‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 82 sur 147 · AE · texte numérisé non relu

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tion des veines du cerveau par les vapeurs froides ou humides des aliments, de la boisson ou du poison ; et cette réplétion se fait autour de cet admirable enchevétrement et de cette liaison des artères dans les enveloppes du cerveau ou les veines des tempes : le sommeil naît surtout du refroidissement des esprits près du cœur et des organes des sens ; alors tous les sens s'engourdissent, et seule, la pensée n'étant plus liée à aucun organe, se fatigue et s’affhge des rêves qu'elle croit présager l'avenir. Ainsi les effluves et les vapeurs humides montant à la têle lorsqu'on dort, et fermant les chemins par lesquels descendent les esprits, arrivent à enchaîner les sens de telle façon que l'animal ne fait plus aucune œuvre selon sa nature, mais se borne à se nourrir et à se soutenir. Et, lorsque ces humeurs sont dissipées, la raison qu'il avait perdue lui revient etil peut agir d’après ses lois’. »

« Les songes sont, comme le dit Aristote, les restes des choses que nous percevons par les sens durant la veille. Et comme ces choses ne s’évanouissent pas aussitôt qu'elles ont cessé d’agir sur les sens, mais persistent pendant un certain temps,-de même que, si l’on touche el secoue un

1. « Esenive Galeno en el 2. de temperamentos, 1 en el 2. de locis affects, & proviene el sueño de la replecio de las venas del celebro, co los vapores frios o umidos del mantemmuento, o de la bevida, o del farmaco, 1 esta repleao se haze entorno de aquella admurable travazon 1 cohgadura de las arterias en los pamceulos del celebro, o venas de las sienes; 1 mayormente nace del enfrrannento de los espinitus circa del coraçon 1 de los organos de los sentidos ; 1 entonces se entorpecen todos los sentidos ; 1 sola la mete no enlazada con algun organo, se fatiga 1 congoxa con los ensueños q finge, presaga de lo futuro. desta manera subiendo los humos 1 vapores unudos a la cabeça, cuando duerme alguno, 1 cerrando las vias, por las cuales detienden los espiritus ; vienen 4 hgar los sentimientos de suerte, 4 entoces el animal no exerce alguna obra segun su naturaleza ; mas solo se cria 1 sustenta. 1 despues q son gastados aquellos umores, torna en el la razon perdida, 1 puede obrar segun clla. » (Commentaire, p. 544.)

objet mobile, il ne s'arrête pas aussitôt qu'on a cessé de le mouvoir et qu'on en a écarté la main, il n'est pas étonnant que se présentent à nous, quand nous dormons, les images des choses que nous avons faites, que nous avons dites ou pensées en veillant... Les songes procèdent de quatre causés : deux sont internes: la première consiste dans les pensées que l'homme a pendant la veille et dans les désirs qu’il a pendant le jour. [Herrera cite à ce propos Thémistius et Apollonius de Tyane d’après Philostrate.] La seconde consiste dans les humeurs du corps et dans sa disposition. Deux autres causes sont externes ; la première est l'impression physique, ou de l'air ou des corps célestes, qui émeuvent et éveillent l'imagination ou la fantaisie de celui qui dort et lui font voir, dans cette imagination, des choses conformes à la disposition des corps célestes. La dernière est toute spirituelle ; c’est lorsque Dieu émeut l'imagination par le ministère des anges et enseigne les hommes par le moyen des songes en leur révélant ses mystères”. »

Ce passage semble indiquer que Herrera croit à l'in-

1. « son los sueños, como dize Anstoteles, rehquias de aquellas cosas, à velando percebimos con el sentido. 1 como estas cosas no desvanescan luego 4 an dexado de 1imprimnur su afeto en los sentidos, pero permanescan en algun tiempo ; de la suerte 4 s1 uno tocäre 1 sacudiere alguna cosa movible; no luego @ dexäre de movella, 1 apartäre la mano, ella se sossiega ; no es admiracion que se nos ofrescan, cuando dormimos, las imagenes de aquellas cosas, que hezimos, o hablamos, o pensamos velando... Proceden los sueños de quatro causas, dos internas ; la primera son los pensamientos, que el omibre haze velando, 1 los desseos, a que està intento en el dia :.., la segunda

son los umores del cuerpo, 1 su disposiaon. de las otras dos causas esternas * :

es la primera la impression corporal, o del aire, o de cuerpos celestes, que mueven 1 despiertan la imaginacion, o la fantrus del que duerme, 1 le haron vêr en aquella maginacion cosas conformes a la disposicion de Vos cuerpos celestes. la ultima es todo espintual, cuado Dios mueve la fantasia con el mumsterio angehico,; 1: amaestra is sueños a los ombres, revelando les sus musterios. » (Commentaire, p. 544-548.)

/ fluence des astres et à l'astrologie, bien qu'il n'en conclue pas à la possibilité de connaître l'avenir.

C’est d’ailleurs une des théories qui semblent l'avoir le plus frappé que celle des songes: on en retrouve la trace dans un passage de ses poésies dont j'aurai l'oécasion de parler plus loin.

