Commentaire, p
vaillamment tandis que le Pape, inquiet de cette nouvelle poussée des musulmans, essaie de réconcilier les puissances chrétiennes et de former une ligue entre les Vénitens et Philippe IL. Les chapitres suivants sont occupés par le récit des progrès des Turcs dans l'ile de Chypre et des difficultés créées à la formation de la ligue par l'égoïsme des chrétiens. La prise de Nicosie par les Turcs met fin aux hésitations ; la ligue se constitue enfin, se dissout, puis se reforme dans des conditions que l'historien nous énumère scrupuleusement.
Il était temps ; Famagouste tombe aux mains des Turcs qui, possesseurs de Chypre. avancent vers l'Occident et, après avoir ravagé les côtes de Candie, viennent mettre le siège devant Cattaro.
C'est alors qu'entre en scène le héros du drame: don Juan d'Autriche arrive à Messine : il y prend le commandement des flottes confédérées qu'il passe en revue et décide d'aller chercher l'ennemi. On se met en route, dans un ordre que Herrera nous décrit minutieusement, et l’on arrive à Corfou.
Au moment où va se produire la rencontre des deux adversaires, l’auteur suspend adroitement le récit pour examiner les chances de succès et d'insuccès de don Juan; puis 1l montre les deux flottes qui se cherchent, leur rencontre, enfin la bataille de Lépante et la victoire des chrétiens.
Tout cela s’enchaîne parfaitement et laisse une grande impression de clarté et de bon sens. La composition des chapitres isolés n'est pas moins adroite. Ainsi, dans la description de la bataille, l'unité est obtenue par un moyen très simple : la lutte s'engage entre le navire anural turc et la galère de don Juan : pendant que les deux chefs en sont
ainsi aux mains, le narrateur nous montre ce quise passe aux ailes de la flotte ; puis la galère du Pacha est prise, les cris de « victoire! » s'élèvent de toutes parts; les Turcs s’enfuient, tandis que don Juan se porte à la rencontre des navires encore intacts, jusqu’au moment où la flotte musulmane est anéantie.
Même netteté et même unité dans le passage si vivant et si pittoresque de son Commentaire consacré à la défaite de Djerba”.
Le comte Pedro Navarro ayant conquis Bougie, Ferdinand le Catholique donna cette ville au duc d’Albe don Fadrique ; le fils du duc, don Garcia de Toledo, qui n'avait encore que vingt-trois ans, obtint du roi de remplacer son père dans cette lieutenance. Il partit donc à la tête de nombreuses troupes et se rendit à Bougie, bien qu'il sût devoir y trouver la peste. À peine arrivé, il fut contraint : par le fléau d'abandonner la ville avec une partie de son armée et d'aller retrouver Pedro Navarro qui venait de conquérir Tripoli ; il le rejoignit au moment où ce vaillant capitaine était prêt à lever l'ancre pour aller occuper l'île de Djerba et l'accompagna avec empressement. L’entreprise était sans risques si l’on avait agi avec prudence; mais à peine débarqué, don Garcia prétendit attaquer immédiatement les Maures : malgré la résistance du comte, qui eut le tort de se laisser fléchir, don Garcia s’avança dans l’île sous un soleil brûlant (on était à la fin d'août 1910) à la tête de troupes disciplinées, mais qui bientôt, épuisées par la fatigue et par la soif, se débandèrent pour boire en arrivant à l’oasis où les Maures s'étaient cachés. Ceux-ci sortirent brusquement de leur embuscade, tom-