‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 110 sur 147 · BEN ES · texte numérisé non relu

BEN ES

la beauté énergique de l’homme que le fleuve Hypanis l'est. de l'Éridan‘. » -Il reconnaît d’ ailleurs que parfois Cetina, soit qu’il imite, soit pour toute autre raison, est si vigoureux et si plein qu'il sort pour ainsi dire de luimême et que, s'il avait montré autant de science et d’habileté que de dons naturels et d'application, et s'il avait recherché autant la force que la douceur et la pureté, personne ne l’ aurait surpassé *.

On remarquera que le reproche général fait à ses prédécesseurs par Herrera, c’est de manquer d’ énergie ; c'est qu'il se sentait naturellement porté, comme je l'ai fait remarquer plus d’une fois, vers tout ce qui était fort, grandiose ou violent.

Bien qu'il ne fasse pas le même reproche à Garcilasso, il n'insiste guère sur le mérite général de ses sonnets auxquels il déclare préférer ses Canciones et ses Élégies, où précisément ces qualités d'énergie pouvaient plus légitimement se manifester ; tandis que ses sonnets, où il se montre à la fois doux et grave, sont un modèle de pureté de vocabulaire, de tendresse, de passion et de grâce, en même temps que de décence : c’est un des mérites en effet,

1. « En Cetina, cuanto a los Sonetos particularmente ; se conoce la hermosura 1 gracia de Italia ; 1 en numero, lengua, terneza 1 afetos ninguno le negarà lugar con los primeros. mas faltale el espintu 1 igor, que tan 1mportante es enla poesia ; 1 ass dize muchas cosas dulcemente, pero sn fuerças. 1 me parece que se vê en el... lo que en los pantores 1 maestros de labrar piedra 1 metal ; que afetando la blandura 1 pohca de un cuerpo hermoso de un mancebo, se contentan con la dulçura 1 terneza, no mostrando alguna señal de mervos 1 musculos ; como si no fuesse tanto mas diferente 1 apartada la belleza de la muger, de la hermosura 1 generosidad delombre, que cuanto qe el no Ipanmis del Eridano. » (Commentaire, p. 77.)

. @ Getina muchas vezes ; o sea causa la imutacion, o otra cualquiera, es a generoso 1 Ileno, que casi no cabe en si. 1 1 acopañära la erudicio 1 des-. treza de l’arte al ingemo, 1 trabajo ; 1 pusiera intension en la fuerça como en a suavidad 1 pureza, ninguno le fuera aventajado. (Commentaire, p. 77.)

RS

qu il prise le plus chez Garcilasso, de n'avoir, dans ses vers d'amour, célébré que des joies ou- des tristesses. spirituelles ".

Ici s'arrête la revue que fait Herrera des sonnettistes espagnols: 1l s'excuse de ne pas parler des vivants, dont les écrits, dit-1l, se recommandent d'eux-mêmes et qu'il craindrait de ne pas juger avec une pleine impartialité. D'ailleurs il les a cités de temps à autre dans son Commentaire, et naturellement en termes élogieux ou affectueux ; c'est ainsi qu'il donne de Fernando de Cangas un sonnet tout entier, dont 1l loue « la disposition, la langue et le rythme”. » Las

Herrera échappe-t-1l lui-même aux critiques sévères que nous venons de le voir adresser aux sonnettistes qui l'ont précédé? J'ai eu l’occasion, au cours de ce chapitre, de montrer les efforts parfois infructueux, qu'il avait tentés pour réaliser l'idéal qu'il se formait de ce genre de poème, et 1l est certain, qu'à le considérer isolément, il nous parait souvent obscur, gauche, peu harmonieux ; 1l faut le reconnaître, jamais un sonnet sans défaut n'est parti de sa plume. Cependant, si on le compare aux sonnettistes qui l'ont précédé ou entouré, les critiques qu'il mérite s'atténuent. La grâce de Garcilasso était un peu frêle et

1. «Gare Lasso es dulce 1 grave (la cual mescla estima Tuho por mu dfial) 1 con la pundad de las vozes resplandece en esta parte la blandura de sus sentimentos ; porque es mu afetuoso 1 suave. pero no 1guala à sus canciones 1 elegras,.:. 1 lo que mas se deve admurar en todos sus versos, cuantos an escrito en materia de amor le son co gran desigualdad inferiores en la onestidad 1 templäça de los desseos porque no descubre un pequeño sentimiento de los deleites moderados. antes se embevece todo en los gozos, o en las tristezas del animo. » (Commentaire, p. 77-78.)

2. « El aintento destos dos versos dilato en un son. F. de Cangas ; que por ser bien tratado en la disposicion, 1 en la lengua 1 en el numero, no puedo dexar de traello aqun, etc... » (Commentaire, p. 257.)

indolente; Gutierre de Celina montre encore trop de rudesse et, souvent, de monotonie, Juan de la Cueva trop de négligence.

L’ambition de Herrera fut de donner au sonnet plus de dignité, de l’ennoblir par l'élévation du sujet et de la pensée, par la recherche d’une plus vigoureuse unité, d’une harmonie plus mâle; cette obscurilté même qu'on lui reproche à juste titre n’était qu'une des formes de cette aspiration ; elle était d’ailleurs volontaire, comme je le montrerai en étudiant les préceptes que notre poète nous a laissés sur le style. Je n'oserais dire que cette tentative ait été souvent couronnée de succès ; cependant elle le fut quelquefois, et la correction élégante des sonnets d’un Rioja ou d'un Arguijo me semble le fruit des efforts et des exemples de Fernando de Herrera.

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