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dont Nicoläs Antonio nous dit qu'il pouvait réciter par cœur la Somme de saint Thomas ?
Nous ignorons également ce que fut ce JERONIMO DE Lomas Canroraz qui, en 1578, dédiait ses œuvres AD: Juan de Züñiga Bazän y Avellaneda, comte de Miranda. Mais il est clair qu'il fut en rapports assez fréquents, au moins par correspondance, avec Herrera. On trouve en effet dans ce livre un sonnet élogieux où Lomas Cantoral traite Herrera d’ « homme illustre » et lui demande de lui indiquer les règles de la composition des poésies érotiques ; Herrera lui répond qu'il suflit pour être poète de contempler sa Luz adorée, mais qu'il se garderait bien de la lui montrer car Lomas Cantoral en deviendrait amoureux ; et Cantoral réplique à son tour, assez plaisamment, que son cœur est si bien occupé ailleurs que la vue même de Luz ne saurait lui faire impression, et constate que Herrera n’a pas répondu à sa question *.
Grand admirateur de Garcilasso, ce qui devait le rendre sympathique à Herrera qui s'occupait alors de commenter le poète de Tolède, il avait été indigné d’un spirituel sonnet anonyme, dans lequel il avait cru voir une attaque contre son idole, et qui dut être composé peu de temps après l'apparition du Commentaire de Francisco Sänchez de las Brozas sur Garcilasso, en 1577: dans ce petit ouvrage Sänchez avait brièvement signalé les emprunts faits par Garcilasso aux écrivains latins et italiens. « On vient de
1. Las Obras | de Hieronimo | de Lomas Cantoral, en tres | libros diuiddas. | al Hlustrissi | mo señor Don Juan de çuñiga, Baçan : y Abellaneda, Conde de Miräda | Marques de la Bañeza, y señor | de las casas de Baçan y | Abellaneda. | &. c. | Con priuilegio. | En Madrid, | En casa de Pierres Cosin. | Año 1578. — in-8o.
2. J'ai réimprimé ces trois sonnets dans mon édition des « Algunas Obras de Fernando de Herrera ».
découvrir, disait le poète inconnu, un larcin fameux du
voleur Garcilasso, qu'on a pris avec trois ciels de lit de la reine Didon et quatre de ses oreillers ; le métier de Pénélope, la trame des Parques et l'are de Cupidon; deux barils de l’eau d’oubli, et un bracelet d’or de sa dame. On lui a prouvé qu'il avait pendant dix ans exercé le brigandage en Arcadie et qu'il avait saccagé des boutiques de poètes florentins. C’est pitié de voir l’infortuné, les pieds entravés dans un Commentaire, pester contre les rhéteurs médisants. »
Descubierto sea vn hurto de gran fama :
del ladron Garcilaso, que han cogido con tres Doseles de la Reyna Dido y con cuatro Almohadas de su cama.
El telar de Penelope, y la trama de las Parchas, y el Arco de Cupido, dos Barriles del agua del Oluido y vn Prendedero de Oro de su dama.
Probosele que auia salteado diez años en Arcadia, y dado vn tiento à tiendas de Poetas Florentines.
Es lastima de ver al desdichado con los pies en cadena de Comento renegar de Retoricos malsines.
Cantoral, ne voyant dans cette amusante boutade qu'une accusation de plagiat, voulut défendre Garcilasso et riposta par un sonnet violent où l'intention mérite, à coup sûr, plus d’éloges que l’exécution.
Sänchez de son côté prit mal la plaisanterie, et répondit par un sonnet construit sur les mêmes rimes, où 1l se
1. Ce sonnet se trouve à la page 218 du livre III des OŒuvres de Cantoral. Jen ai respecté l'orthographe capricieuse. Il porte en titre : « Contra el excelente | Garci Laso de Autor no sabido. »
disculpe d'avoir essayé de diminuer le mérite de Garcilasso, et termine en traitant son adversaire de « méchante bête aux dents longues, à l'intelligence courte, plus perfide que les coups de reins d’une rosse ».
