‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 4 sur 147 · RON · texte numérisé non relu

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hent à cet égard de précieuses indications. Ces remboursements se faisaient d’ailleurs d’une manière fort irrégulière. On attendait évidemment d'avoir droit à une somme de quelque importance pour se présenter devant le caissier de la ville, ce qui, pour un individu isolé, pouvait demander, comme on le verra tout à l'heure, plusieurs années. [Il est regrettable que la pièce signalée par M. Rodriguez Marin ne soit pas datée, car il est évident que Herrera ne dut pas altendre beaucoup avant de faire constater son privilège de bénéficier, et l'on en pourrait déduire l’époque à laquelle il fut attaché à la paroisse de San Andrés. D'autre part les livres de caisse de Séville antérteurs à 1573 ont disparu. Toutefois, dans un index des bénéficiaires de l’exemption de la blanca' fait en 1556, on voit figurer en 1562 sous la lettre H un certain Hernando de Herrera clerigo qui pourrait bien être notre poète : 1l était alors âgé de vingt-huit ans. En tout cas 1l était bénéficier en 1565 puisque, le 14 novembre 1575, le caissier municipal remboursait à « Hernando de Herrera, bénéficier de San Andrés, 3 590 maravédis montant de sa part d'imposition de la viande pendant neuf années’ allant jusqu’à la fin de 1574». C'est malheureusement la der-

1. La pièce à laquelle je fais allusion est intitulée « Abecedario de la quenta de la ynpusiçion de la carne de laño del señor de mill y quis ÿ sesenta y dos» (Archivo del Ayuntamiento de Sevilla. Escribania de Cabildo. AB-3). Cet index fut fait en 1576. On y lit en face des noms des chiffres dont je n’ai pu saisir le sens. Il y est fait mention en 1562, sous la lettre IT, de Hernando de Herrera clerigo 30 ; en 1564, sous la lettre F, de Fernando de Herrera. capellan 30 ; en 1567, sous la lettre H, de Fernando de Herrera clego 5; en 1573, sous la lettre H, de Fernando de herrera capellan 13 et de Fernando de herrera capellan 34. Le titre de capellan ne saurait convenir à notre poète qui ne fut jamais ordonné prêtre ; les seules mentions qui lui conviennent sont donc celles de 1562 et 1567, où le titre de clérigo, peut le désigner. -

2. « yten debe por el dho tres mill ÿ quis y nobenta mis que son e se

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nière mention que j'aie trouvée de lui dans les archives de Séville. Cette pièce curieuse semble indiquer que Herrera menait une vie bien frugale et que sa table n’était pas trop abondamment servie, mais en même temps qu'il n'était pas pressé par des besoins d'argent, puisqu'il pouvait attendre neuf années avant de rentrer dans ses débours. Et en effet il se contenta des revenus de ce bénéfice pendant toute sa vie, bien qu'il lui eût été facile d’améliorer sa situation en acceptant les offres que lui fit faire l'archevêque de Séville D. Rodrigo de Castro, protecteur des artistes et des lettrés, qui avait manifesté le désir de lui faire quelque grâce ; mais Pacheco rapporte qu'en dépit des sollicitations de ses amis les plus intimes le lhiéencié Francisco Pacheco et le prébendé Pablo de Céspedes, 1 se refusa même à se laisser présenter au prélat. IL est vrai que cette assertion paraît bien étrange lorsqu'on songe que Herrera dédia en 1592 au cardinal son Tomas Moro : il ne pouvait évidemment mettre le nom du prélat en tête de son ouvrage qu'avec l'assentiment de celui-ci, et comment croire que D. Rodrigo de Castro, avant d'accorder son autorisation, n'ait pas voulu causer quelques instants, ne füt-ce que par curiosité, avec un homme qui jouissait à Séville d’une réputation si universellement établie ? Il aurait pu d’ailleurs en se consacrant au sacerdoce obtenir

libraron a hernando de herr? beneficiado de la ynpusicion de la carne de g äæ% que se cumplieron fin de 74 & es beneficiado de San andres por ser beneficiado. » (Archivo municipal de Sevilla. Libro de Caja, 1574-1577, à la date du 14 novembre 1575.)

1. &... pero con los frutos del Beneficio se sustento toda su vida, sin apetecer maÿor renta. i aunque el Cardenal don Rodrigo de Castro Arçobispo de Sevilla dessed tenello en su casa, i acrecentalle en dignidad i hazienda, no pudieron el Licenciado Francisco Pacheco, ni el Racionero Pablo de Cespedes (intimos amigos suyos) persuadille que le viesse. » (Pacheco. Libro de Retratos, Éloge de Herrera.)

aisément un bénéfice plus important ; mais il ne reçut Jamais la prêtrise ", alors que tant de ses contemporains, sans renoncer malheureusement, comme ils l’auraient dû, à la vie du monde, ne se faisaient aucun scrupule d'entrer dans les ordres : ce n’est pas là une des moindres singularités de sa vie.

Ce rare désintéressement, cette dignité un peu hautaine qui, non seulement l'empêchait de rien demander à ses amis les plus fortunés, mais lui faisait même refuser les présents qu'ils essayèrent parfois de lui faire accepter, au point qu'il leur savait assez mauvais gré de ces offres pour cesser de les fréquenter ; enfin son dédain pour les louanges, dont il ne voulait pas pour lui-même et qu'il s’abstenait de donner à autrui, durent le rendre peu sympathique à la foule qui le considérait, au dire même de son biographe, comme revêche et de mauvais caractère ?.

