‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 128 sur 147 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Préceptes de Herrera sur le style. — Archaïsme et Néologisme. — Idées de Herrera sur la métrique.

Les préceptes généraux donnés par Herrera sur l’emploi des différents genres sont complétés par d'autres préceptes plus spéciaux sur le style. Il semble d’ailleurs que, sur le sens des mots qu'il emploie pour caractériser le style, Herrera ne soit pas toujours bien exactement fixé ; les nuances distinguées par les anciens rhéteurs, en particulier par Quintilien, que Herrera ne perd jamais de vue, sont en effet rendues par des mots latins que les équivalents espagnols traduisaient facilement, sans que leur sens précis apparût avec toute la clarté désirable chez un écrivain dogmatique.

Herrera distingue trois sortes de style : simple (humilde ou énfimo), tempéré (mediano ou mediocre), sublime (allo ou sublime)". Ces trois styles ont des qualités communes qui se manifestent sous une forme différente dans chacun d'eux. C’est ainsi que la grâce (venustidad) se trouve aussi bien dans le style simple, où elle se montre en quelque sorte avec modestie et timidité, que dans le style tempéré, où elle apparaît sous des vêtements plus recherchés, et dans le style sublime, où ses attraits se parent

1. L'énumération de ces trois espèces de style est faite incidemment p. 138 du Commentaire.

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des plus savants artifices : innée, dans le premier de ces genres, elle est naturelle dans le second et voulue dans le troisième ‘.

La première qualité du style doit être la clarté (claridad) «et en effet, sans la clarté, la poésie ne peut montrer toute sa grandeur ; car à où il n'y a pas de clarté il n'y a ni lumière ni intelligence ; ... un poème qui serait sublime s'il était clair, devient rebutant et pénible sil manque de clarté? ». Mais il faut s'entendre sur le sens de ce mot : la clarté réside en effet dans les mots ou dans les idées ; c’est celle qui réside dans les mots, que Herrera nomme claridad, et qui consiste dans la « façon heureuse dont sont disposés les mots pour faire entendre l'idée qu'ils expriment * ». Les mots ne sont en effet que les images de la pensée et la clarté qui en résulte doit être « vive, aisée, douce et parfaite * ».

A la clarté s'oppose naturellement l'obscurité (oscuridad) qui résulte d’une construction « pénible", contrariée,

1. « aquella gracia 1 hermosura de elocuc16 1 forma, que los Latinos nombra venustas, la cual es comun a todos los estilos ; en la narraco umilde es Îlana 1 recogida 1 estrecha ; 1 en la figura 1 modo mediano mas adereçada 1 vestida; 1 en el alto mu trabajada. » « porque es casi nacida en el estilo infimo, templada con no mucha arte ; 1 nativa en la forma mediocre ; 1 artificiosa en la sublime. » (Commentaire, p. 138.)

2. «sin la cual... no puede la poesia mostrar su grandeza ; porque donde no & clandad, no ä& luz n1 entendimiento ; 1 donde faltan estas dos virtudes, no se puede conocer m entender cosa alguna. 1 aquel poema que stendo claro tendnia grandeza, careciendo de clandad es aspero 1 difial. » (Commentaire, P218:)

3. «110 mesmo la claridad dellas [les paroles], qua està puesta en lo costrucon. La cual no es otra cosa, que una acomodada 1 simple 1mitacion de palabras dichas con orden para entendimiento del sentido encerrado en ellas » (Commentaire, p. 126.)

h. « las palabras son 1magenes de los pensamientos. deve ser la claridad que nace dellas luzente, suelta, hbre, blanda 1 entera ; no oscura, no intnncada, no forçada, no aspera 1 despedaçada. » (Commentairé, p. 127.)

dure et fragmentée ». Pourquoi faut-il que cette recommandation d’être clair soit contredite par un autre préceple ? Herrera prétend malheureusement en effet que, Si l’on doit fuir l'obscurité dans les mots, on ne saurait s’empêcher de l’admirer lorsqu'elle résulte des « idées mêmes et de l’érudition' » de l’auteur. Il est vrai qu'il ne faudrait pas prendre trop au pied de la lettre ce que Herrera entend par obscurité ; il veut parler de la difficulté que le lecteur éprouve à comprendre, non parce que la pensée est trop contournée, mais parce que son instruction ne lui permet pas de suivre facilement le raisonnement du poète, soit que cette incapacité résulte d’un manque d'exercice intellectuel, soit qu’elle provienne de l’ignorance matérielle d’un fait historique, d’un nom géographique par exemple. Théorie d'ailleurs bien imprudente, qui conduit tout droit à l’alexandrinisme et qui, pour faire du poète un savant, l’éloigne du contact vivifiant de la foule.

