las cosas, »

LIT A rene et ne dissimule pas beaucoup d'érudition et de connaissances. » Cette érudition c’est celle des poètes alexandrins, qui résulte d’une connaissance approfondie de la mythologie et des épithètes empruntées à la légende des dieux ou des héros ; Herrera ne se fait pas faute d'y recourir : 1l appellera Delphes, & montagnes de Cirrha » (Carreas cumbres, élégie [ de 1582, v. 57); des ténèbres profondes seront des ténèbres cimmériennes (Cimeria tiniebla, élégie IV de 1582, v. 50); le Guadalquivir sera le Béus, la Medjerda deviendra le Bagrada, etc.

Mais cette érudition de vocabulaire ne suffit pas au poète ; il faut qu'il y joigne l'érudition du style et des tournures savantes, par conséquent peu accessibles au vulgaire; dangereuse théorie qui peut aboutir aux plus déplorables excès. Herrera n’a que trop souvent essayé de l'appliquer, bien que son bon sens l'ait empêché de tomber tout à fait dans le ridicule. Mais ses successeurs pouvaient s'autoriser de ce principe pour rendre leurs vers inintelligibles : ils n’y ont pas manqué et l’on trouve chez Herrera le germe des monstrueux excès de Géngora. Cette obscurité voulue et cherchée avait paru à Prete Jacopin la marque d’un profond dédain pour le public, une affectation ridicule de singularité. € Que vous devez aimer ce mot de vulgaire que vous avez toujours à la bouche” !» dit-il à son adversaire. Aussi Enrique Duarte, dans sa préface à l'édition de 1619, a-t-1l jugé nécessaire de défendre le poète du reproche d’obscurité que l'on faisait communément à ses vers, et il a exposé, lui aussi, la théorie de

1. &j O como os deve contentar este vocablo vulgar, pues no se os cae de la boca! » (Prete Jacopin XXIIT, p. 35.) Of. aussi Prete Jacopin XXI, p- 32 j O que vulgar soys ! etc. — et XXII, p. 32 « ç No teneis vergüenza de Ilamarle tantas veces vulgar ? »

Herrera qu'il connaissait sans doute par Pacheco. « Ce n'est pas une faute dans ses vers, dit-il, d’être jusqu'à un certain point obscurs et difficiles; au contraire c’est un mérite, parce que la façon de s'exprimer, dans les œuvres poétiques, doit être recherchée et différente de la manière ordinaire de parler: et en cela Fernando de Herrera est admirable! . » Il y a donc une langue poétique. Nous verrons plus loin comment Herrera tenta de la former

et de la fixer.

1. «1 no es vicio en ellos [sus versos] el ser en alguna parte oscuros, 1 dificiles, antes una de sus alabanças, porque los modos de dezir en las obras poeticas an de ser escogidas i retiradas del hablar comun en que fue singu- + lar Fernando de Herrera. » (Préface de Duarte à l’édition de 1619.)

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