Taube
3. M. de Heidenstam reproduit le passage : « voici les cheveux » jusqu'à la fin, mais situe la lettre faussement à la date du 3 janvier 1785.
L'AMI DE LA REINE
Ce 17 [janvier 1791].
« Ma chère et tendre Sophie je recois a l'instant la votre du 28. Ah, comme je sens et je partage vivement vos peines elles augmentent toutes les miennes, elles etoient adoucies autrefois par la certitude de votre bonheur, de votre tranquilité j'etois heureux de vous savoir heureuse apresent je n'ai même plus cette consolation et vos chagrins me pénètrent l'ame. Ma chère amie parlés m'en souvent parlés m'en toujours dites moi tout ce que vous éprouvés tout ce que vous sentes c'est un besoin, c'est une consolation d'épancher son cœur dans le sein d'un ami et vous savés que vous n'en avés pas de plus vrai et de plus tendre, dites moi que vous êtes au desespoir que vous êtes bien malheureuse vous ne sauries jamais me le dire autant que je le crois et que je le sens, mais cela vous consolera un moment, et c'est tout pour moi, que ne puis-je voler auprès de vous et adoucir par ma présence vos chagrins nous en parlerions dumoins... Ah, ma tendre Sophie vivons l'un pour l'autre et si le sort veut nous accabler de ses coups les plus cruels, vivons pour nous les rapeller et nous consoler si cela se peut en ne cessant de nous entretenir de nos pertes... Adieu adieu.
« ... Adieu adieu elle vous dit mille choses et partage bien tendrement vos peines, elle en pleure souvent avec moi, jugés si je dois l'aimer.
« Si vous avés un moyen pour qu'il soit simple que la bague que vous voulés avoir soit faitte ici, mandés le moi et comment vous le voulés faire faire, c'est elle qui le veut et qui veut vous la donner. Répondes moi au plutôt » \
6 février [1791].
« Votre santé m'a donnée de l'inquiétude ma che^e amie elle l'a vivement partagé cela l'a un peu adouci. Dieu merci notre ami me mande que cela va mieux, il ma aussi donné des détails de la sienne et j'en avois besoin, elle m'occupe fort, sa conservation est nécessaire a notre bonheur et je ne cesse de faire des vœux pour lui, ah, ma chère amie je conçois et je partage bien touttes vos inquiétudes la dessus... Ma santé est bonne la sienne Test assés malgré tous les chagrins qu'elle a nous n'avons pas du tout hiver ici il n'a encore gelé que deux fois. Adieu. J'écrirai un de ces jours a Nortun de payer les gantz » ^.
1« Inédit.