L'incertitude de ses connaissances affecte parfois une forme trop naïve pour n'être pas un peu ridicule, par exemple dans ce passage où il essaie de définir la mémoire. «C’est la rétention et la conservation des choses qu'on a apprises, ou cest par quoi l'âme recherche les choses qui ont été,

u, comme pense Aristote, c'est l'imagination des choses que la sensibilité avait perçues et qui est le simulacre des choses qui ont donné naissance à cette imagination. Ou bien, c’est une force, ou une affection du sens commun, par laquelle nous regardons dans lâme, comme si nous étions présents, les choses passées et celles que nous comprenons ou quenous percevons par les sens. Ou c’est une vision ou contemplation (si l'on me permet de m'exprimer ainsi, puisque je ne trouve pas d’autre façon de l'expliquer) de la forme, conçue dans l'âme, des choses passées et perçues par les sens ou par l'entendement. M. Tullius dans la première Tusculane dit, d'après Platon, que la mémoire est un souvenir de la vie passée. Elle est située dans la dernière partie du cerveau, car l'imagination occupe la première, et la pensée le milieu ; la faculté d'1maginer ou d'opinion est un des sens internes qui sont l'imagination, la pensée, la mémoire, l'opinion et l'intui- Éoh >. Ils s'appellent internes à la différence des sens

externes qui sont voir et entendre. ete..." »

I. «es una retencion 1 conservacion de aquellas cosas, que uno aprendio,

OS

IL est évident que Herrera ne se trouve pas à son aise au milieu de toutes ces théories, entre lesquelles il ne peut se décider à faire un choix : on ne peut s s'empêcher de trouver qu'il les expose trop longuement et surtout bien inutilement.

Ses connaissances en physique ou en histoire naturelle ne sont pas moins superficielles et moins livresques ; elles sont d'ailleurs empruntées aux mêmes sources.

S'il parle de l’eau, 1l suit Cardan et Oribase, et explique avec une confiance admirable pourquoi, par exemple, l'eau des sources et des puits paraît chaude en hiver et froide en été. «C'est le résultat, dit-il, de la force du froid dans les cavernes de la terre. Car en hiver les pores de la terre sont tellement joints et resserrés par la rigueur du froid que les exhalaisons et les vapeurs chaudes, ne trouvant pas d'issue, restent enfermées à l'intérieur de la terre et réchauffent l’eau : on les voit s'exhaler quand l'eau sort. Au contraire, en été, la porosité de la terre s'ouvrant, donne passage aux vapeurs et aux exhalaisons qui peuvent se produire en dehors : ainsi le froid des cavernes, étant for-

0 por quen el ammo repite las cosas, que fueron; © (coma piensa Anstoteles) es imaginacion de aquellas cosas, que avia hallado el sentido, come simulacro de aquellas, de quien nac1o la tmaginacion. oes una fuerça, o afecon del sentido comun, con la cual miramos en el animo, como s estu- Yiessemos presentes, las cosas passadas 1 aquellas, o que entendemos, o que percebimos con el sentido ; o es una vista o muranuento (si se sufre dezllo deste modo no hallando otro con que esphcallo) de la forma concebida en el animo de las cosas passadas 1 percebidas con el sentido, o con el entendinuento. M. Tuho en la primera Tusculana dize de sentencra de Platon, que la memona es una recordacion de la vida passada. està puesta en la ultima parte del celebro, por que la imaginacion possee la primera, 1 la cogtacron la del medio. la imaginativa, o eshimativa es uno de les sentidos intenores : que son imaginacion, cogilacion, memoria, opimon 1 consideracion.… Ilaman se interiores a diferencia de los esteriores, que son vêr 1 or etc... » (Commentaire, P: 117-118.)

tüfié par la chaleur extérieure, refroidit les eaux des fontaines et des puits". »

S'il étudie la nature du eristal, quil suppose être de la neige concentrée, 1l s’en remet à Pline, à Diodore de Sicile, à Julius Solinus dont son ami Casas avait traduit les œuvres en 1573, enfin à Cardan®°.

Ce n'est qu'incidemment qu'il parle du diamant et d'une manière qu'il dut bien regretter plus tard : @ IL est faux, dit-il, qu'il ne s’amollisse qu'avec du sang de bouc ; car on en voit beaucoup mis en morceau par le marteau”. » Cette phrase bizarre eut le don d’exciter la verve de son malicieux adversaire le Prete Jacopin. « Vous êtes universel en toutes choses. lui disait-1l, puisque vous traitez aussi des vertus naturelles, et vous moquez de ceux qui croient que le diamant s'amollit avec du sang de bouc ; et pour cela vous faites un enthymème qui confirme l'opinion que Jai de votre Dialectique... Je n'ai jamais vu pareille sottise ! Votre argumentation se ramène à ceci: 1l se brise sous le marteau, donc il ne s'attendrit pas seulement avec le sang de bouc. Cette conséquence vous paraît-elle bonne ? Ne savez-vous pas S' Herrera que la conséquence, définie formellement, est un cas particulier de la proposition subséquente à la précédente, comme sinous

1. « la causa por que las fuentes 1 pozos son cahientes en 1vierno 1 frios en el estio, procede de la fuerça del frio en las cavernas de la terra, porque estan en el iierno tan Juntos 1 apretados los poros de la üerra por el rigor del

fnio ; que las esalaciones 1 vapores cahentes, no hallando sahda quedan cerrados dentro de la üerra, 1 buelven cahente l’agua, en la sahda de la cual se yên esalar. al contrario abriendo se en el esto la porosidad de la berra, dan passo a los vapores 1 esalaciones ; que pucden respirar ; de donde foruficado el frio de las cavernas por el calor esterior, enfria las aguas de las fuetes 1 pozos. » (Commentaire, p. 538.)

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