A cette obscurité des pensées, Herrera oppose la clarté qu'il dénomme perspicuidad et qui réside dans la facihité avec laquelle le poète se fait comprendre *.

La clarté résulte de la pureté (puridad ou pureza) et de l'élégance (elegancia). Dans sa définition de la pureté Herrera suit presque mot pour mot Scaliger : la pureté se distingue de la propriété (propriedad) qui en est la cause et qui doit se trouver partout, tandis que la pureté ne doit pas être continue. Elle consiste dans l'absence totale d’or-

1. « mas la oscundad, que procede de las cosas 1 de la dotnna es alabada 1 temida entre los que saben en mucho. pero no deve oscurecerse mas con las palabras ; por que basta la dificultad de las cosas. causase la clareza de la puridad 1 elegancia. » (Commentaire, p. 127.)

2. «esta perspicuidad es fac1hdad de la oracion para entendimiento de las cosas que se tratan en ella. » (Commentaire, p. 138.)

rh

nement et convient surtout au style tempéré. Elle se distingue encore de la simplicité (simplicidad) qui met tout uniment les choses sous les yeux-:sans les expliquer ni donner de détails, tandis que le style pur donnera les causes et les détails, mais sans ornements. fi

L’élégance (elegancia) consiste dans la grandeur et la magnificence de l'expression ; Celle est semblable au s0leil qui dissipe les ténèbres. Les paroles dont elle use sont claires, simples, naturelles (c’est-à-dire portant leur signification en elles-mêmes et pour ainsi dire congénitales aux choses elles-mêmes) et telles qu'il n'y ait rien de dur en elles”. »

La grâce (venustidad), comme nous l'avons vu, est la seconde qualité du style et doit se retrouver dans les trois

1. € La oracion pura es diversa de la propria ; que la propriedad es por causa de la pureza, 1 deve estar siempre la propriedad en toda parte, pero no à de aver siempre, n1 conviene, en toda parte la puridad. la cual es (Ilamando la desta manera por la necessidad de la lengua en cosas semeJantes) desnudeza, cuando no se mescla ornamento, m adereço alguno. es mu comun a la forma 1 esulo delgado, pero no perpetua. porque algunas vezes parece trabajada 1 compuesta. mas difiere de la smphodad, que es propria del esülo mfimo. porque la oracion simple es aquella, que pone delante los oJos lo que trata sin causa, sin circunstancias ; pero la pura pondra estas, mas sin . ornamento. » (Commentaire, p. 119-120.). Scaliger avait dit : « Diuersa est ! puritas a proprietate. Proprietas enim illius causa. ac proprietas vhique esse debet ; Puritas non vhique. Est n. Puritas nuditas, cùm nihil ornamenti admiscetur. Frequens tenui Characteri, non perpetua tämen. elaboratus. n. aliquando est. Differt autem a simplicitate quæ propria est infimi. propterea quèd simplex oratio est, quæ rem ponit sine causa, sine circumstantiis ; pura autem etiam hæc ponet, sine ornamentis tamen. » (Poétique IV, ch. xutt, p. 466, édit. de 1582.)

2. « la eleganca es modo, que trae claridad a todos los modos de la oracon ; la puridad de si mesma es clara 1 abierta ; mas la elegancia està en la grandeza 1 mamficenca del dezr, 1 es como el sol que deshaze la oscuridad. las palabras, que usa, son claras, Ilanas, nativas (ämo natvas, las que se simfican con el sentido. 1 son casi nacidas con las mesmas cosas) 1 tales que mnguna dureza se hälla en ellas, 1 finalmente las mesmas que usa la pureza. » (Commentaire, p. 127.)

genres, Herrera n’en donne pas une définition satisfaisante ; 1l l'appelle « la grâce et la beauté de l'élocution et de la forme? » et croit qu'elle résulte de la beauté de la composition ?.

