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Quoi qu'il en soit, Prete Jacopin fait preuve d’une verve souvent fort plaisante et formule, à plus d’une reprise, des critiques fort justifiées, 1l faut l'avouer, contre Herrera. En quarante-cinq observations 1l lui reproche d’avoir ramassé contre l'infortuné Garcilasso les accusations les plus disparates qui lui sont tombées sous la main, (comme un homme qui combat du haut de son toit, en lançant à ses ennemis le fragment de tuile, le vieux soulier, la marmite cassée, le couteau rouillé, la culotte moisie, la pie ou le chat mort'. » :
L’emphase de sa victime et l’abus qu'il fait trop souvent des épithètes lui fournissent un thème inépuisable de railleries. Dans une note au sonnet xxxv de Garcilasso, à propos de l'expression « la llama licenciosa » Herrera avait eu l'imprudence d'écrire : (terme élevé, significatif, plein, harmonieux, propre, bien composé, bien accentué, au son héroïque, et qui mérite d’être fort employé; et quiconque le rejettera pèchera par ignorance » ; € voz alta, sumficante, rotunda, armoniosa, propria, bien compuesta, de buen assiento 1 de sonido eroico, 1 dina de ser mur usada, 1 quien la rehusäre pecarà de inorancia* ». Aussitôt le malicieux Prete Jacopin lui déclare que son Commentaire est un livre « élevé, grave, poli, sévère, enflé, docte, arrondi, fameux, grandiloquent, sonore, généreux, doux, héroïque, pur, tempéré, significatif, amoureux, propre, fondé, divin [par allusion au titre de divin donné à Herrera], bien accentué et digne d’être fort pratiqué »; « un libro tan alto, grave, terso,
r. « antes dicen los que lo an visto que os uvistes en él como quien pelea de texado, que arroja al enemigo el pedazo de la teja, el zapato viejo, la olla quebrada, el cuchillo mohoso, la bragueta mugrienta, la picaza 6 gato
muerto. » (Prete Jacopin, I, p. 3.) 2. Commentaire, p. 214.
severo, hinchado, docto, rotundo, famoso, grandiloquo, sonante, generoso, dulce, her6ico, puro, templado, Sin1ficante, amoroso, proprio; fundado, ee de buen assiento y digno de ser muy usado"”
Il l’accuse d’avoir dit ailleurs que {ne sont pas bonnes les paroles humbles, enflées, lentes, luxuriantes, tristes, excessives, molles et sans sonorité; mais celles qui sont propres, hautes, graves, pleines, gaies, sévères, grandes et sonores et les mots propres qui sont généreux »; € no son buenas palabras umildes, hinchadas, tardas, luxuriosas, tristes, demasiadas, floxas, 1 sin sonido ; sino proprias, allas, graves, Îlenas, alegres, severas, grandes, 1 sonantes, 1 las proprias que sean generosas ». «Que vous devez éprouver de plaisir, ajoute-t-l, à la lecture de ces phrases sOnores |! Que vous avez dû être satisfait lorsque vous avez dit : « Les dépouilles sacrées de la vénérable antiquité ! » Los sagrados despoxos de la veneranda antigüedad*. »
Il lui reproche de manquer d'origmalité, de n'être que le singe de Jules César Scaliger dont il copie les’ traités qui portent les noms de Criticus et d'Hypercriticus *. La poétique de J.-C. Scaliger avait en effet paru à Lyon en 1561. Et il faut reconnaître que, sur ce point, Prete Jacopin se montra généreux en n'insistant pas davantage. M. Menéndez y Pelayo s’indigne de cette accusation de plagiat portée contre Herrera ‘, et assurément il y a, dans
1. Prele Jacopin, 1, p. 8. — 1 lui reproche encore ces mêmes expressions
dans l’Observation XXXIV, p. 47.
: Prete Jacopin XXXIV, p. 47.
. « Quando veo la libertad con qne reprehendeis 4 Garcilasso y à otros Mie creo sin duda que es por ser mona de aquellos libros Critico 6 Hipercritico, del doctissimo y agudo Julio Scaligero que tan justamente merece estos nombres. » (Preéte ere VIT p.17.)
4. « No puedo Ilevar con paciencia 4 io detractores de este insigne va-
le commentaire sur Gareilasso, autre chose que des frag- -ments de Scaliger ; on y trouve des jugements personnels, des théories esthétiques intéressantes ; mais il n’en reste pas moins que Herrera démarquait Scaliger avec un sansgène assez singulier. Je n'en donnerai qu'un exemple, pris entre beaucoup d’autres, pour montrer la façon dont notre commentateur, traduisait, en les amplifiant légèrement, les défimtions de cet érudit.
Herrera. (Commentaire, p. 119- SGALIGER. Poétique. Livre IV,
120.) .… la oracion pura es diwersa de l« propria ; que la propriedad es por causa de la pureza, x deve eslar stempre la propriedad en loda parte, pero no à de aver Stempre, mn conviene, en loda parle la puridad. la cual es (lamando la desta manera por la necessidad de la lengua en <osas semejantes) desnudeza, cuando no se mescla ornamenlo, n1 adereço alguno. es mur comun a la forma à
ch>-xHy: (Édition de 1582.) Diuersa est puritas a proprietate. Proprietas enim ilhus causa. ac proprietas vhique esse debet ; Puritas non vbique. Est. n. Puritas nuditas, cùm mhil ornamenti admiscetur. KFrequens tenui Characteri, non perpetua tamen. elaboratus. n. aliquando est. Differt autem a simplicitate quæ propria est infimi: propterea quèd simplex oralio est, quæ rem
ponit sine causa, sine circunstantis :
pura autem etiam hæc ponet, sine ornamentis tamen.
eshlo delgado, pero no perpelua. por- “que algunas vezes parece trabayada, 1 compuesta. mas dufiere de la simplicidad, que es propria del esulo imfimo.
porque la oracion sunple es aquella, que pone delante los olos jo que trata sin causa, Sun etrcunstancias ; pero la pura pondra estas, mas sin orna-
mento.
rén [Herrera], y sobre todo 4 Manuel de Faria y Sousa, que en su comentario 4 las Rimas de Camoens, tanto le maltrata por haber Ilenado un gran libro de cosas en que Garcilasso no pensé. 4 Pues quién no absolverä 4 Herrera, si tiene presente que no se propuso tan sélo facilitar la inteligencia de su poeta, como lo hizo el Brocense, sino que nos dejé en sus notas un verdadero curso de teorfa literaria, no copiada casi 4 la letra de Scaligero, como malignamente dice Faria (4 quien hacia sombra todo lirico que pudiera en algun modo eclipsar el nombre de Camoens) sino llena de observaciones originales, de esas, que solo los artistas saben hacer cuando juzgan ä otros artistas ? » (Menéndez y Pelayo. Historia de las ideas estélicas en España,