Le mot largo n'y est d'ailleurs employé que dix fois
Édition de 1582 Édition de 1619
que de mu dolor grave el largo Ilanto que de mi grave afan el luengo Ilanto (Sonnet 14 — y. 3.)
. cuanto es largo el dia .. cuanto es luengo el dia ; (Elégie 4 — v. 163.) cuanto es larga la noche cuanto es luenga la noche (Elégie 4 —- v. 165.) con largo sulco hecho con luengo sulco hecho etc.
(Canciôn $ — v. 113.)
La disparition de tous ces mots dans le texte de 1582 pourrait donc s'expliquer par des corrections qu'aurait faites Herrera pour répondre à des critiques qu'il sentait justifiées, si l’on admet, bien entendu, que l'éditon de 1619 donne la forme la plus ancienne du texte du poèle. Dans ce cas l'insertion du sonnet 59 de l'édition de 1582, si élogieux pour Barahona, serait un gage de réconciliation donné par Herrera au malicieux médecin.
Mais en admettant même que les critiques de Barahona fussent dirigées contre Herrera, il me semble encore plus incertain que la riposte de ce dernier puisse s'adresser à Barahona. Est-ce en effet sur ce ton douloureux qu'un homme fait, comme l'était notre poète, aurait parlé à un jeune homme de quatorze ans plus jeune que lui ? IL me paraît évident que l'ingrat ami à qui s'adresse Herrera est un ami de longue date, d’un rang égal, peut-être même supérieur au sien. Qui donc parmi ceux qui l’entouraient, aurait pu blesser l'irritable poète ? La pensée du chanoine Francisco Pacheco vient assez naturellement à l'esprit : ne seraient-ce pas les inoffensives plaisanteries de la Satire contre la mauvaise poésie qui, mal comprises du grave Herrera, dont l’esprit n'avait rien de plaisant, auraient amené un refroidissement momentané dans ses rapports