Cf. Prete Jacopin, XI, p
3. «si a vos suena mal, 4 mi y a otros ciento suena bien ; si no os agrada, 4 otros dä gusto ; y su significado es propissimo, y siendolo no ay para que buscar otras vozes, y dexar esta quando viniera 4 cuento, si ya no que-
Quoi qu'il en soit, Herrera se montra plus hardi qu'on ne serait porté à le penser, aujourd'hui qu'un certain nombre des mots qu'il avait créés sont entrés dans la langue. Il avait par exemple reproché vivement à l'Arioste’ d'avoir introduit les mots latins Agnus Dei dans un vers
italien et d'avoir éerit : ) Al re fece giurar su l’agnus Dei”.
Et l’on ne peut s'empêcher de le trouver bien sévère alors que Covarrubias a inséré ce mot dans son Tesoro : il est vrai que Herrera semble en admettre l'usage en prose; mais il en interdit l'emploi dans les vers, de même qu'il reproche à l'Arioste d'avoir fait dire à Roland «Solvite me* ». Cependant il s'est lui-même servi du mot Salve dans sa Canciôn à saint Ferdinand: il est vrai que l'usage lui a donné justement raison puisqu'il n'existait pas d'autre mot capable de traduire cette interjection en espagnol. Mais trente-deux ans après sa mort, des lettrés comme Quevedo étaient encore choqués de lire dans ses poésies les mots « ovosa, pensosa, poeron. crispar de ojos, relazar, sañosa, ensandece, ufania, pavor, adola {?], espirtu (syncope dont l'unique raison est que espiritu ne lient pas dans le vers); ainsi que de et vo pour adonde et voy... ; porfioso desvario... trayo, euitoso, lasa voz, dudanza, giro del fuego, puro lampo. De ces
rois hazer vuestro oydo y gusto regla de los demas. » (Prete Jacopin, LV, p. 6-7.) — Il s’agit du mot tamaño.
1. Cf. Commentaire, p. 172. Réponse de Herrera, VI, p. 95-oû.
2. & es vic10 mu culpable entremeter versos de otra lengur ; aunque Petrarer en el fin de una estancra de cancron puso este princrpro de la de Arnaldo Damel : — Droit et raison — à tambre Inarerd en Ia lengua Latina 60 no muecha alsbäça suya Mareral 1 Ausomo. Pero esinsufnbleen el Anosto, cuando dixe Orlando como Sileno, — solniieme. — 1 el Este de donde deduno el apelhide de
mots, les uns, disait Quevedo, sont tout latins... les autres sont d’une forme dure et nullement nécessaires, puisqu'ils remplacent des termes convenables et élé- | gants”. » [l'est vrai qu'en même temps Quevedo reconnaissait que ces mots ne se trouvaient que dans l'édition de Pacheco, et non dans celle des Algunas Obras, ce qui semblerait indiquer que le poète tempéra ses hardiesses en revoyant ses vers.
Il nous resterait à parler des idées de Herrera sur la métrique; mais, chose curieuse, ce grammairien méticuleux n’a pas laissé dans son Commentaire les données suffisantes pour qu'on puisse découvrir quelle était sa doctrine par exemple sur la répartition des accents et sur la place des césures. Girolamo Ruscelli, pour qui d'ailleurs Herrera semble avoir ressenti une hostilité et un mépris singuliers”, lui avait pourtant indiqué les données du problème. II reconnaissait quil existait dans l'hendécasyÿllabe « certains endroits où, en lisant, on prend un certain repos, ou une respiration, qui rend la prononciation plus légère et le rythme plus juste à l'oreille ». Ruscelli eroyait qu'il y avait, dans chaque vers, de une à trois de ces poses, et qu'elles pouvaient se placer après l’une des sept premières
la casa de Este ; que fue inadvertencia grande en un poeta Eroico bien considerado 1 prudente. no satisfecho desto escnvio en otra parte. — 1l re fece gru rar su l’agnus De... » et il qualifie cet emploi de wituperable. (Commentaire, p. 172-173.)
1. Préface de Quevedo aux OEuvres du bachelier Francisco de la Torre. (Biblioteca de autores Españoles. OEuvres de Quevedo, tome If, p. 492.)