Es lästima de ver tan mal ganado, De largos dientes, corto entendimento Mas falsos que corcovos de rocines”.
Quel était le mystérieux satirique qui soulevait tant de colères ? Le dernier vers que je viens de citer a fait penser avec vraisemblance qu'il s'agissait d'un personnage du nom de Cobos, et c'est également l'avis d'un annotateur inconnu de l’exemplaire des œuvres de Lomas Cantoral qu'avait vu Gallardo *.
On ne sait pas grand’chose de ce poète cité par Cristôbal de Mesa dans son épiître à Barahona de Soto comme ayant vécu à l’âge d’or de l’école de Séville. Herrera dans son Commentaire sur Garcilasso (p. 109) cite une traduc-
r. Voici le sonnet de Cantoral qui se trouve à la page 218b de ses OEuvres : « Del autor en respuesta. — Aquel cuya virtud tu lengua infama — (si oscurecer su luz algo has podido) — mostro cruel, de madre vil nacido — y del ageno bien, que se derrama. — Ni hurto jamas, ni es cierto lo que trama — tu condicion peruersa, ni el ha sido — preso, ni el baxo nombre à merecido — que tu voz mentirosa le da y Ilama. — Antes como à diuino ya y dexado — de ti por hombre tal, con nueuo intento, — pudieras pretender diuersos fines. — Sino que solo hicren, al que à dado — el mundo justo Lauro y digno assiento, à fiera bestia, tus palabras ruynes. »
Voici le début du sonnet de Sänchez cité par M. Marin dans son Barahona de Soto, p. 152. Descübrense poetas cuya fama — Podrä tocar las ondas del olvido, — Que por henchir el verso mal medido, — Lo embuten de almohadas de la cama, — Y buscan consonantes de la trama — De Parcas, tela y arcos de Cupido, — Sin sentir en sus versos mas sentido — Que siente el prendedero de su dama. — Y quieren dar juicio ; mal pecado ! — Que tal de Garcilaso es el comento, —— Ladrando 4 bulto como los mastines. — Es lästima de ver..., etc. (Francisci Sanctii Brocensis… Opera omnia. Gênes, 1766, t. IV, p. 43.)
2. Gallardo. Ensayo de una Biblioteca, ete., vol. ILE, col. 405.
ton d’'Horace d'un JeR6NIMO DE Los Co8os qui pourrait bien être le Cobos dont nous nous occupons. Enfin M. Rodriguez Marin a découvert qu'il était originaire de Cadix et quil commençait à suivre les cours d'Arts à l'Université de Séville en 1566‘. Il n’est plus question dans la suite de ce Jerônimo de los Cobos : peut-être, comme tant d’autres Sévillans, alla-t-1l chercher fortune aux Indes et trouva-tl la mort dans un naufrage. Précisément un des amis de Herrera, mort jeune en mer, et du nom de Jerénimo, lui inspira le sonnet suivant, qui, malgré la pompe du style, semble trahir une réelle émotion : «Toi qui dans la tendre fleur et dans tout l'éclat de ton âge, Jerénimo, es mort, et loin des tiens as pour toujours honoré de ton corps l'Océan sacré, reçois, non le sépulere de marbre parfait que tu mérites, courte gloire donnée par la douleur humaine, qui, à la fin y gît oubliée, mais les larmes d’un triste et ardent amour. Reçois ce souvenir de ma peine, souvenir qui t'éternisera peut-être, faible preuve d’une étroite amutié. Tu jouis de la pure et sereine lumière, tu as la mer entière pour sépulture et tu vis toujours, élernellement dans mon cœur. »
Tu, qu’en la tierna flor d’edad luziente, Geronimo moriste, 1 apartado de los tuyos, el pielago sagrado onraste con tu cuerpo eternamente ; Recibe, no de marmol ecelente dino sepulcro, d’el mortal cuidado breve gloria, do al fin yaze olvidado, mas lagrimas de triste amor ardiente.
Recibe esta memoria de mi pena;
que te serà perpetua por ventura, pequeña prenda d’el amor estrecho.
x. Cf. Luis Barahona de Soto, par F. Rodriguez Marin, p. 152.