PORC
no torna; Ô mortal suerte, à breve gloria !
Mas sola la virtud nos assegura;
qu’el tiempo avaro, aunqu’esta flor destruye,
contra ella nunca osù intentar vitoria”.
Le chanoine savait d'ailleurs faire preuve d’enjouement, et ce n’est pas sans quelque surprise que l’on trouve parmi ses œuvres inédites une satire Contre la mauvaise poésie”, dans laquelle on voit le Divin Herrera se disputer avec les poètes, ses confrères, pour s'emparer de la royauté poétique qu'il réclame en termes assez peu modestes. IL est à croire que Pacheco se garda bien de montrer cette irrévérencieuse salire à son ami qui devait être assez ombrageux; quoi qu'il en soit, il continua pendant toute sa vie à lui servir de conseiller officieux et lui survécut deux années encore: 1l mourut en 1599.
Ce fut sans doute chez son ami le chanoine que Herrera fit connaissance de deux des plus illustres prédicateurs de son temps: Fray Acusrin Sazucro et le maestro Fray Juan de Espinosa. Le premier était compatriote du chanoine, car il était né à Jerez; 1l appartenait à l’ordre de Saint-Dominique et acquit une réputation assez grande pour devenir chapelain de Philippe IT et visiteur de l'Ordre de la Merci dans la province d’Andalousie ; il avait écrit un discours sur la pureté de la race, des Con-
1. Ce sonnet est le 65e de l'édition de 1582 ; il manque dans l'édition de Pacheco, ce qui est vraiment étrange. Quoique rien dans ce poème ne marque qu'il s'adresse au chanoine plutôt qu’au peintre, la date de 1582 ne permet de le rapporter qu’au premier.
2, « Tienen contienda qual sera el Prim° — de aquesta monarquia Poderosa — herrera dize mio es el ymperio — no quiere dueñas ni consiente Santos — tambien haze motin Por si el gorrero — Asense de las greñas y los mantos — Îlamanse de judios hideputas — No mienten los poetas ensus cantos. — (Manuscrit 4256 de la Bibliothèque Nationale de Madrid, p. 293. — Salira contra la mala poesia del Lido Franco Pco.)
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seils aux prédicalteurs et un Traité des poids el mesures de l'Écrilture sainte qu'il dédia en 1594 au doyen de Mälaga Alfonso de Torres'. Nous ignorons la date de sa naissance et celle de sa mort.
Fray Juan DE Esrinosa ?, dont le Livre des Portraits nous à conservé la physionomie virile, d’où se dégage une impression saisissante de force et de facilité, naquit à Séville en 1525 d’une famille noble et riche. Entré de bonne heure dans l'Ordre de Saint-Dominique, 1l fit de fortes études à Paris et à Louvain où il eut pour maître Cornélius Jansénius. Après avoir pris ses grades à Bologne, il revint à Séville et y enseigna l’Écriture Sainte avec un succès prodigieux. Il ne réussissait pas moins comme prédicateur : le & Démosthène chrétien », comme l’appelait un de ses panégyristes, groupa pendant quarante ans au pied de sa chaire tout ce que Séville contenait de distingué : ecclésiastiques et savants se pressaient à ses sermons et les prenaient même par écrit. Aussi lorsque l’on transporta solennellement les reliques de saint Ferdinand de l’ancienne chapelle où elles reposaient à la -. nouvelle chapelle royale, le 15 juin 1579, avec une solennité dont l’annaliste Ortiz de Züñiga nous a donné
1 Pacheco dans son Libro de Retratos (Éloge de Herrera) cite comme amis de Herrera : « los insignes Predicadores frai Agustin Salucio, i frai Juan de Espinosa. » — Nicoläs Antonio dans sa Bibliotheca Hispana nova écrit à propos de Fr. Agustin Salucio : « Ejus nomine inscribitur : un discurso acerca de la justitia y buen gobierno de España en quanto 4 los estatutos de limpieza de sangre, ÿ si conviene 6 no, alguna limitacion en ellos ». Gallardo dans son Ænsayo de una Biblioteca de libros raros y curiosos (vol. IV, col. 422) cite les ouvrages suivants de Fr. Agustin Salucio : « Auisos del padre maestro fray Agustin Salucio para los predicadores del Santo Euangelio. — Tractatus de ponderibus et mensuris Sacræ Scripturæ por el Padre Maestro fr. Agustin Salucio de la orden de Predicadores. » :
. 2. Sur Fr. Juan de Espinosa, voir sa biographie dans le Libro de Relratos e
de Pacheco.
Loge
tous les détails, ce fut Fray Juan de Espinosa qui fut chargé de prêcher après la messe de Requiem célébrée par l'archevêque de Séville. IL avait pris pour texte ces paroles du Livre de la Sagesse : © Visi sunt oculis insipientium mori ; ill autem sunt in pace'. » Ce fut à l’occasion de la même cérémonie que Herrera, se piquant sans doute d'émulation, composa sa magnifique Canciôn* à saint Ferdinand : & /nchnen a lu nombre Ô luz d'España ». Nommé Maître des prédicateurs de son ordre, Fray Juan exerça une influence durable par la profondeur et la finesse de sa pensée, la grâce, la propriété et l'harmonie de son expression. Il mourut au couvent de San Pablo de Séville en 1598 d’après Pacheco *.
Fray Agustin Salucio avait habité Cordoue ; ce fut lui sans doute qui introduisit dans la société de Pacheco un illustre enfant de cette ville dont Herrera devint l'ami, le peintre Pasro pe CésPpspes. Né à Cordoue en 1543", élevé par son oncle Pedro de Céspedes qui était prébendé de la Cathédrale, 1l fut envoyé par lui à Alcalä de Henares chez un de ses parents, chapelain de la Chapelle Royale. Il y étudia sous la direction d'Ambrosio de Morales qui le tenait en haute estime. Mais, poussé par son goût pour la peinture, il se rendit, en 1571, à Rome où il étudia les grands maîtres italiens, s’attachant à Michel-