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de l’Europe ; ce sont en même temps des humanistes, des philosophes, des hommes versés dans toutes les connaissances scientifiques, au sens que nous donnerions aujourd'hui à ce mot. Il suffit de rappeler les noms de Cardan (1501-1556), de Copernic (1473-1543), de Paracelse (1493-1541), de Girolamo Fracastoro (1483-1553), le fameux médecin de Vérone, dont les vers latins ravissent d’admiration Herrera, en la circonstance, d’ailleurs, fidèle écho de Scaliger ; de Conrad Gesner (1516-1565) éditeur d'auteurs grecs comme Élien (dont Herrera parle souvent), etqui avait publié une grande Hisloire des animaux : de Guillaume Rondelet de Montpellier (1507-1566), fondateur de l’ichthyologie; d’André Vésale (1514-1564) fameux par son traité De corporis humani fabrica ; et de tant d’autres qui, obscurs aujourd'hui, brillaent au xvi‘ siècle d'un vif éclat.
De tous ces noms illustres, 1l faut reconnaitre que la plupart sont inconnus de Herrera. Cependant il aurait pu en entendre parler par ses amis qui, sans aucun doute, possédèrent quelques-uns des ouvrages de ces savants ; cest ainsi que Barahona de Soto, dont la Bibliothèque avait été inventoriée, lors de son décès, dans un acte que M. Rodriguez Marin a retrouvé et publié, possédait plusieurs de ces livres qu'il aurait pu communiquer à Herrera; cependant celui-c1 ne paraît connaître que Cardan', dont il cite avec éloge les Commentaires sur les Aphorismes d'Hippocrate, et Fracastor? dont il ne parle guère que comme poète latin. ù
1. « Cardano en los dotissimos hbros, que escrino sobre los aforismos de Ipocrates. » (Commentaire sur Garcilasso, p. 225.) — Cardan est encore cité p. 305, 357, 56r, 564, 627 du Commentaire.
2. Fracastor est cité p. 152, 310, 330, 339, 617 du Gommentaire.
Les-sources habituelles de Herrera sont plus solennelles et moins récentes : il en est encore aux auteurs anciens. Anstote et ses commentateurs, Pline l'Ancien, Dioscoride: et ses théories physiologiques s’en ressentent.
C'est ainsi qu'il admet, ce qui n’est pas étonnant, il est vrai, à cette époque, la théorie des esprits vitaux, à l'appui de laquelle il invoque le témoignage d'Albert le Grand. Après avoir longuement discuté sur la substance de ces esprits, il expose que certains les répartissent en trois espèces : esprits vitaux, animaux et naturels. « Les esprits vitaux, sans conteste, naissent du cœur et se répandent par le moyen des artères. Les esprits naturels, selon les philosophes, se répandent par le moyen des veines et naissent du cœur, bien qu'ils ne reçoivent leur forme parfaite que dans le foie. Les esprits animaux naissent du cœur, atteignent leur perfection dans le cerveau et se répandent par le moyen des nerfs. Mais les meilleurs médecins et philosophes sont d’un autre avis et supposent deux sortes d’esprits : l'esprit vital qui est dans le cœur, l'esprit animal qui est dans le ventricule du cerveau ; parce que l'esprit naturel est le même que l'esprit vital et ne s’en distingue pas”. »
S'il explique ce que c’est que le sang, il invoque Aris- tote, Galien, Hippocrate, et affirme qu’Aristote a raison contre Galien lorsqu'il déclare que le sang reçoit sa per-
1. « Los vitales sin contradiaon alguna nacen del coraçon, 1 se esparzen por las arterias. Los naturales, segun los filosofos, se esparzen por las venas, 1 nacen del coraçon, aunque reciben la perfecion en el higado. Los animales nacen del coraçon, 1 se perfecionan en el celebro, 1 se esparzen por los mervos. Pero otra opinion siguen los meyores medicos 1 filosofos, que ponen dos suertes de espiritus ; vital, que està en el coraçon ; animal, que en el ventriculé del celebro ; porque el natural es el mesmo, que el vital, 1 no se distingue del. » (Commentaire, p. 114.)