‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 112 sur 147 · Cf. Commentaire sur Garcilasso, p. 290 et suivantes · texte numérisé non relu

Cf. Commentaire sur Garcilasso, p. 290 et suivantes

Pr ee

désespèrent, abandonnent leur première idée pour d'autres, qu'ils changent et modifient ; qu ils prient, se plaignent, se réjouissent, ou louent la beauté de leur dame : racontent leur propre vie et leurs aventures ainsi que tous les sentiments qu'ils -éprouvent et qu'ils expriment dans les circonstances les plus diverses ; ilen résulte que ce genre de poésie est mixte, que le poète tantôt parle, tantôt fait parler un autre personnage, et que par conséquent le style doit être varié. De là vient que l’élégie se présente sous tant de formes, tantôt facile et caressante, tantôt élégante et raffinée, tantôt, selon l’occasion, bril- Jante, simple ou obscure : ces différences peuvent se retrouver chez un même élégiaque'. »

1. «conviene d la elema sea candida, blada, trerna, suave, dehicada, .tersa, clara à s1 con esto se puede declarar, noble, cogoxosa en los afetos, 1.4 los mueva en toda parte, n1 mu hinchada, n1 mu umilde, no oscura co esquisitas sentecias 1 fabulas mur buscadas ; Q tenga frequente comiseraci0, quexas, esclamaciones, apostrofos, prosopopeyas, escursos o parébases. el ornato della à de ser mas hmpio 1 reluzëte, 4 peinado 1 copuesto curiosamente 1 por los escritores. de: versos amorosos, o esperan,-o desespera, o deshaze süs pensamiétos, 1 induzen otros nuevos, 1 los muda 1 pervierté, o ruegan, o se quexan, o alegrä, o alabä la hermosura de su dama, o esphcan su propra vida, 1 cuenta sus fortunas co los demas sentimmentos del ammo, ellos declaran en varias ocasiones ; convimendo q este genero de poesia sea musto, 4 aora habla el poeta, aora introduze otra persona ; es necessario 4 sea vario el

-estilo. 1 de aqui procede en parte la diversidad de formas del dezr, pareciëdo unos mas faciles 1 blandos, otros.mas compuestos 1 elegantes, otros segun la materia sugeta o claros, o menos regalados 1 oscuros. 1 en un mesmo elegfaco se puede cosiderar esta diferencia. » (Commentaire, p. 291.) — Les emprunts faits à Scaliger sont extrêmement nombreux dans cet article sur l’élégie É j'en donnerai l’exemple suivant à propos du passage que je viens de citer. « Candidam oportet esse, mollem, tersam, perspicuam, atque vtita dicam, ingenuam. Affectibus anxiam, non sententiis exquisitis. non conquisitis fabulis offuscatam. Cultus nitidus potius quam pexus. Argumenta : commemoratio diei, à quo initium amandi factum fuit. Eiusdem landatio aut execratio. Que-

rela, Exspostulatio, Preces, Vota, Gratulatio, Exultatio, Furti narratio, Fletus, Conuitium, Vitij aut flagitii obiectio, Recantatio, Propriæ vitæ explicatio, sui cum riuali comparatio, Comminatio... Præterea desperatio cum imprecationibus. » (Scaliger.: Poétique, IT, $ 125, p. 429-430.)

Il vaut mieux remplacer les récits mythologiques qu'y introduisaient les anciens par des pensées délicates et brillantes, mais sans trop de recherche et clairsemées pour ne pas fatiguer le lecteur’. €

: Tout cela rentre bien dans le cadre de l'élégie telle que Herrera lui-même l'a comprise ; il l’a consacrée presque exclusivement à chanter son amour et sa mélancolie, sans omettre le souvenir de sa propre histoire, les prosopopées et tout ce qu'il énumère si abondamment. Lorsqu'il ne l’a pas fait, c'est qu'il chantait la mort de quelque ami, le désenchantement ou la fin de sa passion. D'ailleurs il Lui a donné quelquefois la forme d'une épître : c’est une tendance naturelle de ce poème et Herrera reconnaît que « le vers élégiaque a été employé par les modernes non seulement aux élégies proprement dites, mais encore aux vers d'amour, aux épitres et aux satires, et qu'il est parfaitement approprié au récit*?. »

Quant à la forme métrique de l'élégie, il se contente de dire que ce poème est composé de tercets et que le tércet doit renfermer un sens complet; ce n’est que par exception que le sens peut empiéter sur le vers suivant; encore faut-il que cet enjambement soit parfaitement justifié et judicieux, sous peine de donner aux vers une àpreté et une rudesse disgracieuses”.

I. « mas proprio es 1 mejor dezr aora en lugar de las fabulas sentecias dulces, 1 que tega luz 1 viveza, no floxas 1 desmayadas, no afetadas 1 curiosas, m tan frequetes, que engedren fastidio como las de las epistolas de Seneca. » (Commentaire, p. 298-299.)

2. « nos sirve mucho este genero de verso para escrevir elegias 1 cosas amatorias 1 epistolas 1 saras, 1 es mur acomodado para tratar 1storia. » 2 (ÉDTE menlaire, p. 300:)

3. « En estas elegias o tercetos vulgares se requiere acabado el sentimiénto en el fin del terceto, 1 dôde no acaba, s1 no $e suspende con juizio 1 cuidado, viene a ser el poema aspero 1 duro, 1 cô poca o mnguna gracia 1 esto es traido

Mais il ne songe même pas à indiquer que le vers employé est l'hendécasyllabe ; 1l marque avec trop peu de clarté la succession des rimes qui se répètent trois fois et se répondent de deux en deux, bien qu’il explique par là le nom de {ercia rima donné à cette strophe. Enfin il n'indique pas que la rime du premier et du troisième vers de la première strophe n "est pas répétée dans la seconde, ni que la dernière strophe se compose de quatre vers dont le dernier rime avec le second. Il lui parut sans doute que ces détails étaient alors trop connus pour qu'il les signalât. Il ne donne non plus aucun précepte sur la composition même de l'élégie qui est, à vrai dire, si variable qu'il eût été téméraire de l'essayer.

L'origine du tercet lui paraît remonter à Dante qui aurait voulu reproduire ainsi le distique ‘.

Quant aux meilleurs poètes élégiaques, il ne parle des Grecs que par ouï-dire, et cela n'a rien d'étonnant : c’est à Callinos qu'il fait remonter le vers élégiaque. Après lui vient Mimnerme. Il passe brusquement à Philétas de Cos et à Callimaque de Cyrène et, sur la foi de Quintilien, donne le premier rang à ce dernier et le second à Philétas”; il ne les connaît d’ailleurs ni l’un ni l’autre*.

de la elegia Latina ; que no puede no acabar la senteca en el pentametro si no es con cuidado 1 artficro. » (Commentaire, p. 300.)

1. € Los [tahanos imitaron a los Latinos en los tercetos, que son dichosamente traidos de la elegia. los cuales, porque se responden en la terminacon de cada tercer verso, donde acaban el sentido con la clausula ; tomaron por nombre tercia rima 1 cadena, por que ata un verso con otro. halld este numero Dante el primero por ventura de todos ; por que antes del no està en memorlia quien lo supiesse ; para representar en aquel genero de verso el not Latino. » (Commentaire, P: 299- -300.)

. « Tunc et elegiam vacabit in manus sumere, cujus princeps habetur Callimaéhus : secundas confessione plurimorum Philetas occupavit. » (Quintilien, x-1.)

3. « destos, sacando algunos framentos, casi no 41 mas memoria, que la que nos quisieron dexar los escritos agenos. » (Commentaire, p. 269.) :

Page 1