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cailles, et le bord de la jupe orné de franges d'argent: ils portaient une haute coiffure de cheveux tressés et tenaient des arcs et des flèches”. »
Enfin, à Bruxelles, le 11 mai 1550, le comte paraissait dans un carrousel donné au parc du Palais, à la tête de quarante cavaliers portant tous des banderoles à leurs lances, précédés de douze trompettes vêtus des mêmes couleurs, ainsi que d’un étendard sur lequel étaient semés des V d’or, avec, au milieu, un grand et magnifique NW: initiale de la Dame que servait le comte de Gelves et qui était la comtesse de Waldeck”*.
Il était, comme on voit, temps que le voyage prit fin: le jeune homme commençait à s'émanciper. Ce fut sans doute à son retour qu'on s'occupa de le marier. Il faisait alors partie de la maison de l’Infant don Carlos comme gentilhomme de la chambre; son mariage était déjà conclu lorsqu'il eut le désagrément de se voir emprisonner au château de Medina, par ordre de la régente, doña Juana, sœur de Philippe [l°, pour avoir brutalisé un
1. « Entraron con los Dioses seys Nymphas en mascara, que eran el Conde de Gelues, don Pedro de Auila, don Rodrigo Manuel, don Pedro de Velasco, Don Diego de Côrdoua, don Luys Capata con sayas de tela de oro encarnada, las espaldas ÿ pechos pintados de las mismas escamas, y por los ruedos vnas flocaduras de tela de plata con tocados altos Ilenos de trenças de cabellos, Ileuauan arcos y flechas en las manos. » (Calvete de Estrella, op cit., p- 324.) Cette mascarade, inventée par Ruy Gomez de Sylva et qui fit l'admiration de tous, avait eu lieu avant le départ de l’ambassade qui allait féliciter Jules TI de son élection.
2. « Lleuauan todos en las lanças vanderillas, y doze tropetas delante dé si vestidos de las mismas colores, y assi mismo el estandarte, sembradas por el muchas letras. V. de oro, y en medio d’el vna muy grande y hermosa. V. que era la letra primera d’el nombre dela Dama a quien el Conde de Gelues seruia, que era la Condesa de Valdeque. » (Calvete de Estrella, op. cit p. 328.)
3. La princesse dofa Juana, veuve du prince Jean de Portugal et mère du roi don Sébastien, était revenue en Espagne et y exerça la régence,
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écuyer qui voulait peut-être lui interdire de s approcher de sa future femme qu'il voyait passer en carrosse. Don Carlos en conçut un vif ressentiment contre sa tante, mais n'intercéda pas en faveur de son gentilhomme; il se contenta de témoigner son mécontentement par son silence. Quoi qu'il en soit, cet emprisonnement ne dura sans doute pas bien longtemps, et le mariage de don Alvaro put être célébré peu de temps après avec D* Leonor de Milän de Cérdoba y Aragén.
La date exacte du mariage est malheureusement inconnue. Les archives de la maison d’Albe gardent il est vrai un reçu des objets d'or et d'argent, bijoux et vêtements apportés à la communauté par doña Leonor, signé de don Alvaro de Portugal, le 22 juin 1553. Or, il semble bien que, ces effets étant indispensables à D* Leonor, et d'ailleurs d’une valeur considérable, la transmission n’a pas pu en être faite avant la célébration du mariage, et qu'elle a dù être constatée par un acte notarié le plus tôt possible. D'autre part, lors de son emprisonnement sur l’ordre de dofña Juana, le mariage de don Alvaro était conclu, mais non consommé, et cet emprisonnement ne
à partir de 1554, en l’absence de l’empereur et de son frère Philippe qui s'était rendu en Angleterre pour y épouser Marie Tudor. « Era discreta, religiosa y tenfa su Palacio en tanto recogimiento y acato, que hizo aprisionar en la Mota de Medina al Conde de (elbes, gentilhombre de la Cämara del Principe D. Carlos, porque estando capitulado su casamiento con una dama, traté desmesuradamente a un guarda de damas. Pes6 al Principe, mas no intercedié por su restitucién, el silencio confirmando el resentimiento con su tia. » (Cabrera de Cérdoba. Historia de Felipe II, tome I, livre I, ch. vu, p- 43.) Les guardas de damas, dont il est ici question, étaient des écuyers qui chevauchaient à la portière des carrosses des dames de la cour pour empècher que personne ne vint leur parler.