Elle est distincte du charme (suavidad); sorte de grâce plus délicate qui attire et séduit l'auditeur, et le force à lire ou à écouter, même contre son gré*. Le charme embellit la grâce elle-même. Le charme est dû en grande partie à des causes toutes matérielles telles que l'absence de consonnes trop nombreuses, et la prédominance des voyelles, dont le son est plus doux que celui des consonnes, ou l’allitération :.

Une autre qualité du style chère à Herrera, c'est la gravité (gravedad) qu'il caractérise d’une manière bien obscure et bien insuffisante. 11 définit avec Scaliger le style grave celui qui se sert de mots graves: et «le mot grave, celui qui ne s'écarte pas de l'usage commun». Cette défi-

1. @ Gracra 1 hermosura de la elocucio 1 forma. « (Commentaire, p: 138.)

2. « la venustidad es hermosura de la composicio mesma. » (Commentaire, P. 139.)

3. » la suavidad, à acrecienta ornato a la gracia 1 hérmosura. pord la oracion suaye es la 4 atrae 1 halaga al oyente a leer, o a or aun ‘contra su voluntad... es.. la suavidad especie dehcada de la venustitad. » (Commentaire,

p. 138-130.) 4. « la suavidad dela oracio es donde no & muchas cosonantes 1.5e evita los elementos asperos. » (Commentaire, p. 194.) — « las vocales suenan mas

dulcemente que las consonantes ; 1 assi hazen mas blanda la oracion 1 con mas lenidad 1 no con täto rwido 1 estruendo. » ({bid:, p. 371.) « suave es 1 agradable el verso, que tiene anominac1o en las silabas, que es lo que dizen otros aliteracion, como este, 1 en el 4. de la Eneida — nec me meminisse pigebit Ehsæ. » (lbid., p. 165.) — Il qualifie aussi de « suavissimos » les vers « Te dulcis conjux, te solo in littore secum — te veniente die te decedente canebat » à cause des allitérations qu’on y trouve et parce qu'ils contiennent un nombre presque égal de voyelles et de consonnes. (Jbid., p- 301.)

5. « la gravedad fuera de las sentencias està en las diciones, cuando las palabras 1 la composicron 1 testura dellas son graves. digo graves aquellas pa-

nition manque évidemment de clarté ; mais on la comprend mieux en se reportant à un autre passage dans lequel il justifie l'emploi que Garcilasso a fait du mot ondas au leu de aguas parce que le premier € est plus sonore, plus plein et plus grave ». Et après avoir cité des mots graves comme procela, ruina, pesadumbre qu'il oppose aux mots viento, caida et grandeza il ajoute que «la gravité évoque uneidée.de poids, la sublimilé une idée de dignité, qu'ainsi le mot grave implique plus de vigueur et le mot sublime plus de magnificence et d’éclat'. » La majesté du vers résultera de l’emploi du style grave qui est également éloigné de la vulgarité et de l’enflure.

La gravilé du vers peut être obtenue par l'emploi de consonnes nombreuses ? ; elle peut aussi être produite par la répétition des voyelles a et o qui ont un son plein”, ou

labras, que no se apartan del uso comun, 1 la estrutura, que es de aquella suerte, la magestad se alcança en el verso, de mas de la que trac consigo la sentencia, con un somido no corriente 1 Soie, si no constante à s1 meésmo.

pero conviene que se desvie del somdo “par 1 que no se levänte hinchadamente. tales son cas todos los versos de Virgiho. — Quus talia fando, — Postquam res Asiæ — que suenan con gravedad no hinchada ; porque tambien & versos sonorosos sin magestad. » (Commentaire, p. 315-316.) — Scaliger avait dit : « Gravitas præter sententias est in dictione, cum verba, verborumque structura grauis est. Grauia verba voco ea quae non vulgart excidunt consuetudine : ‘atque ad eum modum, structuram. » (Poétique, livre IV, ch. xviu, p. 483 de l’édit. de 1582.)

