Commentaire, p
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Espagne, et voir croître tellement sa réputation et sa puissance, en un Cours ininterrompu d’heureux succès, voir ses drapeaux pénétrer les régions ignorées de la terre en passant des mers inconnues, voilà qui est plus grand que tout ce que l'on sait d’un autre roi chrétien. » Puis il évoque les noms fameux du Grand Capitaine, Gonzalve de Cordoue, d'Antonio de Leyva, du légendaire Garcia de Paredes dont les exploits rappelaient ceux d'Hercule ; 1l arrive enfin à Fernand Cortès, dont la famille était alliée à celle de ses amis et protecteurs les Ribera '. (Quiosera, dit-l, s'égaler à la merveilleuse valeur, à l'audace et à la prudence de Fernand Cortès, qui, traversant des régions effroyables et des montagnes infranchissables, retirant aux Espagnols l’espoir de tout secours humain autre que la force de leurs bras, s’avança dans une terre immense, pleine de nations inconnues, et, surpassant les forces humaines par son habileté et sa vaillance, dompta ces peuples puissants et effraya par la grandeur de cette action, infiniment plus grande que toutes celles des anciens, l'univers entier”. »
1. Le jeune marquis de Tarifa était fils de doña Juana Cortès.
2. « pues ya la fehodad, prudencra 1 valor del re1 Catolico son tan grandes, 1 sobran con tanto ecesso los hechos de los otros reyes, que no sufren que se les compäre otro alguno. por que los despojos ganados de Itaha 1 Franca, la reducion de toda España a la rehgion de Cnisto 1 las vitorias de Afnca, son hazañas maravillosas, pero semejantes a otras de grandes principes ; mas començar a levantar la cabeça contra la grandeza de Francia, 1 quebrantar su sobervia. temendo tantos contrarios 1 quexosos en España, 1 crecer en tanta reputacion 1 en tanto 1mperio con perpetuo curso de dichosos sucessos, 1 penetrar sus vanderas lo encubierto de la tierra por mares no conocdos; es hecho mayor que todos los que se saben de algun re1 Cristiano’.. que osarà igualarse.. al maravilloso valor 1 atrevinneto 1 prudeca de Fernädo Cortes, 4 atravessando regiones espantosas, 1 môtes insuperables, quitädo a los Españoles la esperäça de todo refugro umano, fuera de la 4 podian tener en la fortaleza de sus braços* ; se metio en una terra gradissima, Ilena de gête no
* Cortès en quittant Villa Rica de la Vera Cruz, le 16 août 1519, pour marcher sur Mexico, brüla la flottille qui l'avait amené.
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S'il ne parle pas de Pizarre, assassiné à Lima le 24 juin 154+r, cela tient sans doute à l’insoumission dont le conquistador avait fait preuve à l'égard de l'Empereur et aux tragiques événements qui amenèrent l'exécution de Gonzalo Pizarre comme rebelle en 1547.
Cette découverte du Nouveau Monde était bien un des sujets d’orgueil les plus légitimes des Espagnols, et l’on peut s'étonner que Herrera, lecteur assidu des tragédies de Sénèque, un autre Espagnol, n'y ait pas remarqué le passage fameux qui termine le second acte de la Médée et qui semble annoncer la découverte de Colomb.
Quælibet altum cymba pererrat ; Terminus omnis motus, et urbes Muros terra posuere noya.
Venient annis sæcula seris
Quibus Oceanus vincula rerum
Laxet, et ingens pateat tellus
Tethysque novos detegat orbes,
Nec sit terris ultima Thule. (V. 368 et sq.)
Et en quel point de l'Espagne pouvait-on ressentir plus fortement qu'à Séville cette sensation de puissance, de prospérité, d'activité féconde, bien propre à exalter le patriotisme? En rapports constants avec l'Italie, l’Afrique et le Nouveau Monde, la capitale de l’Andalousie regorgeait de richesses; c’est dans son port que venaient jeter l'ancre les galions qui rapportaient, tous les ans, d’Amérique les trésors tirés des mines ou du pillage des contrées
* conocida, 1 sobrepuyädo las fuerças de los ombres co su industria 1 valentia, domà aquellas poderosas regiones, 1 espatù con la grandeza de aql hecho sin proporc6 mayor que todos los de los antiguos, todo el termino de las terras. » (Commentaire, p. 614-615.)
conquises par Cortès ou Pizarre: c est de là que partaient les flottes imposantes qui allaient triompher à à Lépante, à Tunis, aux Açores.
