‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 127 sur 147 · Herrera l’appelle à tort Thomas Anley · texte numérisé non relu

Herrera l’appelle à tort Thomas Anley

2. & cast nuñca sufrio cerca de si la grandeza real el resplandor de la vir-: tud agena. » (Ibid., p. 25-26.)

Catherine d'Aragon est légitime. Ils sont emprisonnés tous deux dans la Tour de Londres, où Morus s'occupe à lire et à écrire. Cependant Fisher est exécuté le 22 juin 1930. On essaie de fléchir Morus, que ce supplice n'a point effrayé, en lui envoyant sa femme qui fait appel à sa tendresse : 1l reste inébranlable et est enfin traduit devant le tribunal qui le condamne à mort comme coupa- : ble de trahison : l'exécution a lieu le 6 juillet 1535. Herrera ne décrit pas cette scène tragique mais exposé une série de considérations sur l'effet que produisit cette mort parmi le peuple, et sur les critiques injustes que quelques politiques firent de la résistance, qu'ils jugeaient maladroite, de Morus aux volontés de son souverain.

Il conclut enfin : « Quelques-uns penseront qu'il serait à propos de se plaindre ici de ce que la vertu soit si mal récompensée et que ceux qui en retirent le profit soient ceux qui la connaissent le moins. Qui donc osera concevoir quelque espérance en voyant s'acharner contre les gens de bien les infortunes, les persécutions et les plus terribles malheurs ? Voilà sans doute la plainte d'hommes peu attachés et peu dévoués à la vertu et dont l'âme est occupée des vanités de ce monde ! Regardons et considérons attentivement ce que ces héros ont supporté et, s'ils ont souffert avec courage et générosité pour la Justice, souhaitons et tâächons d'acquérir leurs âmes parce qu'elles ont mérité la gloire. Puisse leur vertu séduire tous les autres et les obliger à les imiter ! Louons celui qui mérite d’être loué ; et avouons et proclamons qu'il est plus grand et plus heureux pour s'être libéré des misères et des désastres humains, et qu'ayant trouvé, au prix d'un peu de temps, le moyen de se rendre immortel, il jouit en Sûreté. de la béatitude avec le Christ. Qu'il serve d'exemple à

ceux qui ont coutume d’admurer les choses illégitimes et qu’ils comprennent qu'il peut y avoir etquil se trouve de grands hommes et dignes de toute louange sous l'empire même de mauvais princes". »

Si l’on compare le style de cet opuscule à celui de la Relation de la querre de Chypre ou de l'expédition de Gebes, on est frappé de la différence qui s’y manifeste ; ici les phrases sont sonores, redondantes, périodiques ; les deux autres morceaux au contraire se distinguent par l'absence de prétention et d'effets oratoires ; à part quelques superlatifs qui sont, il faut le reconnaître, dans le génie de la langue, quelques épithètes un peu prétentieuses, le ton y est généralement simple. On serait tenté de se demander si cette emphase ne serait pas un perfectionnement apporté par l’écrivain à son style. Nous savons en effet que dans sa grande histoire il avait fait une seconde fois le récit de la bataille de Lépante, et que, comme on lui en avait demandé la raison, il avait répondu que le premier récit n’était qu'une simple relation et que le se-

1. « Juzgarän aqui algunos, ser cosa conviniente quexarse, que alcance la virtud tan mal premio, i que gôze sus prouechos, quien la conoce menos. Quien aura por ventura que se aliente i tenga esperança, viendo quese emplean en los buenos los trabajos, i las persecuciones, i la mayor fuerça de males ? Querella es esta ciertamente de onbres no bien aficionados i rendidos a la virtud, i que tienen ocupado su animo en estas cosas vanas. Mire el onbre, i considere co atencion lo que sufrieron, i si padecieron con fortalezai generosidad por la justicia, desée i procure sus animos, porque son merecedores de gloria. Î que su virtud agrade a todos, i los obligue a su imitacion. Alabemos al que deve ser alabado, i conozcamos i digamos ; que es mayor i mas dichoso, por auerse librado de las miserias i desastres umanos ; ique auiendo hallado con liuiana costa de tiempo, como se hiziesse inmortal goza en seguridad la bienavéturanga con Cristo. I sea exemplo a los que tienen por uso admirar las cosas ilicitas, i entiendan que puede auer, ise hallan varones grandes, i dinos de toda alabança en el imperio de malos Principes. » (Tomas Moro. Édition de 1617, p. 78-70.)

