‹ Fernando de Herrera (El Divino) 1534-1597Chapitre 86 sur 147 · J’ignore de quel affluent du Danube veut parler Herrera · texte numérisé non relu

J’ignore de quel affluent du Danube veut parler Herrera

gen, patrie d'Albert le Grand, par Donauwerth, Ingolstadt, Ratisbonne, la Bavière, l'Autriche et la Hongrie, accru de soixante cours d’eau navigables et laissant entre sa source et les embouchures par lesquelles il entre dans la mer, selon ce que dit Vico Mercato au deuxième livre des Méléores, un espace de vingt-six degrés : il est si large et si abondant lorsqu'il se jette dans la vaste mer qui, en d'autres temps, s’appela Pont-Euxin, que, sur un espace de quarante milles ou davantage, il ne se mélange pas à la mer, nine perd sa douceur; mais il reste dans la mer, toujours compact et uni à lui-même. Quoique Claudien et d’autres aient cru qu'il prenait sa source en Rhétie, la vérité est qu'il naît en Souabe. Le même Vico Mercato dit, dans les Méléores, que la source du Danube est enfermée entre quatre petits murs de vingt-six pieds environ de long sur dix-huit de large et qui se trouvent à l'intérieur de la ville, sur un terrain plat et fort éloigné des montagnes ; mais que c’est seulement au Nord que le sol s'élève de sept ou huit coudées et qu'à la base de cette éminence coule la source. Les bouches par lesquelles 1l entre dans la mer,'selon Méla dans son livre 2, Solinus dans son ch. 23, Strabon dans son livre 7, Ptolémée, Ammien Marcellin, Valérius Flaccus, Ovide dans ses Tristes, et Stace dans le cinquième livre des Silves, sont au nombre de sept. Pline et Cornelius Tacite lui en donnent six ; Hérodoté, Arrien, Denys, Avienus et Claudien cinq; et cette différence (dit Jean Camerte) provient de ce que la cinquième bouche et la sixième sont plus faibles et plus lentes que les autres: et la septième, d'après Solinus, est lente et paresseuse et ressemble à un marais, loin de pouvoir se comparer à un fleuve. »

I est évident qu'en ces matières, Herrera cherchait pa-

ot

tiemment l'exactitude, s'ilne l'atteignait pas toujours. Aussi Francisco de Rioja, dans sa préface à l'édition de Pacheco, après avoir signalé que notre poète avait soigneusement étudié la géographie antique et moderne, ajoute-t-1l que, lorsqu'il a l’occasion d’en parler, c’est à bon escient qu'il le fait. & Ainsi l’on pourrait le taxer d’ignorance pour avoir appelé Indiens les peuples qui boivent l'eau du Nil, en disant dans l’élégie à don Pedro de Züñiga :

Do el Indo beve el Nilo, 1 se colora Serà con mas estima venerado.

Alors qué c'est une imitation de Virgile qui a dit dans son quatrième hvre des Géorgiques :

Quaque pharetratæ vicinia Persidis urguet,

Et viridem Ægyptum nigra fecundat harena,

Et diversa ruens septem discurrit in ora

Usque coloratis amnis devexus ab Indis. (V. 290-293.)

« Et non seulement Virgile, mais quelques-uns des écrivains anciens, de sorte que, sur ce point, personne ne trouvera rien à reprendre dans ses vers’. »

La préoccupation de l'exactitude scienüfique n’abandonnait en effet jamais notre poète. C'est ainsi que dans l’élégie IV de 1582, adressée à Francisco de Medina, c'était en conformité avec l'opinion qui voulait que ce fût la terre qui contint la mer et non la mer qui entourût la

terre, qu'il avait éerit: «€ Les infinis espaces de la vaste mer, la terre immense qui refrène ses flots, sont un séjour fini pour le trésor que j'adore. » |

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