‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 41 sur 147 · Cf. Sousa — op. cil., ch. xx et 1v du livre XIT · texte numérisé non relu

Cf. Sousa — op. cil., ch. xx et 1v du livre XIT

2. Baltasar del Alcäzar était administrateur des biens de don Jorge. Cf. Rodriguez Marin. El Loaysa de « El Celoso Ertremeño ». Séville, 1901, p. 15, nole 19.

d'un amour constant, véritable et pur, telle que la jalousie que vous porte votre Luz, 5 divin Albano. Car une telle jalousie est une faveur du ciel ; mais hélas ! infortuné celui qu’une dure rigueur embrase de jalousie, pour qui reste de glace” ! » À

Nous ignorons.ce que devint dans la suite don Alvaro : Lépez de Haro se borne à dire qu'il servit Phihppe Il dans les occasions qui se présentèrent, ce qui semble indiquer qu'il prit part à quelques-unes des campagnes qui eurent lieu sous son règne. Mais il dut passer la plus grande partie de sa vie tantôt dans son palais de Séville, tantôt dans sa ville de Gelves, distante d’une lieue et demie, où l’on voit encore les ruines de son palais assis sur les collines qui bordent la rive droite du Guadalquivir vers lequel elles descendent en pente rapide. Sur l’autre rive du fleuve on apercevait la plaine immense et fertile avec ses bois d’orangers et de citronniers, tandis que l’antique Bétis roulait lentement vers la mer ses eaux jaunàtres. Ce devait être alors un merveilleux spectacle que celui des lourds galions d'Amérique remontant majestueusement jusqu à Séville, où ils abordaïent devant la Torre del Oro, tout parés de drapeaux et de flammes aux vives couleurs, ou des barques légères qui sillonnaïent le fleuve en tous sens, chargées soit d'émigrants impatients d'aller,

1. Sonelo à don Alvaro de Portogal Conde de Gelves ete. — Mucho puede el Amor, i mucho puede — el que bien ama, i puesto en competencia — si es firme el amador, tiene licencia — a dezir, que al Amor amando ecede. — Por este previlegio se concede — a quien bien ama, honesta preminencia — de celar, i que Amor en su presencia — .abandonado en sus eflectos quede. — Dichosos celos, cuando viene el celo de Amor constante, verdadero i puro, — cual vuestra Luz, divino Albano os cela. — Que tales Celos, son favor del Gielo, — mas ay triste de aquel que un rigor duro — l’enciende en celo, de quien del se yela. » (OEuvres manuscrites de Juan de la Cueva — Bibliothèque Colombine, Z 133-49, tome F, p. 182b.)

dans les pays fabuleux conquis par Cortès et Pizarre, tenter la fortune qui se refusait à leur sourire dans leur patrie, soit d’aventuriers enrichis qui rapportant des Indes occidentales les trésors vite amassés qu'ils allaient gaspiller dans cette ville de plaisir. Au loin se dressaient les magnifiques monuments de Séville, son immense cathédrale surmontée dès 1568 de sa Giralda, son Alcazar, son Hôtel de Ville et, vers la fin du siècle, sa Casa Lonya.

Aussi don Alvaro se plaisait-il dans cette délicieuse résidence, et c'est là de préférence qu'il devait tenir sa cour et recevoir les amis ou les clients qui faisaient le facile trajet de Séville à Gelves : ce fut là que bien souvent les poètes dont 1il était le protecteur, Herrera, Juan de la Cueva, Baltasar del Alcäzar, tous ceux dont nous avons rappelé précédemment les noms, vinrent faire applaudir les plus brillantes productions de leur esprit ou chercher les distractions d’une société raffinée. Aussi le comte résidait-il dans sa ville de Gelves lorsque vint le surprendre le mal qui devait l'emporter : ce fut là qu'il dicta son testament le 22 septembre 1587 : il le compléta par des codicilles le 26 etle 28 du même mois, et mourut le 29 septembre 1581. Il fut enterré à Gelves'.

Quant à doña Leonor, elle mourut peu de temps après

r. Les recherches que j'ai faites pour connaitre la date exacte de la mort de don Alvaro ou de doña Leonor sont restées infructueuses. Les dates citées ci-dessus sont données par Sousa (op. cit., tome X, livre IX, chapitre 11). — A Gelves même il ne reste aucun document intéressant : les actes antérieurs au xvrre s. ont presque totalement disparu, tant des Archives de l’Ayuntamiento que de celles de la paroisse. Le pavé de l’église de Gelves a été refait au xvirre siècle et ne présente plus de dalles funéraires; enfin le Pan- ‘théon des comtes de Gelves, que j'ai pu visiter grâce à l’amabilité de l'administrateur de la maison d’Albe, et où fut enterré don Alvaro, ne contient absolument aucune inscription ni aucune trace du Comte mi de son épouse.

Ho

son mari. Elle vivait encore au moment où Herrera écrivait l’élégie 7 de l'édition de 1582, puisque le poète ÿ déclare être toujours amoureux et que nous savons que dofa Leonor était l’objet de son amour. Or, comme j'ai essayé de le démontrer, cette élégie fut adressée au jeune marquis de Tarifa, don Fernando Enriquez de Ribera, à l’occasion de son mariage avec doña Ana Téllez Girôn, fille du premier duc d'Osuna, mariage qui ne fut consommé qu'en 1581 ou 1582. D'autre part doña Leonor était morte avant le 27 juin 1582, date de l'approbation des Algunas obras de Fernando de Herrera, puisque les vers latins de Francisco de Medina, qui se trouvent en tête de ce recueil, font allusion, de façon explicite, à la mort de la Luz immortalisée par les vers de Herrera et qui n'était autre que la comtesse :

Lux tua, Ferrari, superas dum fulsit ad auras Fulgenti haud cessit lucida terra polo ;

Ast Ereb1 spissis postquam se condidit umbnis, Heu mansit Tellus lumine cassa suo.

C'est Pacheco lui-même qui, dans sa biographie de Herrera, nous révèle Le nom véritable de Luz : &« Quant à ses poésies érotiques, dit-il, consacrées à la louange de sa Luz, bien que sa modestie et sa retenue n’en aient rien laissé paraître, il est certain qu'il les dédia à doûa Leonor de Milän, comtesse de Gelves, très noble et très grande dame, comme le montre la Cancién V du livre IL, que jai publiée en 1619 et qui commence : « Esparze en estas flores ». Cette dame, avec la permission du comte son mari, accepta d'être célébrée par un si grand ‘péniess pu à

1. « Los amorosos [versos]| en alabança de su Luz (aunqüe de su modestia

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