‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 111 sur 147 · CHAPITRE XV LES GENRES. — L'Élégie · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV LES GENRES. — L'Élégie

Les idées de Herrera sur le sonnet sont, comme nous venons de le voir, assez nettes et forment un ensemble assez complet ; on n'en saurait dire autant de celles qu'il formule sur l’élégie *.

Il examine, à l'aide de Scaliger, dont il se sert avec un sans-façon vraiment singulier, l'origine de ce poème, et n aboutit naturellement qu'à des hypothèses sans valeur. Puis il consacre une longue étude à l’élégie antique, qui avait primitivement, comme 1l l’'admet avec raison, pour objet des sujets funèbres, et qui servit ensuite à exprimer les passions de l’amour et en particulier les plaintes des amants. Q Il faut, dit-1l, que l’élégie soit naïve, caressante, tendre, suave, délicate, polie, brillante, et, si l'on peut dire, noble, pitoyable dans l'expression des passions et les excitant partout; n1 très enflée, ni très humble, ni obscurcie par des pensées trop subtiles ou des sujets trop recherchés ; qu'elle fasse souvent appel à la pitié, aux plaintes, aux exclamations, aux apostrophes, aux prosopopées, aux digressions. Sa parure doit être plutôt une propreté brillante qu'une coquetterie trop artificieuse. Mais comme les auteurs de vers d'amour espèrent, se

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