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Un premier pamphlet fut dirigé contre Herrera à propos de son Commentaire: nous ignorons quel en était l'auteur ; mais il se cachait sous le pseudonyme de Damasio. (Ge personnage feignait d'écrire de Valladolid à un orfèvre de Séville une lettre dans laquelle il attaquait le Commentaire de Herrera. Il est évident que c'élait un Castllan qui vengeait sur les Andalous ce qu'il considérat comme une attaque sacrilège contre son compatriote Garcilasso. Herrera prétend n'avoir tenu aucun compte de cette attaque‘: mais un autre adversaire plus redoutable allait le faire sortir de son calme.
Un second pamphlet parut en effet bientôt sous le titre d' «Observations du Prétre Jacopin, habitant de Burgos, pour défendre le Prince des poètes castillans, Garcilasso de la Vega, habilant de Tolède, contre les annotations à ses œuvres que fit Fernando de Herrera, poète sévillan”. » L'antagonisme entre le Nord et le Midi apparaissait nettement dès le ütre.
moriens sitit aëris herba, — De quien Herrera lo tomé sin hazer mencion de quien tambien le merecia : cosa que como obserüada con cuidado en todo su gran libro dio occasion a muchos de culpar con razon la ingenuidad de tan buen ingenio como el suio..…, etc.» (Tamayo de Vargas, p. 78P à propos de l’Églogue TI. Stance 43.) La note de Herrera se trouve p. 687-688 de son Commentaire.
1. « perdone Dios 4 Don Diego de Mendoza aber traido de ÿtaha este género d’escrebir. Por que dié atreuimiento 4 Damazio para dezir mal del ynbentario de billegas, con aquel donaire que tiene en todas sus cossas, y después para juzgar estas Anotaziones en vna muy prolija carta que embi6 desde balladolid 4 vn platero qu’estaba en Sebilla que 4 buena razon no debia ser tan letrado como V. R. con que os quité la gloria de auer sido el primero Reprehensor dellas : aunque 6 sea la seguridad de conzienzia 6 otra causa f. de IE. a hecho del el mesmo casso que de bos. » (Réponse de Herrera. Kdition des Bibliophiles andalous, p. 69.)
>. Observaciones del Licenciado Prete Jacopin vecino de Burgos. En defensa del Principe de los poetas Gastellanos Garoi Lasso de la Vega, vecino de Toledo, contra las Anotaciones que hizo à sus obras Fernando de Herrera, Poela Sevillano.
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L'auteur de ce libelle était un très grand personnage, D. Juan Fernändez de Velasco, fils du connétable de Casülle D. fñigo, à qui il succéda en 1585. Très épris de littérature classique, 1l était en rapports étroits avec Francisco Sänchez et regarda sans doute comme un outrage à son ami le silence fait sur son nom, et comme une injustice à l'égard des Castillans le dédain avec lequel Herrera, dans son Commentaire, avait affecté d'ignorer les poètes de l’école de Salamanque.
L'attribution de ce pamphlet à D. Juan Fernändez de Velasco se justifie aisément. Tout indique en effet que l’auteur en fut un connétable de Castille. Juan de Robles dans son Cullo sevillano se faisait l'écho de cette opinion, sans Spécifier, 1l est vrai, de quel connétable il s'agissait". Or deux connétables de Castille vécurent au temps de Herrera: le premier, D. Iñigo Fernändez de Velasco y Tobar, IV° duc de Frias, IF marquis de Berlanga, VI® comte de Haro succéda à son oncle D. Pedro: Fernändez de Velasco, mort à Valladolid le 12 novembre 1509; il épousa en premières noces D* Maria Girôn, fille de D. Pedro Téllez Girôn; IE comte d'Ureña, et de D* Mencia de Guzmän, et, en secondes noces, D* Ana de Guzmän, fille de D. Juan Alonso de Guzmän, VI‘ duc de Medina Sidonia, et de D* Ana de Aragôn. Il mourut à Valladolid le 22 juillet 1585. Le second fut D. Juan Fernändez de Velasco y Tobar, V° duc de Frias, IV° mar-
1. « El ser tan de paso no nos daré agora lugar. Mas algunos papeles hay curiosos que pueden ser exemplo. Y no es el menor la censura que el Condestable hizo a las Anotaciones debajo del nombre de Prete Jacopin, la respuesta que le dié Fernando de Herrera, y la que hizo del libro de la historia de la China de Fr. Juan Gonzalez de Mendoza en nombre del Soldado de Cäceres. » (Juan de Robles. El Cullo sevillano. Édition des Bibliophiles Andalous.)
quis de Berlanga, VIT comte de Haro, ete.., fils de Don ñigo et de D*' Ana sa seconde femme. Il se maria en premières noces avec D° Maria Girôn, fille de D. Pedro Téllez Girén, premier due d'Osuna, et de D‘ Leonor de Guzmän sa première femme ; en secondes noces avec
D* Juana de Cérdoba y Aragôn, fille de D. Luis Fernän-
dez de Cordoba, Cardona y Aragén et de D* Ana Enri-
quez de Mendoza. Il fut gouverneur et capitaine général de Milan, président du Conseil d'Italie et ambassadeur en Angleterre. Il mourut à Madrid le 15 mars 1613.
Il est difficile d'attribuer au premier de ces personnages le pamphlet de Prete Jacopin, puisqu'il fut en même temps l’auteur de l’Invective du soldat de Cäceres, contre l'ouvrage de Fr. Juan Gonzälez de Mendoza intitulé: « Historia de las cosas mas notables, rilos y costumbres del gran reino de 1a China, ete... » Or ce livre parut à Rome en 1585, l'année même où don fñigo mourait à Valladolid, et ne fut édité à Madrid qu'en 1586. D'ailleurs le marquis de Morante dans son Catalogus librorum, à propos de l'édition de Garcilasso qu'avait faite Francisco Sanchez, fait remarquer que ce dernier était intimement lié avec D. Juan de Velasco, comme le prouve une lettre latine que le Connétable lui écrivait pour l’inviter à venir passer quelques jours à Villalpando, et lui demander quelques éclaircissements sur certains passages d'auteurs latins. C’est donc à D. Juan qu'il convient d'attribuer le pamphlet de Prete Jacopin.
Sans le citer expressément dans la réponse qu'il fit à son adversaire, Herrera le désigne assez clairement par des allusions peu délicates à son titre de comte de Hlaro. Ï1 lui cite des vers outrageants pour la mémoire d'un de ses ancêtres accusé de poltronnerie: « Jaune comme la
cire était le comte de Haro qui cherchaittous les prétextes pour ne pas passer la rivière, etc... »
Amarillo como cera estaua el conde de Haro buscando todo reparo
por no pasar la ribera ; desque vido la manera como el señor Rey pasaua tan gordos pedos tiraua que se oyan en Talauera”.
Et ailleurs il reprend la même accusation : € Puisque je songe à ce que dit D: Francesillo® du comte de Haro,
je vous le veux raconter: en effet comme cela touche à votre pays, vous en aurez contentement : à propos de l'affaire de Tordesillas, 1l disait que le comte avait rendu plus de services au roi dans cette circonstance que tout le monde réuni, parce qu'il avait par sa froideur calmé nos gens et rafraichi le camp”*. »
Il lui cite enfin un certain nombre de mauvais vers d'un certain comte de Haro, traducteur d’Anacréon, qui semble bien être son adversaire‘.