I. ( escogio ondas por aguas, porque es dicion mas sonora 1 Ilena 1 mas grave ass Petrarca — e’ ntra’l Rodano, en’1 Reno, et l’onde false ; — pudendo dezr âcque false. mas grave es procela que viento, runa cada, pesadumbre 4 grandeza, 1 onda 4 agua. gravedad es de peso ; subhmmdad de dimidad ; 1 assi la voz grave simfica mas vehemeca, 1 la sublime mas manificecra, 1 resplandor 1 añade magestad a la dicion grave. » (Commentaire, p.241.)

2. «el verso que hene muchas consonantes es grave, tardo, 1 Ileno. » (Commentaire, p. 88.)

3. «este verso por las vocales primera 1 cuarta, que tiene tan repetdas, es mui grave. porque son grades 1 Ilenas 1 sonoras ; 1 por esso hazen la voz numerosa con gravedad. » (Commentâire, p. 78.)

par la synérèse' qui ne doit pas être toutefois trop fréquente.

Mais il faut craindre de ne s'attacher qu’à l’un ou l’autre de ces styles charmant ou grave; car d’une part l’hiatus même donne à la phrase de l'énergie, et d'autre part le style charmant, quelque séduisant qu'il soit, rend à la longue les écrivains énervés et sans force; en fuyant la rudesse 1ls tombent dans la mollesse et finissent par ennuyer *.

Enfin le style doit être nombreux (numeroso); mais Herrera s’est abstenu de dire ce qu'il faut entendre exactement par là : il semble bien que par ce mot de nombre il veuille désigner une harmonie pleine et généralement grave de la phrase et du vers ; d’ailleurs c’est une définiton bien délicate à formuler.

Ilrecommande enfin l’honnételé du style (onestitad) qui consiste, non seulement dans la modestie de l'expression des choses même déshonnêtes, mais dans le choix même des mots, qui ne doivent, n1 par leur signification, ni par leur son, éveiller d'idées basseschez l'auditeur; &caril y a, dit-il, des mots qui expriment des idées honnêtes et qui évoquent par leur prononciation des idées obscènes ”. »

I. & no se mega... que se haga mas ampla la oraci6 con los concursos dellas [les voyelles] porque nmguno & que no entenda que del frequente à espesso encuentro de las vocales se compone una oracion grande 1 Ilena demasiadamente 1 viciosa. » (Commentaire, p. 371.)

2. « la oracion suave aunque delerta mucho, 1 merece grande alabança ; haze a los que la siguen sin derecha consideracion 1 claridad de Juizio, quebrantados 1 sin fuerça. porque huyendo el concurso aspero 1 orrido de las diciones, 1 el encuentro de las vocales, que los Latinos Ilaman Mmulco ; vienen a caer en otro estremo 1gualmente vituperable hazendose desmayados. 1 la oracion parece que no tiene mervos 1 espinitu, que no solo no regala, n1 da”contento, pero engendra fashidio. » (Commentaire, p. 159.)

3. « Cüsste la onestidad de los vocablos o en el somdo, o en la voz dellos,

Less

Ces préceptes nous montrent clairement quel était l'idéal de Herrera : 1l les a mis en œuvre autant qu'il lui fut possible, sans toujours réussir à les appliquer ; mais ils expliquent d’une manière satisfaisante certains de ses défauts.

Ainsi on peut lui reprocher d’être souvent obscur ; mais cette obscurité ne résulte presque’ jamais des mots qu'il a employés ; conformément à sa théorie sur la clarté il s’est efforcé de n’user que de termes compris de tout le monde ; mais, conformément aussi aux principes que je viens d'exposer, 1l a cherché à se montrer € savant »,1l s’est, de propos délibéré, refusé à écrire pour la foule: son auditoire doit être mstruit, rompu à toutes les finesses de la dialectique amoureuse, pénétré de la lecture des poètes antiques. Pour ceux-là, 1l le suppose, ses poésies ne laisseront pas d'offrir un sens clair, tout au moins au bout de quelques instants de réflexion. Quant à cette gravité qu'il affectionnait ; 1l suffit d'ouvrir ses œuvres pour en trouver des exemples nombreux. Citerai-je quelques passages qui par la simplicité des mots, la clarté-de la pensée et la ma- Jesté de la phrase me semblent bien répondre à l'idéal que Herrera s'était proposé ? Prenons le début du sonnet

24 de 1582.

