‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 77 sur 147 · Canciôn Fde 1582, v · texte numérisé non relu

Canciôn Fde 1582, v

Il a eu l’occasion de parler ailleurs de Lépante, dans sa Relation de la bataille navale, et il a certainement senti plus que personne la grandeur de ce triomphe : mais, plus qu'une victoire chrétienne, il y voit une victoire espagnole dont la conséquence inéluctable devait être d'assurer en Orient, comme elle l'était déjà en Europe, la suprématie de l'Espagne.

La même tendance se retrouve dans le petit opuscule qu'il consacrait, en 1992, au chancelier d'Angleterre Thomas Morus, mort sur l'échafaud pour être resté fidèle à sa fo. Il semblerait que l'idée mystique dût prédominer dans un pareil ouvrage : il n’en est rien. Ce que Herrera admire dans Morus c'est le bel exemple d'une existence noble et digne, c’est l'énergie d’un . honnête homme qui sacrifie sa vie pour obéir à la voix de sa conscience plus encore qu’à celle de la religion.

C’est en effet ce quiest grand, ce qui est fort, ce qui est tendu, qui l’attire invinciblement.

IL semblerait que la riante nature qui l’entourait

aurait pu inspirer à un poète amoureux quelques vers, tout embaumés du parfum des fleurs et tout vibrants de soleil. N'était-il pas naturel qu'il nous montrât la huerta de Gelves où, sous leur dôme arrondi d'un vert sombre, les orangers abritaient leurs troncs espacés, tandis que leurs fleurs délicates enivraient le promeneur de leur parfum subtil et pénétrant? ou le pare du palais, dont les buis, les cyprès et les 1fs exhalaient sous l’ardent soleil leurs aromes vénéneux ? Sans doute 1la célébré les fleurs et leurs parfums, la verdure, l’ombre si précieuse dans ce climat brûlant; mais il ne l’a jamais fait qu'en passant, et d’une manière en quelque sorte abstraite qui rappelle les descriptions classiques de nos trouvères.

En mai estoie, ce sonjoie, El tens amoreus plein de joie, El tens ou tote riens s’esgaie, Que l’on ne voit boisson ne haie Qui en mai parer ne se voille, Et covrir de novèle foille ; Li bois recovrent la verdure, Qui sont sec tout com yvers dure; La terre meïsmes s’orgoille, Por la rosée qui la moille Et oblie la poverté Ou èle a tot l’yver esté”.

Ainsi parlait Guillaume de Lorris. Herrera veut-il décrire, lui aussi, le réveil de la nature, qu'il est loin de l'examiner pour elle-même ! « Déjà les frimas importuns et l’odieuse gelée dépouillent de sa beauté brillante la terre bigarrée, et tristement le ciel lumineux s’assombrit de nuées obscures. Mais, Pacheco, ce même sol affreux reverdit et montre pompeusement sa richesse, et la dureté du marbre blanc est amollie par le vol tiède de Favonius. »

Ya el ngor importuno 1 grave 1elo desnuda los esmaltes 1 belleza de la pintada terra, 1 con tristeza s’ofende en miebla oscura el claro celo.

Mas, Pacheco, este mesmo orrido. suelo reverdece, 1 pomposo su riqueza muestra ; 1 del blanco marmol la dureza desata de Favomo el tibio buelo.

(Sonnet 65 de 1582, v. 1-8.)

Sa vision de la nature est en effet toute littéraire: il ne la décrit que pour l’associer à ses sentiments ou pour en

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