Commentaire, p
3. « esta dicion ya es desusada de los buenos escritores, 1 justamente ; porque m la formacion della es buena, m el somido agradable, m el simficado tan eficaz, que no se hallen vozes, que representen su senhdo. » (Commenlaire, p. 120.)
4. « dicion antigua 1 rustica 1 no convimente para escritor culto 1 ie gante. » (Commentaire, p. 267.)
5. « Sage, aunque bastara dezir que safire [pour sagire] como interpreta M. Tulo, es sentir agudamente, y de alli se Ilaman sagas las biejas por que quieren saber mucho, y los perros, dichos sagazes por la agudeza y conocimiento del sentido. Tan bien es voz usada de muchos, y principalmente de Juan de Mena, algun tanto mejor poeta que bos critico... y acä se suele dezir de quien es diligente, y recatado en lo que trata, qu’es vn sage... » (Réponse de Herrera, XII, p. 112.) — Le passage de Cicéron cst le suivant :
« Sagire enim sentire acute est: ex quo sagæ anus, quia multa scire volunt,
et sagaces dicti canes. » (De Divinatione, I, 31.) 6. « Aime es bocablo antiguo, y no como piensan algunos solamente toscano, sino tambien español, porque los ytalianos dizen en berso, oimé y no
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qu'il estime préférable à l'interjection ay de mi! et qu'il prétend être d’origine espagnole et non italienne, les Itahens disant oëmè.
Si les archaïsmes ne suffisent pas à l'expression nn idées il faut recourir sans hésiter au néologisme : toutes les langues en font autant. Mais comment former ces néologismes ? Plusieurs moyens s’offrént à l'écrivain pour cela : d’abord il peut former des dérivés lorsqu'il n'en existe pas, à condition de se soumettre aux lois suivies par la langue elle-même. Herrera ne s’est pas privé d'en créer lui-même un grand nombre que Prete Jacopin relève avec humeur ; par exemple liqueze est justifié par l’existence de liquido et de licor ; languideza par l'emploi de lénguido ; venusto est d’un usage fréquent on pourra donc créer sur le modèle latin venustitad : lasso autorisera la formation de lassamiento.
On peut encore recourir au latin et aux langues étrangères” et naturaliser un mot en lui donnant une terminaison espagnole. Ainsi à côté de ignorancia destiné à marquer l'ignorance absolue, Herrera formait le mot ignoracién, pour désigner, au dire de Robles, l'ignorance d’un fait déterminé *. De même abundante et demasiado n'ont pas un
aime, bien que Dante lo escriuié vna bez. » (Réponse de Herrera, XII, P: 112).
1. « Länquido no es mui desvsado en nuestra buena lengua, bien pues se puede vsar lanquideza, que pues no desecha el nombre de la primera ynposizion, 6 conforme 4 vuestra Gramätica, el primitivo, no ai por que revsar el della » (Réponse. de H.;: XI, p.. NE )
2. Parmi les néologismes les Ne audacieux de Herrera on peut citer les mots « El Señor visito sobre sus males » (Canciôn I, v. 34), traduction malheureuse d’un passage d’Isaïe (XIII, 11) : « Vito super orbis mala et contra impios iniquitaler eorum. » Cette traduction constitue un non-sens-pt prouve clairement que Herrera ne s’est reporté, pour comprendre ce texte, ni aux Septante n1 au texte hébreu.
3. « y Fernando de Herrera, en las Anotaciones usa del vocablo ignorancia
sens exactement identique à celui du néologisme luxurianle que justifie l'emploi des mots queriente, floreciente, radiante, placiente. I sera même quelquefois permis d’aller plus loin, et Herrera dira el caräcter de decir parce que les mots Jigura, señal ou nota sont trop vagues pour remplacer le mot cardcter. Il créera le mot foroso pris de toutes pièces au latin et qu'il emploie avec le sens de robuste, plein de forces et nerveux.:L'introduction d’ad- Jectüfs terminés en oso, et formés en général directement d’un mot latin correspondant, est un des procédés favoris de Herrera pour enrichir son vocabulaire ; on en trouve une quantité dans ses œuvres, par exemple belicoso (à côté du néologisme beligero), corajoso, dudoso, luminoso, etc." Mais l'introduction des mots étrangers ne se borne pas, dans son idée, à des emprunts faits au latin et justifiés par l’étroite parenté des deux langues : 1l admet également les néologismes tirés de toutautre idiome. «Quoi! dit-il, nous craindrions de faire usage dans notre langue de mots étrangers et nouveaux lorsqu'ils ont l'honnêteté, la propriété, l'expression, la convenance, la magnificence, le nombre et l'harmonie, et que sans eux nous ne pouvons exprimer notre pensée en un seul mot? Loin de nous celte crainte naïve ; suivons l’exemple de ces Anciens, qui ont enrichi la langue romaine avec les mots grecs et étrangers et même les mots barbares *. »
por la total que hace 4 uno ignorante de ciencias i cosas, pero por la especial por no tener noticia deste o de aquel hecho pone ignoratio. Y asi, ser ignorante es afrentoso ; estar ignorante de algo, no. » (Juan de Robles. El Culto Sevillano. Séville, 1883, p. 129.)