Oye tu solo, eterno 1 sacro rio, el grave 1 mustho son de mi lamento ; 1 mesclado en tu grande crecimiento Ieva al padre Nereo el Ilanto mo.

Cette invocation au Bétis tire toute sa majesté de la longueur de la phrase, de l’enchaînement des quatre vers du

o en su simfcado ; que nombres &1, que dizen cosa onesta, 1 se siente resonar desonesthidad en la mesma voz. » (Commentaire, p. 603.) ,

20399 + quatrain, de la monotonie voulue de certaines finales et de la quantité des consonnes qui donnent aux mots la gravité ; si l’on examine le vocabulaire, on constate qu'il se compose de mots d'un usage courant, sauf peut-être le mot mustio, d'ailleurs parfaitement espagnol; seuls les mots « padre Nereo » peuvent arrêter un lecteur bien peu. instruit, sans que toutefois l'obscurité qu'ils auraient pour lui aille jusqu’à l'empêcher de saisir la pensée générale. Ainsi Herrera trouve le moyen d'employer des mots intelligibles pour tout le monde et de laisser paraître cependant son érudition. Tout le reste de ce sonnet manifeste d’ailleurs les mêmes qualités de style.

On peut faire les mêmes observations sur cette belle strophe de la Canciôn 5 de 1582 où le poète s'adresse à saint Ferdinand

De ti temblaron todas las riberas, todas las ondas, cuantas juntamente las colunas del grande Bniäreo nmuran ; 1 al tremolar de tus vanderas torcio el Nilo medroso la corriente, 1 el monte Labo, a quien mostro Perseo el rostro Meduseo, las cimas altas umullô rendido etc... (V. 14-19.

La seule obscurité qu'on y trouve provient d’allusions mythologiques, dont la plupart n'offraient aucune dificulté pour la moyenne des gens instruits du temps de Herrera, et qui, en tout cas, n'empêchaient pas de saisir la pensée elle-même. Je rappelle que Lope de Vega trouvait incomparable et mettait au-dessus des plus belles strophes grecques et latines les vers suivants de la même

Canciôn :

Cubnio el sagrado Betis de florida purpura 1 blandas esmeraldas Ilena 1 üernas perlas la ribera ondosa, 1 al celo alçd la barba revestida de verde musgo ; 1 removio en l’arena el movible cristal de la sombrosa gruta, 1 la faz onrosa, de juncos, cañas 1 coral ornada, tendio los cuernos umidos, creciendo Pabundosa cornente dilatada,

su imperio en el Océano estendiendo ».

(V. 4o-5o. Cancién v.)

Son désir d'atteindre à la clarté se mamifeste d’ailleurs par la suppression de l’inversion ; Lope de Vega le félicitait’ de n’avoir pas cédé à cette tendance fâcheuse qui obscurcissait la langue, et citait de lui seulement cette hyperbate qui d'ailleurs se justifiait par le sens.

I le digo, Señora dulce ma.

(Elégie 1v de 1582, v. 238.)

Mais il arrive malgré tout que sa pensée même est obscure et demande une attention soutenue pour être comprise ; c'est ainsi qu'il n’a pas jugé lui-même inutile de commenter ses stances sur la mémoire : « Cuando en vos ptenso; en alla fantasia », afin de les rendre intelligibles*.

On trouve plus difficitement des traces de charme dans les vers de Herrera; j'en ai cependant donné plusieurs exemples dans les citations que j'ai faites à propos de son amour pour doña Leonor ; j'emprunterai seulement à la Cancién 4 de 1582, qu'il avait adressée à la comtesse

r. Respuesla & un papel, etc. Biblioteca de Autores Españoles, t. XXXVIHI, P. 130.

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