Cf. Rodriguez Marin. Barahona de Soto, PAL
DER do yo en Madrid el año de 1566. mandava su Magestad adereçar seis cuadros de pintura, de mano de Ticiano los mas dellos ; que contenia las penas de Prometheo, Tityo, [xion, Tantalo, Sysipho, i las hijas de Danao, para los cuales hize a cada uno cuatro versos Latinos i una otava, que agrada-
vait en 1566 et composait pour certaines peintures du Titen ou d'autres artistes, à la demande de Philippe IL, des épigrammes latines ,ou des vers espagnols. Il mourut prémalurément à quarante-quatre ans en 1571, en revenant de Grenade, où il avait été présenter au duc de Sesa sa traduction de la Vie de Scanderbeg.
Mais son infatigable activité lui avait permis de composer un nombre considérable d'ouvrages, dont plusieurs n'avaient pu être amenés à leur perfection, sur les sujets les plus variés : traités de grammaire et de rhétorique, traductions d'auteurs grecs ou latins, œuvres d’édification, recherches sur les proverbes espagnols, poèmes épiques, épigrammes, pièces de théâtre". Pour cet érudit à la mémoire fertile, à la parole abondante et facile, la causerie devait être un besoin. Une fois sa tâche journalière accomplie, les personnages qu'unissait à lui le goût de l'étude et des lettres se rassemblaient sans doute dans son école, qui était un lieu de réunion tout indiqué. En allant chercher un peu de fraîcheur le soir au bord de la Lagu-
blemente fueron admitidos de su Magestad.» Ce passage est cité par Pacheco (Libro de Retratos. — Éloge de Malara) qui l’emprunte à la Descripcion de la galera real qu'avait écrite Malara.
1. Voici la liste à peu près complète des ouvrages du célèbre humaniste : Principes de grammaire. — Scolies sur les introductions d'Aphihonius, dédiées en septembre 1567 au comte de Gelves. — Annolations à la Syntaxe d’Erasme. — Pélerinage de la vie. — Trésor d’éloquence. — Notes aux Emblèmes d'A ciat. — Philosophie vulgaire (traité sur les proverbes espagnols, en deux parties dont la première seule fut publiée à Séville en 1608). — Un poème en octaves sur la Mort d'Orphée; une traduction latine du Premier chant de l'Iliade. — Un poème en 48 chants, intitulé Trabajos de Héreules, et dédié à linfant don Carlos. — Chronique des saints Apôtres. — Description de la galère de don Juan d'Autriche. — Relation de la réception de Philippe IT à Séville en 1570. — Histoire de Scanderbeg roi d'Epire (traduction). Il avait aussi écrit des comédies latines dont quelques-unes furent représentées,
Herrera traduisit aussi en vers, pour un poème que Malara avait intitulé La hermosa Psiche, la Psyché de Fracastor,
na, les amis de Malara passaient devant sa porte hospitalière ; 1ls poussaient la grille du vestibule, qui laissait apercevoir les dalles humides du palio décoré de vases de fleurs dont les parfums pénétrants s'exhalaient dans la tiédeur du soir, tandis que les arcades blanchies à fa chaux qui l’entouraient rougissaient aux feux du couchant. Ils trouvaient le maître du logis se promenant lentement avec son beau-frère Girn sous la galerie qu’animait, quelques instants auparavant, la turbulence de ses élèves, ou bien occupé à écrire dans sa classe déserte. On échangeait d'affectueux compliments. Quelques visiteurs nouveaux survenaient, un cercle se formait où l’on parlait de l’événement du jour, du dernier livre ou du dernier sonnet paru. Parfois quelqu'un tirant, sans trop se faire prier, un manuscrit de son pourpoint, donnait à l'assemblée la
primeur d’une œuvre inédite, accueillie d’abord par des applaudissements unanimes ; puis les critiques se manifestaient timidement, discrètes, toujours courtoises, fondées sur des théories générales qui permettaient de discuter longuement sans froisser l'amour-propre de personne. Et lorsque la nuit close venait disperser les causeurs charmés de ces disputes brillantes, ce n'était pas sans regret qu ils se séparalent, en se promettant bien de se retrouver le lendemain.
Peu à peu, l'habitude aidant, des traditions se créèrent, et sans règlements, sans bureau, sans président, les amis de Malara formèrent insensiblement une Académie, comme il paraît s’en être constitué dans plusieurs villes d’'Espagne à la même époque. Chacun prenait un nom poétique : le comte Alvaro de Gelves devenait Albano ; Herrera, Jolas ; Malara lui-même avait dû prendre un pseudonyme qui nous est malheureusement inconnu.
La salle où se réumissaient d'ordinaire ces académiciens bénévoles fut peu à peu ornée par leurs soins de débris antiques trouvés dans les environs de Séville, de collections de monnaies, d'objets intéressants à des titres divers, dont la valeur augmentait par ce rapprochement, et: qui restaient sous la garde de Malara, constituant ainsi un véritable musée. C'est ce que nous autorise à penser un curieux passage de Juan de la Cueva qui mentionne dans son Viaje de Sannio, à la date «du 14 février 1585, la remise aux académiciens du musée de l'illustre Malara, en présence du comte de Gelves ».
En Hispalis, catorce de febrero
Del año del Señor de ochenta y cinco; A los academistas remitida
Del museo del inclito Malara
Presente el ilustrissimo de Jelves !.