2. « donde Geronimo Ruceh, por que no le faltasse que hablar, juzgd que el Ariosto lo dixo molto leggradramete ; tato va de la buena censura 1 dek conocimeto de la irtud poetca al comun, que alaba lo vituperable. » (Gommentaire, p. 173.) «1 no 1mpide que diga Geronimo Ruceh que cuando se encuentran dos vocales, es, como el escrive, debihssimo x brutissimo el verso, porque el enseñà lo que sintio 1 no alcanzd mas. » (Commentaire, p. 139-
syllabes ‘. Herrera ne semble pas avoir connaissance de ces lois.
Il se rend bien compte que le nombre des syllabes ne suffit pas à constituer un vers. « IL est bien évident, dit-il, que nos vers nesont pas dépourvus de pieds, car on peut en composer qui aient bien leurs onze syllabes, sans qu'on y perçoive la moindre harmonie ou la moindre différence d'avec la prose”. » Mais ce n’est qu'à l'instinct, à la délicatesse de son oreille qu'il demande de le guider. Ainsi c’est l’instinct qui lui révèle que dans le vers d’Anguillara
Il pie veloce s’appiglia al terreno
les accents rythmiques ne sont pas régulièrement répartis; il déclare en effet que le vers serait plus harmonieux et le rythme plus parfait si l'accent tombait sur la huitième syllabe et si Anguillara avait écrit appiglid au lieu de appiglia*; s'il avait découvert là une loi métrique, il n'aurait certainement pas manqué de nous en faire part. Mais, comme il n’en à pas connaissance, il juge que le poète a
1. « nostri uersi per la natura hanno alcuni luoghi, oue leggendoli, à pronuntiandoli noi prendiamo un certo conueneuole riposo, à fiato, che uiene à far la pronuntia più leggiadra, et 1l numero del uerso più giusto all’ orecchie nostre. Questi luoghi di prender fiato o riposo nella pronuntia à nel leggersi sono ne 1 uersi ora nella prima sillaba, ora nella 2, ora nella 3 e ora nella 4 ora nella 5 e ora nella 6 ancor nella 7 per primo posamento, e ne ha ogni uerso, o una sola, à due, d tre, senza metterui in conto l’ultima posatura, cioè il fin del uerso. » — uen — Modo di DR in Versi nella lingua Italiana. — Venezia 1594 in-8°, ch. 1v, p. 31.) Je n’ai pas vu la re édition qui est de 1550.
. &hien se prueva que nuestros versos no estan faltos de pes, porque se hs componer muchos, que contengan onze silabas ; sin que en ellos se perciba algun somdo de versos o cualquera otra die de la prosa. » (Commentaire, p. 68.)
3. « aunque suena mejor appiguô, 1 el aceto muestra mas la eficaaa del
verso ; parece appigha, se va pegando con la mesma terra. » (Commentaire, p. 143.)
pu tout aussi légitimement écrire appiglia pour marquer plus fortement l’adhérence du pied sur le sol.
Quant aux césures, il ne semble pas avoir l'idée qu'elles sont soumises à des règles, bien qu'il en ait une notion confuse. Ainsi à propos du vers 3 du sonnet 25 de Garcilasso.
cortaste” 1 arbol con manos dañosas,
il explique qu'en le prononçant il faut s'arrêter sur le mot drbol, ce qui constitue précisément une des césures légitimes de l’hendécasyllabe : mais 1l se vante, immédiatement après, d’avoir, lui aussi, employé la même coupe en écrivant:
sean tristes, a quien bien pareciere,
qui n'est pas du même type que levers précédent puisque la césure tombe après une quatrième syllabe atone, ce qui est d’ailleurs admissible dans un hendécasyllabe portant l'accent tonique sur la sixième syllabe ; à moins qu'il ne mette la césure après le mot quien, ce qui serait détestable’.
Avec les préceptes sur le rejet, dont nous avons déjà parlé, et sur la diérèse, qu'il a si souvent employée de propos délibéré et dont nous nous occuperons encore en parlant de ses réformes orthographiques, c’est là tout ce que nous pouvons savoir des théories de Herrera sur la métrique.
1. « à de leerse haziendo el assiento en el arbol, 1 con gran comuseracion, 1 declara su tnisteza con el afeto de la pronuncracion ; 1 con desatar el numero del verso. ass1 dixe yo ; — sean tristes, etc. » (Commentaire, p. 191.)