Édition de 1619. Livre [IL Sonnet
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si généreusement ouvert son palais du vivant de son fils.
Le marquis de Tarifa, comme je l'ai dit plus haut, avait épousé en 1580 doña Ana Téllez Girôn, fille de don Pedro Téllez Girôn, cinquième comte d'Ureña et premier duc d'Osuna, et de sa première femme doña Leonor Ana de Guzmän morte le 22 novembre 1973. Herrera eut donc l’occasion de rencontrer le duc qui, en 1575, avait épousé dofa Isabel de la Cueva, parente éloignée du poète Juan de la Cueva. Mais ce fut surtout par don Juan Téllez Girén, prenner marquis de Peñafñel en 1568, et second duc d'Osuna à la mort de son père en 1590, qu'il dut être -bien accueilli. Ce beau-frère du marquis de Tarifa, né en 1554, résidait habituellement, il est vrai, dans sa ville d'Osuna où il se plaisait à prendre part aux actes solennels de son Université; mais il n’est pas douteux qu'il ne vint souvent à Séville et n’y rencontrât les beaux esprits dont le marquis aimait à s’entourer.
Nous avons vu les relations de Herrera avec la famille de Züñiga : ce fut dans cette maison qu'il eut l'occasion de connaître le célèbre amiral don Âlvaro de Bazän qui avait épousé doûa Juana de Züñuga, fille de dou Francisco de Züñiga, quatrième comte de Miranda. Dox ÂLVARO DE Bazin, MARQUIS DE SANTA CRUz depuis 1569, et grand commandeur de Léon dans l’ordre de Saint-Jacques, avait fait les guerres de Charles-Quint ; 1l prit Oran sur les barbaresques, Tunis sur Barberousse, combattit à Lépante, accompagna don Juan à Tunis en 1573, remporta enfin, en 1582, aux Açores une victoire complète sur la flotte confédérée que commandait Strozzi, et mit ainsi fin à la résistance du Portugal. Il s'apprêtait à prendre le commandement de l’Invincible Armada, lorsqu'il mourut à Lisbonne, le 9 février 1588, pour le malheut de l'Espagne.
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L'admiration que Herrera éprouvait pour ce grand homme lui inspira trois de ses plus beaux sonnets. Le premier date de l expédition de Tunis en 1973: « Cache dans ton sein, lent Bagrada', la flotte farouche de ton peuple audacieux, et arrachant les cornes qui parent ton front, perds ton orgueil, désormais découragé. Car vengeant avec l'épée aiguë et ardente les insultes que supporte l'Occident, le dompteur du Scythe et du Sarrasin met un frein à toute la vaste mer. Tu pourras voir la Terre captive, la mer ensanglantée, et au nom de Bazän trembler plein de crainte le cœur le plus brave et le plus arrogant, et, le cou impatient chargé de fers, se rendre à son
bras puissant tout ce qui se trouve entre le Nil et le grand Atlas. » |
Asconde tardo Bägrada en tu seno la fiera armada de tu osada gente, 1, arrancando los cuernos de la frente, pierde el orgullo, ya d’esfuerço ageno;
Qu’a todo el ancho ponto pone freno, vengando con la aguda espada ardiente los insultos, que sufre el Ocidente, el domador del Cata 1 Agareno.
Veràs la terra presa, el mar sangriento, 1 al nombre de Baçan temblar medroso el coraçon mas bravo 1 arrogante ;
l atado en Merro el cuello descontento, rendir s’al braço suyo poderoso cuanto abraçan el Nilo 1 grande Atlante ?,
Plus tard 1l montre son héros interpellé par l'Espagne elle-même qui, lui rappelant tous les triomphes qu'elle à
Le Bagrada, aujourd’hui la Medjerda, se jette dans la mer entre ALU ef Carte
os de 1982, Sonnet Bo,
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remportés grâce à lui, et en particulier la victoire des Açores en 1582, déclare ne plus redouter aucun ennemi..
Enfin, après la mort du marquis, à un moment où l’on craignait un retour offensif des Turcs contre l'Europe, Herrera l’invoquait et le suppliait de revenir se mettre à la tête des Espagnols pour leur assurer la victoire. & O toi, qui, vengeant de ta main armée l'honneur perdu de l'Occident, as teint les flots du golfe Ionien du sang répandu de l’Ottoman et qui, à ton retour, dans les mers de l’Afrique as vaincu l'antique royaume fondé par les Tyriens ; toi qui brisas l’ardeur et le courage du Français et de l'Écossais, et la puissance du Germain ; et qui, las de subjuguer la terre et la mer, reposes maintenant en paix dans les hauteurs du Ciel, car la Terre était trop petite pour tant de gloire, aujourd'hui que le Scythe impie nous menace d’une guerre terrible et que tout le sol tremble, viens, ou envoie aux üens la victoire ! »
Tu, que vengando con l’armada mano el ya perdido onor d’el Ocidente teñiste d’el [onio la corniente con la vertida sangre d’Otomano;
I bolviendo, en el pielago Africano venciste 1 Reino antiguo 1 Tiria gente, i d’el Frances 1 Escoto el pecho ardiente rompiste 1: la pujança d’el Germano :
1. « Yo, quel temor al pielago Adriano — quitè, i d’Etolia en el famoso estrecho — quebre’ 1 orgullo, i sin valor deshecho — dexè primero el impetu
Otomano ; — En este peligroso golfo insano, — do Francia Ilora rota el crudo hecho ; — osando en tu valor, con fuerte pecho, — pongo fin al imperio Lusitano. — Alargue’l mar su derramado seno, — qu’en todo él pienso ser vitoriôsa, — siguiendo en cualquier trance tu vandera. — España assi con
esplendor sereno — dixo al grande Baçan, en la dudosa — conquista de la presa ya Tercera. » (Édition de 1619. Livre TITI. Sonnet 31.)
I de rendir cansado el mar i tierra, descansas ya en la paz del alto Cielo ; que la tierra era poca a tanta gloria ;
Aora qu'amenaza cruda guerra el impio Cita, 1 tiembla todo el suelo,
, ven, O envia a los tuyos la vitoria”.
Cet éloge désintéressé, puisqu'il s’adressait à un mort, montre combien la gloire de l'illustre marin avait fait vibrer dans le cœur du poète des sentiments ardents de patriotisme *.