1. J'ai dù communication de ce document, qui se trouve aux archives de la maison d’Albe, à l’obligeance de D. Antonio Paz y Mélia, chef du département des manuscrits à la Bibliothèque Nationale de Madrid.
saurait être antérieur aux premiers mois de 1954, puisqu'au mois de janvier de cette année la princesse se trouvait encore en Portugal.
Mais le 17 août 1555 une autorisation royale permettait à don Alvaro de prélever sur ses biens propres la somme nécessaire pour constituer à dofa Leonor les « arras » que lui assurait son contrat de mariage et qui s’élevaient à trente mille ducats d'or’. Il semble donc vraisemblable qu’à celte date le mariage était consommé, et cela plutôt avant qu'après le 17 août 1555.
Doña Leonor de Milä ou Milén, qui portait aussi les | . noms de Cérdoba y Aragôn, n’était pas de moins noble origine que son mari. Elle se rattachait par une de ses ascendances au roi Juan HI d'Aragon. Mais les Milé étaient originaires du Languedoc et avaient pris part à la conquête de Valence sur les Maures. Dofña Leonor était fille de don Âlvaro de Cérdoba, seigneur de Valençuela, grand écuyer du roi Philippe II lorsqu'il n’était encore que prince héritier: ce dernier détail explique très naturellement comment 1l put connaître son futur gendre que son service appelait également auprès du prince. La mère de doña Leonor était dofa Marfa de Aragôn, seconde fille de don Nuño Manuel, seigneur de Salvatierra, de Magos d'Aguias, etc.…., et de dofa Leonor de Milä, sa première femme.
1. « Casou com Dona Leonor de Milä, a quem os nossos Nobiliarios apellidaû de Cordoua e Aragaô ; porém no contrato do seu casamento achamos com o mesmo nome, e appellido de sua avô materna. Teve de dote trinta mil ducados de ouro que valiad onze contos duzentos e cincoenta mil maravediz, para cuja segurança obteve facultade Real do Emperador Carlos V. passada en Valhadolid em Agosto de 1555, que anda incerta na escritura dotal authentica, que temos em nosso poder, como todos os mais documentos, que allegamos. » (Sousa, op. cit., tome X, livre IX, ch. n1,p. 451.) J'ai relevé la date donnée par Sousa sur l’acte original dont D. Antonio Paz y Mélia a bien voulu me donner communication au palais de Liria.
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Le 94 juillet 1559, par devant Gaspar de Leôn, à Séville, doña Leonor signait, avec l'autorisation de son mari, un arrangement avec sa mère, relatif à la succession de son père; elle déclarait dans ce document être « âgée de plus de vingt ans et de moins de vingt-cinq'. » A prendre cette formule au pied de la lettre, elle aurait donc
1. « Sepan quantos esta carta vieren como yo Doña leonor de Milan condesa de Gelbes hija legitima de los muy ylltres señores don Alvaro de Cordova caballerizo mayor que fue de su magt difunto y doña maria de aragon mi señora su muger (y muger que soy del muy ylltre señor don alvaro de portogal conde de gelbes mi señor) con liçençia e otorgame y plazer e consentimt® del dho conde mi señor questa presente la qual dha liçençia yo le pido y demando y el me da e conçede para fazer e otorgar e jurar lo que de yuso en esta carta sera contenido. y como una de los herederos que del dho mi padre quedaron cuya herencia yo tengo açetada e si neçesario es agorala açeto con beneficio de ynventario Digo que por quanto la dha Doña maria de aragon su muger mi señora madre a tenido el administraçion y tutela de mi persona y bienes y los a Rejido e administrado e agora por algunas justas causas que a ello le mueven se quiere esonerar del dho cargo y que se le tome quenta de los dhos bienes y procedido dellos de la herencia que me pertenece del dho mi padre por ende por aquella via que mejor puedo e de derecho deue valer otorgo e conosco que doy todo mi poder cumplido segun que lo yo e y tengo y en tal caso se rrequiere a fernando de Ribadeneyra vo de la villa de madrid questa ausente espeçialmente para que por mi ÿ en mi nombre pueda hazer la particion de los bienes del dho su padre con la dha mi señora dofa maria con los herederos del dho mi padre que del quedaron y nombrar contador o contadores y partidores... y para mas firmeza e validacion de lo contenido en este poder y de todo lo que por virtud del se hiziere e autuare y cobrare y otorgare por ser mayor de veynte años y menor de veynte e çinco y muger casada juro por dios y por santa maria y por las palabras de los santos evangelios e por la senal de la cruz + de tener y guardar e cumplir e aber por firme todo loque por virtud deste poder se hiziere... € yo el dho conde don Alvaro de portugal que presente soy otorgo y con° que me plaze e consiento en todo quanto la dha doña leonor de milan mi muger en esta escra a fecho e otorgado... ffa la carta en sevilla estando en las casas de la morada de los dhos señores conde y condesa lunes veynte e quatro dias del mes de jullio de mill e quinientos y çinquenta e nueve as.