Lope de Vega qui, lui aussi, avait habité Séville, avait gardé un vif souvenir de l'animation qui régnait sur les bords du Guadalquivir. Au début de sa comédie E{ arenal de Sevilla, doña Laura se promène avec la vieille Urbana sur les rives du fleuve; les deux femmes contemplent avec admiration cette masse de navires, sous lesquels disparaissent les eaux jaunâtres de l'antique Bétis, et qui sont si pressés qu'ils semblent former un pont rejoignant le faubourg de Triana sur l’autre rive. Elles voient des représentants des peuples les plus divers débarquer ou se rembarquer. (En échange de ses couteaux, de sa mercerie ou de sa rouennerie, le Français remporte de l'huile ; l'Allemand apporte du lin, de la futaine ou du Zantès (?) et charge du vin d'Alanis; le Biscayen apporte le fer, la sapine, la poutre ou le merrain ; l'Indien, l'ambre gris, la perle, l'or; l'argent, le bois de Campêche, les cuirs. Chaque grain de sable de la grève est un écu‘. » Et dans une autre pièce, intitulée Servir à señor discrelo, le même Lope célèbre,par la bouche de don Pedro, les magnifiques : édifices qui faisaient alors la gloire de Séville, la Chambre de Commerce, la Tour de l’'Or, la Douane, le pont qui reliait la ville à Triana, ses portes, sa fameuse cathédrale,
1. « Laura. — Lo que es mas razôn que alabes. — Es ver salir destas naves — Tanta diversa naciôn, — Las cosas que desembarcan, — El salir Y entrar enellas, — Y el volver despues 4 vellas — Con otras muchas que embarcan. — Por cuchillos el francés, — Mercerias y Ruan, — Lleva aceite ; el aleman — Trâe lienzo, fustän, Ilantés, — Carga vino de Alanis. — Hierro trae el vizcaino, — El Garon el tiro, el pino ; — El indiano el 4mbar gris, — La perla, el oro, la plata, — Palo de Campeche, cueros. — Toda esta arena es dineros. » (El Arenal de Sevilla. Acte I. Scène 1.)
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quil met au-dessus du temple d'Ephèse, l'une des sept merveilles du monde, son Hôtel de ville, son Alameda.
Agustin de Rojas Villandrando pouvait dire en 1600, dans son Viaje entretenido, que Séville était le résumé « des richesses de Tyr, de la fertilité de l'Arabie, de la gloire de la Grèce, des mines de l'Europe, des triomphes de Thèbes, de l'abondance de l'Egypte, de l'opulence d'Escancia [?]et des richesses de la Chine. Car si les sept merveilles du monde se trouvent réunies en Espagne, le monde tout entier est renfermé dans Séville*. »
Cette grandeur de sa ville natale, Herrera l’a vivement ressentie lui aussi, et il a voulu la célébrer : «Reine fortunée du grand océan, disait-il à Séville, sans laquelle l'Espagne perdrait sa grandeur ; que la valeur, l'esprit et la noblesse rendent plus estimable et plus généreuse, de quel nom t’appeler, bel astre de l’Europe ? terre? non, car ta richesse et ta gloire ne sauraient se renfermer dans l'étroitesse de ce mot : Ciel? oui, ciel d’une vertu merveilleuse. Il écoute, et s'étonne et ne te croit pas, celui qui regarde ton pouvoir et ton opulence ; tant la réalité lui fait
x. & Don Pedro. — Para alabar 4 Sevilla, — Deja su Contratacién, — Y cuanto encierra, Girôn, — De Guadalquivir la orilla, — Deja la Torre del Oro, — Y aquellos barcos de plata — En que elindio mar desata — Su mas precioso tesoro. — Deja la hermosa Aduana — Y la puente que en su orilla, — Para alcanzar 4 Sevilla — Sirve de brazo 4 Triana. — Deja sus puertas y hermosos — Edificios, y sus muros — Altos, del tiempo seguros, — Y del agua temerosos. — Deja su famosa Iglesia — Y templo tan soberano, — Que se le rinde el de Jano — Y la maravilla Efesia. — Deja sus plazas, teatros — De grandeza y de sustento, — Su Cabildo y Regimiento, — Jurados y veinticuatros. — Deja su insigne Alameda, — Su diversidad de calles, etc. » (Servir & Señor discreto. Acte 1, scène 1.)
2. « Las riquezas de Tiro, la fertilidad de Arabia, las alabanzas de Grecia, las minas dé Europa, los triunfos de Tebas, la abundancia de Egipto, la opulencia de Escancia y las riquezas de la China. YŸ en efecto si los siete milagros del mundo se encierran en España, el mundo todo se encierra dentro de Sevilla. » (Fiaje entrelenido. Libro [.)
paraître inférieure ta renommée. Tu n'es pas une ville, tu es un monde: en toi l’on admire réuni tout ce qui est dispersé dans les autres, partie de l'Espagne plus excellente encore que l’ensemble ! »
Reina d’el grande Océano dichosa, sin quien à España falta la’ grandeza,
a quien Valor, Ingenio 1 la Nobleza hazen mas estimada 1 generosa ;
Cual dirè, que tu seas, Luz hermosa d’Europa ? tierra, no ; que tu riqueza i gloria no se cierra en su estrecheza, Cielo si ; de virtud maravillosa.
Oye, i s’espanta, 1 no te creë’l que mura tu poder 1 abundancia ; de tal modo con la presencia vê menor la fama.
No Ciudad, eres orbe.” n ti s’admira junto, cuanto en las otras se derrama, parte d’España, mas mejor qu’el todo”.
Aussi lorsque Prete Jacopin se permet d’attaquer les Andalous, il faut voir avec quelle énergie Herrera relève cette provocalion. € Pensez-vous, dit-1l à son adversaire, que l’Andalousie soit aussi étroite que le comté de Burgos, et que nous ne saurions nous servir de vocables dans toute l'étendue de notre province, sans être tenus à employer le langage des comtes de Carrion et des Sept Infants de Lara? »