IL y avait à cette époque quatorze ans que Malara était mort et nous ignorons à quelle occasion fut opéré ce transfert : peut-être la veuve de Malara lui survécut-elle jusqu'à cette date et conserva-t-elle jusqu'à sa mort les objets confiés à son mari.
Herrera, comme nous l’avons vu, dut entrer de bonne heure en rapports avec Malara ; il lui adressait, tandis que ce dernier s’occupait encore de son poème sur les Travaux d Hercule, une élégie *, qu'il avait particulièrement travallée, si l’on en juge par le fait qu'il en a cité quelques vers dans son Commentaire sur Garcilasso. Cette élégie
1. Il ne s’agit pas ici de don Âlvaro de Portugal, Ile comte de Gelves, mort en 1581, mais de son fils don Jorge Alberto, IIIe comte de (xelves.
2, Élégie 6 du livre I de l’édition de 1619. Herrera en a cité les vers 46- 48, p. 149 de son Commentaire.
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doit être assez ancienne d’ailleurs, car Herrera y souhaite à son ami de connaître un jour et de chanter l'amour qui pourrait l'immortaliser, ce qui semble indiquer qu'il n'était pas encore marié: or c’est en 1557 que Malara épousa D* Maria de Ojeda. D'autre part, au vers 100, le poète parle de Gutierre de Cetina, qu'il désigne sous son nom poétique de Vandalio, comme ne vivant plus sur les bords du Guadalquivir : « Elle vivra, la passion douloureuse et obstinée de Vandalio, ainsi que les purs accents de son chant qu’en murmurant écoutait le profond Bétis. Vivira de Vandalio la portia la aquejada passion 1 el puro canto que murmurando Bétis hondo oïa (v. 100-103).
A cette époque, en effet, Cetina était déjà reparti pour l'Amérique : cette élégie serait donc antérieure à 1557.
Lorsque Malara mourut, son ami lui consacra une autre élégie ‘ que Pacheco nous a conservée dans son Livre des Portraits et qui, malgré son emphase et l’abus des exclamations qui la déparent, témoigne d’une réelle affhction. Peu après sa mort Herrera parlait encore de lui avec respect dans sa Relation de la querre de Chypre (1572) où il le quahfiait de « savant lettré, des plus cultivés et des plus élégants * ». Deux fois il fit de lui une mention élo-
1. Gette élégie se trouve dans l’édition de Castro (Livre II. Élégie 16, p. 339). Les vers 67-72 sont cités dans le Commentaire sur Garcilasso, p. 314.
2. « El de Austria estaba en la hermosa galera Real que tres años äntes habia mandado acabar en Barcelona D. Diego Hurtado de Mendoza, duque de Francavilla y virey de Catalunia y de aquel fuerte y liviano pino de los montes catalanes, cuya popa labrô en Sevilla Juan Batista Vasques escullor, y la adorné de ingeniosas y varias historias y figuras egicias Juan de Malara, hombre doto en las letras, de mas policia y elegancia. » (Relacion de la guerra de Cipre, etc., ch. xvuir, p. 320 du tome XXI de la Colecciôn de documentos histôricos para la historia de España.)
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gieuse dans son Commentaire sur Garcilasso, la première en cilant quelques vers d’un sonnet dans lequel Malara avait imité Garcilasso et en déclarant que le grand humaniste avait été un de ceux qui l'avaient le plus encouragé à entreprendre et à achever ce Commentaire : la seconde pour s’excuser de ne pas adopter sa théorie sur l'ordre des mots, malgré le respect profond qu'il avait pour son érudition ‘. |
Herrera fut aussi intimement lié avec le beau-frère de Malara, Dieco Giréx. Insigne humaniste lui aussi, traducteur d'Ésope en lan, Girôn fit passer en espagnol nombre des fragments de poètes latins que son ami citait dans son Commentaire. À la mort de Malara en 1571 1l lui succéda dans $a chaire et Le poète Juan de la Cueva lui adressait à cette occasion un sonnet élogieux, de même qu'il devait déplorer dans une élégie sa mort survenue le 24: janvier 1990. : |
Il semble que Girén s'était passionné, comme Herrera, pour les réformes orthographiques ; en effet Juan de la Cuéva, écrivant au Jurat Rodrigo Suärez à propos des Commentaires sur la querre de Porlugal que ce magistrat
1. Mas porqueJuan de Malara, en cuya muerte perdieron Jas buenas letras mucha parte de su valor 1 nobleza ; que fue uno de los que mas me persuadieron, que passasse adelante con este trabajo, imtd este Soneto de G. L...» (Obras de Garculaso de la Vega con Anotaciwones de Fernando de Herrera. Séville, 1580, p. 80.) :
À propos du vers 73 de la re Élégie de Garcilasso : Como en luztentes de cristal coluna, Herrera écrit: «soha dezr Juan de Malara, 4 era este duro modo de hablar ; por estar entrepuesto entre el ayuntado 1 el sustantivo el cristal : 1 trayendole yo este lugar de Bembo, — Questa del nostro Lilo antuca sponda ; — dez1a que no se podia salvar con el; porque el articulo apartado no oscurece tanto el sentido, n1 haze tanta afetacion. mas aunque siempre tuve su oprmo por cierla regla por su mucha erudic16 1 dotrina ; no la segur en esta parte, por parecerme q desta suerte se haza la oraci0 mas figurada 1 hermosa. » (Commentaire, p. 307-308.)