‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 101 sur 182 · L'homme d'affaires de la famille Fersen en Suède · texte numérisé non relu

L'homme d'affaires de la famille Fersen en Suède

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Il semble que le trio d'amitié de Fersen, Taube et Sophie s'était élargi et qu'il comprenait maintenant un quatrième membre : Marie- Antoinette.

Mais la famille royale était rentrée à Paris et les conspirateurs se remirent à l'œuvre. Le général Bouille envoya fm décembre son fils à Paris pour étudier les possibilités d'une fuite. Celui-ci raconte dans ses Mémoires les préparatifs qu'il faisait avec Fersen :

« J'avais concerté avec M. de Fersen des moyens surs pour notre correspondance.

« Les lettres m'étaient adressées par M. de Fersen pour le baron de Hamilton, Suédois et colonel du régiment de Nassau en garnison à Metz ; j'adressai les miennes pour M. de Fersen à la baronne de Korfî, femme de cinquante ans, intime amie de celui-ci et entièrement dévouée au roi et à la reine, d'autres fois à M. de Silversparre, secrétaire de l'ambassade de Suède.

« Il (l'evêque de Pamiers) me dit, que le roi et la reine étaient instruits de mon arrivée, et que, comme il serait trop dangereux pour moi, aussi bien que pour eux, que je les visse en particulier, le comte de Fersen était chargé de me voir de leur part, et de me mettre au fait de toutes les relations intérieures et extérieures, afm que je pusse en rendre compte exact à mon retour à Metz. Leurs Majestés désiraient que je traitasse dorénavant avec M. de Fersen qui avait toutes les instructions. Ce fut donc chez celui-ci qu'il me promit d'arranger le premier rendezvous.

«Au bout de quelques jours mon entrevue avec le comte de Fersen fut arrangée par l'evêque de Pamiers, ainsi que nous en étions convenus. Je pris les plus grandes précautions pour qu'on ne put me voir entrer chez une personne qui, par son assiduité au château, devait être suspecte au parti opposé mais soit négligeance, ou excès de confiance, il est certain, qu'on observait peu ses démarches.

«J'arrivai donc !a nuit dans une maison très retirée au

L'AMI DE LA REINE

coin de la rue de Matignon, faubourg Saint-Honoré, et après nous être assurés que nous ne pouvions être entendus, nous entrâmes en matière...

«Après cet aperçu sur l'asile que le roi pouvait et devait choisir, nous traitâmes des moyens d'y arriver, et la sortie du château des Tuileries, dont toutes les issues étaient gardées avec une vigilance extrême, me parut le point le plus difficile. Cependant le comte de Fersen se chargeait et répondait de cette opération délicate. Il me donna assez de détails sur l'intérieur du château pour me faire voir la possibilité d'en tirer secrètement la famille royale... »i

Tout d'abord on avait choisi Metz comme but de voyage et lieu de résidence du Roi, mais on se ravisa et se décida pour Montmédy. La mort de Mirabeau, politique génial et habile organisateur, qui, vers la fin, avait soutenu la Cour par conviction, fut une grande perte pour Marie-Antoinette et changea complètement la face des choses. Fersen écrit à Taube, le 4 avril :

« Mon cher ami, Mirabeau est njort avant-hier, c'est une grande perte, car il travaillait pour eux et commençait à leur être utile et leur aurait été d'un grand secours pour l'exécution de leur projet » ^.

« Le Reine pleura, c'est tout dire », lit-on dans les mémoires de M°ie d'Adhémar, « elle s'écria ; notre dernière ressource nous est enlevée. »

En parlant de sa « dernière ressource » Marie-Antoinette fit allusion à son unique soutien dans l'Assemblée Nationale, car hors de l'Assemblée, elle avait quatre personnes qui jouissaient de sa confiance : Breteuil (« papa » Breteuil, comme elle l'appelait aux beaux jours, selon les lettres de Fersen à son père), Fersen, Mercy et Bouille. Seul Fersen se trouvait à Paris. Mercy et Breteuil étaient à Bruxelles, Bouille à Metz. C'était donc uniquement avec Fersen qu'elle pouvait échanger des pensées, sans crainte d'être compromise.

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