1. Les critiques de Prete Jacopin touchant l’archaïsme et le néologisme sont formulées dans les Observations IV, V, XI, XII. Herrera riposte dans les paragraphes correspondants.
2. «1 temeremos nosotros traer al uso à mimsteno della otras vozes estraîas à nuevas, siendo hmpias, proprias, simficantes, convinientes, mamificas,
Il louera donc à ce propos Virgile d'avoir employé le mot magalia pris à la langue carthaginoise, le mot gaza emprunté au Persan, et le mot uri tiré du Gaulois, et d’avoir ainsi introduit une agréable variété dans ses vers ‘. C'est à vrai dire une facilité dont Herrera n'a guère profité; il n'aurait en tout cas pu faire d'emprunts qu'à l'italien qu'il connaissait parfaitement.
Mais s’il est ainsi permis de créer des mots nouveaux, soit par nécessité, soit pour orner la langue, il ne s'en suit pas que tout le monde jouisse de cette faculté; pour être autorisé à en faire usage, il faut & avoir, à force de travail et d'art, acquis un goût assez sûr pour discerner si le mot est convenable et harmonieux, où au contraire étrange et dur. » Ce n’est que dans ces conditions qu'il est légitime de créer des mots nouveaux.
ILest clair que Herrera se range au nombre de ceux que leur science et leur goût autorisent à former des néologismes, et il en crée; nous avons déjà vu un certain nombre de ceux qu'il avait formés ; mais en voici un plus curieux : le mot ruiseñor ne lui semble pas bien composé, ni en rapport avec le mot latin lusciniola et le mot ita-
numerosas 1 de buen sonmido, 1 que sin ellas no se declara el pensamento con una sola palabra ? apartese este rustico medo de nuestro animo ; sigamos el exemplo de aquellos antiguos varones, que enriqueceron el sermon Romano con las vozes Griegas 1 peregrinas, 1 con las barbaras mesmas. » (Commentaire, p. 573.)
1. & finalmente es mui importante la varicdad de las lenguas en la variacon de las palabras, 1 con ella se esornan 1 adereçan los poemas, 1 se delerian los que leen. por esta razon dixo Virgiho en Afnca Magala, à en la navegaci10 Troyana Gaza, que son vocablos Punico 1 Persa, 1 en otra parte usù de la voz Gähca diaëdo Sulvestres uri. » (Commentaire, p- 384.)
2. « Quen uviere alcançado con estudio 1 arte tanto Jwzio, que pueda dicermr si la voz es propria 1 dulce al somdo, o estraña 1 aspera ; puede, 1 üene hcencia para componer vocablos, 1 enriquecer la lengua. » (Commen-
taire, p. 554.)
lien ruscignuolo. Il propose donc hardiment le mot nouveau russeñol qui lui semble plus harmonieux et plus logique. Mais en quoi est-il plus logique? En ce qu'il “existe déjà en catalan le mot rossinyol qui porte plus nettement la marque étymologique, dit Herrera : d’ailleurs il n'entend pas proscrire le mot ruiseñor, en sorte que la langue possèdera deux mots pour exprimer la même idée, et en sera plus riche : naïve et vieille erreur qui met la richesse d'une langue dans l'abondance des synonymes‘. Mais comment, dans ces conditions, limiter là fantaisie d'écrivains maladroits et audacieux qui se trouveront justüifiés de leurs hardiesses par de pareils exemples? Car enfin, pourquoi, comme le dit ingénieusement Prete Jacopin, sous prétexte de rendre la langue plus rationnelle, n'écrirait-on pas {ürlura au lieu de {értola, mensa au lieu de mesa* Et lorsqu'on se mêle de proscrire un mot, n’est- . il pas naturel que d’autres vous répondent : « S'il vous paraît mal formé, à moi et à bien d'autres il semble harmonieux ; s'il vous déplaît, il plaît à d’autres ; sa signification est fort exacte, et dans ces conditions il est inutile d'aller chercher d’autres mots et d'abandonner celui-là quand il ferait l'affaire, à moins de vouloir ériger les décisions de votre oreille et de votre goût en lois pour les autres hommes *. »
1. « yo escrivo russenôl, 1 no ruiseñor, por no ser esta voz bien compuesta, n1 deduzida como la primera de luscumola 1 ruscignuolo, diciones Latina 1 Toscana. » (Commentaire, p. 439.) — « No es bien que no culpando F. de H., 4 quien dize Ruiseñor, aunque voz Lemosina Rosiniol, y por la nuestra no se sabia facilmente que significa, y de donde es deducida, lo acuseis de lo que no dijo. » (Réponse de H., XI, p. 110:)