Aussi le surnom de divin *, que lui avaient décerné des admirateurs enthousiastes, exerçait-il la verve de ceux qui croyaient devoir se plaindre de son indifférence à leur égard. Tel paraît être le cas du poète Juan Rufo, auteur d’une fastidieuse épopée intitulée Austriada, qui, outré sans doute de n'avoir pas reçu de lui les éloges dont les poètes se montraient si prodigues les uns envers les autres, semble bien faire allusion à Herrera lorsqu'il parle de « cet homme qui avait beaucoup de lecture et d'étude, mais

1. « no tuvo Orden Sacro. » (Pacheco. Libro de Relratos. Eloge de Herrera.)

2. «.. enemigo de lisonjas, ni las admitio ni las dixo a nadie, (que le causd opinion de aspero 1 mal acondicionado. » (Pacheco. {bidem.)

3. Ce surnom de divin, qui fut également donné à Francisco de Figueroa, accompagnait déjà d'une manière habituelle le nom de Herrera lorsqu'il publia son Commentaire sur Garcilasso en 1580, comme le prouvent les rail- -leries grossières du comte de Haro dans son Pamphlet du Prete Jacopin.

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raide, arrogant et brusque, poète farouche et terrible, infatué de se voir attribuer, bien à tort, par la foule le titre de divin, dont 1l faisait peu de cas, quoique ce ne fût pas par modestie. « S'il n’est même pas humain, disait Rufo, pourquoi l'appelez-vous divin"? »

Peut-être n’y a-t-1l à qu'une raneune de poète. Cependant Rodrigo Caro, qu’on ne saurait taxer d'hosülité pour Herrera, se demande si ce surnom de divin ne Iui fut pas donné moins en raison du mérite de ses poésies que de la retraite un peu farouche qui le tenait toujours enfermé

dans son cabinet, seul ou ne s'épanchant qu'avec un intime ami *.

Mais sa courtoisie, sa modestie *, la bonne grâce avec laquelle il soumetlait ses œuvres au jugement de ses amis,

allant même jusqu à détruire celles qui leur déplaisaient”,

1. « Con admirable propiedad Ilamamos al piadoso humano, y humanidad, à la piedad y trato apacible que en los hombres se halla, amonestando expresamante ä todos con estos terminos cuan digna cosa es de un hombre racional compadecerse de otros, pues tan sujetos nacemos 4 casos compasibles, y nuestra misma naturaleza nos enseña 4 dolernos de los afligidos. Supuesta esta verdad, y que cierto hombre leido y estudioso era bronco, arrogante y despejado, y poeta äspero y terrible, desvanecido de que el vulgo le atribufa fuera de razôn el titulo de divino que, no por modestia,. el dicho estimaba en poco, dijo à ciertos hombres que seguian su secta : « Si aûn no es humano & por qué le Ilamais divino ? » (Quinientos Apotegmas de D. Luis Rufo... Madrid 1882, p. 125. Apophtegme 380.)

2. «Naturalmente era grave y severo,.. comunicaba con pocos siempre retirado en su estudio 6 con algun amigo de quien el se fiaba, y con quien explicaba sus cuidados. No se si por esto, 6 por lo aventajado de sus Poesias, le Iamaban el Divino Herrera, y assi dijo un Satyrografo de aquellos tiempos : Esto hace que valqa tan de valde — El millar de las rimas y Sonetos — que el Divino Herrera escribe en valde. » (Rodrigo Caro. Ouvrage cité, p. 132.)

Les vers cités par Caro sont tirés d’une Salire contre la mauvaise poésie, œuvre du chanoine Pacheco, qui se trouve encore inédite à la Bibliothèque nationale de Madrid (Ms. 4256, p. 293).

3. « Fue modesto 1 cortes con todos, pero enemigo de lisonjas. » (Pacheco. Libro de Retratos. Eloge de Herrera.)

k. « Fue Fernando de Herrera mui sugeto a corregir sus escritos, cuando

la parfaite correction de sa vie, son respect pour l'honneur d'autrui, son aversion pour la médisance, qui lui faisait fuir les sociétés où elle s’exerçait ', sa fidélité dans ses affections, nous expliquent les amitiés nombreuses et bonorables au milieu desquelles s’écoula son ‘existence paisible, au moins en apparence, et entourée du respect de tous ?.

sus amigos a quien los leia le advertian, aunque fuesse reprovando una obra entera ; la cual rompia sin duelo. » (Pacheco. Jbid.)

1. « Fue onestissimo en todas sus conversaciones, i amador del onor de sus proximos. nunca tratù de vidas agenas, ni se hall donde se tratasse dellas... vivio sin hazer injuria a alguno, i sin dar mal exemplo. » (Pacheco. Ibid.) 3

2. Pacheco dans son Libro de Retratos dit à propos des amis de Herrera : « Amolos tan fiel i desinteresadamente, que a los mas ricos 1 poderosos no solo no les pidio, pero ni recibio nada dellos, aunque le ofrecierd cosas de mucho precio ; antes por esta causa se retirava de comunicarlos. » (Éloge de de Herrera.)

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