Édition de 1619. Livre IL. Sonnet
Ho 0—
Don Juan d'Autriche, qu'il avait déjà célébré dans sa Cancién IV (édition de 1582) à propos de la soumission des Morisques, mort prématurément au lendemain de sa victoire de Gembloux (1578), lui inspirait les beaux vers qu'il jugeait dignes de figurer dans son recueil de 1582 : « Pongan en lu sepulcro, 6 flor de España”. »
Le compagnon de don Juan à Lépante et à Tunis, le grand marquis de Santa Cruz, Âlvaro de Bazän, n’excitait pas moins son enthousiasme, et j'ai rappelé plus haut les trois sonnets qu'il lui adressait à propos de l’expédition de Tunis (1573), de son triomphe aux Açores (1583) et plus tard, après sa mort, pour le prier de guider encore les siens à la victoire.
Aussi lorsqu'il voyait défiler ces vieilles bandes qui ‘avaient guerroyé pour la plus grande gloire de l'Espagne sous les climats les plus divers, le souvenir de leurs exploits lui arrachait-il ce beau cri d’orgueil: « Ges hommes, vainqueurs, en des combats sanglants, du Turc, du More, de l’Anglais et du brave Écossais, de l’Allemand et du redoutable Français, et du Belge enfermé dans son pays inaccessible, qui franchissent les détroits de la mer profonde et traversent des contrées interdites, avec une valeur telle que n’en vit jamais le ciel étoilé, qui voit et embrasse tant de choses, montrent bien, par la gloire de leurs actions, qu'ils sont tes fils, heureuse Espagne, et l'honneur du puissant Empire d'Occident! Que Rome vante les cœurs fameux de ses guerriers : mais jamais (et mon amour ne me trompe pas,) son peuple audacieux n'égala celui-ci. »