L. El qe don Alvaro A. la qa doûa leonor de portugal, de Mylan.
(Oficio 19. Gaspar de Len. 1° de 1559, fo 974.) — Communiqué par D. Francisco Rodriguez Marin. Chacun des deux époux a fait précéder selon l'usage sa propre signature de l’initiale de son conjoint,
eu en 1553, c'est-à-dire à l’époque où se conclut le mariage, entre quatorze et dix-neuf ans, et au moment de la, consommation du mariage, en 1555,. entre seize et vingt et un ans, ce qui reporte sa naissance entre 1934 et 1539. Quant à son mari, au moment de leur union, il avait vingt-trois ans.
Quoi qu'il en soit, les deux époux étaient, comme nous venons de le voir, à Séville, au mois de juillet 1559. Y étaient-ils venus plus tôt? Probablement non. Nous avons vu que don Alvaro était gentilhomme de la chambre du prince don Carlos. Il serait extraordinaire qu'il eût abandonné ces fonctions avant que le roi eût modifié de lui-même la composition de la maison de son fils. Or, don Carlos, né en 1545, n'atteignit qu'en 1559 l’âge de quatorze ans, auquel étaient émancipés les princes". Ce fut à ce moment que le personnel qui l'entourait dut être changé en grande partie, et que don Alvaro put saisir l'occasion de retourner dans ses terres où l’appelaient des intérêts considérables. Voilà comment, dès son retour, 1l se faisait remettre par sa belle-mère les biens qu'il lui avait laissé administrer en son absence et dont il. désirait naturellement exercer désormais la gestion sans contrôle. |
Cette union resta longtemps stérile à ce qu'il semble, car le comte n'eut d’héritier qu’en 1566. Son premier-né fut en effet don Jorge Alberto de Portugal qui devait être
1. Cest ainsi que le jeune D. Alonso Pérez de Guzmän el Bueno, devenu . en 1558, par la mort de son aïeul, 7e duc de Medina Sidonia, fut mis sous la tutelle de sa mère, parce que, dit le Maestro Pedro de Medina, il avait moins de quatorze ans, étant né en 1549. (Cf. Crônica de los muy excelentes señores duques de Medina Sidonia, ete., 1561, dans le tome XXIX de la Coleccion de documentos histéricos.)
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un jour IIIe comte de Gelves et qui fut baptisé à la cathédrale de Séville le r1 septembre 1066. Il devait mourir d'ailleurs prématurément d'un accident de cheval, le 29 avril 1589, sans laisser de postérité.
On ignore la date de la naissance du second fils de don Âlvaro, mais il est probable qu'elle ne fut pas séparée par de longues années de celle de don Jorge. Il s'appelait don Nuño Alvarez Pereira Colén y Portugal et fut IV‘ duc de Veragua et V° amiral des Indes. Il mourut le 9 mars
Artiste et poète, le comte don Âlvaro se lassa-t-il bientôt de la société de sa femme dont les contemporains ne célèbrent ni la beauté ni l'esprit? Lui donna-t-il quelques motifs de jalousie? On peut le croire lorsque l’on voit qu'il laissa, en mourant, une fille naturelle, dofa Isabel de Portugal qui, en 1585, étant religieuse au monastère de la Madre de Dios à Séville, plaidait contre son frère don Jorge de Portugal pour obtenir de lui une pension alimentare”. N'est-ce pas d’ailleurs d'une scène de jalousie, que dofa Leonor aurait faite à son mari, qu'il est question dans ce sonnet que le poète Juan de la Cueva adressait au comte de Gelves : « Puissant est l'amour, et puissant celui qui aime bien, et lorsqu'ils sont mis en présence, si celui qui aime est constant, il lui est loisible de dire qu'il surpasse l'amour en aimant. En vertu de ce privilège, on reconnait à celui qui aime bien la glorieuse prérogative d'être jaloux, et qu'Amour en sa présence soit abandonné et impuissant. Heureuse jalousie, quand la jalousie vient