cond était de l'histoire". Quelle différence y avait-il donc entre les deux? Quelles étaient ces qualités propres à l'histoire qui n’existaient pas dans la Relation? Pacheco ne l'indique pas, et Herrera lui-même ne nous en a rien dit. On pourrait penser qu'il s'agit du style qui aurait été plus pompeux dans l'une que dans l’autre, et dont nous aurions un exemple dans la Vie de Thomas Morus. Mais comme je l'ai indiqué plus haut, il ne faut pas voir dans ce petit livre un fragment historique : il reste isolé dans l'œuvre de Herrera; et d'autre part si l'on se reporte au récit du désastre de Gelves, qui est d'une vingtaine d’années antérieur, on y constate, comme je l'ai déjà dit, une véritable simplicité dans le style ?.

Je crois donc qu'il faut prendre le récit de l'expédition de Gelves pour terme de comparaison et que, dans son Histoire, en racontant la bataille de Lépante, Herrera avait d’abord fait mention des sources dont il s'était servi etqu'il n’a pas citées dans sa Relation; ensuite qu'il avait condensé son récit, qui ne pouvait tenir qu'une place restreinte dans une histoire générale, et supprimé par exemple l'énumération d'un grand nombre de personnages qui prirent part au combat et qui n’offraient aucun imtérêt:pour la postérité. A cela se seraient bornées les modifications apportées au premier récit : on voit qu'elles n'auraient eu

1. « En ella repetia segunda vez la batalla naval, i preguntado porque ? respondio que la impressa era una relacion simple, i que esta otra era istoria, dando a entender que tenia las partes ï calidades convenientes. » (Pacheco. Libro de Retratos. Éloge de Herrera.)

2. Ce récit de la défaite de Gelves se trouve à la page 5gr du Commentaire ; il est assez naturel de lui attribuer une date assez voisine de celle de la publication (1580), car certains indices, que j'ai signalés plus haut, semblent indiquer que cet ouvrage fut composé lentement et que la place des annotations répond à l’ordre chronologique dans lequel elles furent écrites.

pour objet que de donner plus de gravité et plus d’autorité à la narration.

Je terminerai ce chapitre en signalant le succès qu'eut la Relation de Herrera et qui semble prouvé par les emprunts qu'y fit un poète du nom de Pedro Manrique qui célébra la bataille de Lépante en un poème de vingt et un chants‘ achevé, sans doute, peu de temps après la mort du vainqueur don Juan d'Autriche, par conséquent à la fin du xvr siècle”. C’est ainsi que dans l'énumération des guerriers qui y prirent part, Herrera citait comme mort : en combattant le comte de Briatico, € chevalier napolitain dont la voix était d’une harmonie et d'un charme merveilleux * ». Ce passage inspire à Pedro Manrique une strophe entière de son vingtième chant”, où il montre assurément plus d'enthousiasme que de goût.

1. La naual de Pdro Manrique. Manuscrit 3942 de la Bibliothèque Nationale de Madrid.

2. C’est ce qui résulte de la dernière octave du poème : « Hecho divino, no con premio humano — se paga, sino solo con diuino, — Ÿ assi el alto Monarca de su mano — quiso dar a don Juan un premio dino, no le dio Reino inquieto, o cetro vano — porque’ra desta glonia pago indino. — mas la corona temporal qu’el suelo — le neg6, se la dio immortal el cielo. » — L'auteur. devait être grand admirateur de Herr dont il adopte, comme. on Lee même le système d’élision.

Fi ué tambien muerto ... el conde de Briätico, caballero napolitano, de SMS voz con maravillosa y regalada armonia... » (Relaciôn, ch. xxvrr,

p. 372 de l'édition de 1852.)

h. « Y aquel conde de briatico do Orpheo — infundio su dulcissima

| armonia, — cuya voz como cisne, a lo que creo — solto para morir con alegria — por cuerdas, armas suenan, donde veo — ser trastes las heridas que sufria — y alli una disonancia tal se firma — que priua al cuerpo de su an—

tigua fama. » (La naual de Pdro Manrique, chant 20.)

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