Le Roi de Suède
L*AMI DE LA REINE
que l'espionnage des plus enragés, pour connaître les sentiments du roi. »
Et dans la lettre à Breteuil :
« Recommandez à M. de Bombelles ^ la plus grande prudence et une grande circonspection vis-à-vis du comte d'Artois. Le roi craint, et avec raison, qu'il ne revienne quelque chose de ses projets à M. le prince de Condé, et que ce prince, poussé par son ambition et le désir de jouer un rôle principal, ne hâte l'exécution de son entreprise chimérique ; et vous sentez assez qu'elles en seraient les conséquences et les inconvénients pour celle que le roi veut exécuter. »
Il fallait encore ménager les susceptibilités de chacun, faire ou répondre à des politesses, négocier des ententes, gagner des appuis, faire miroiter aux yeux des conspirateurs les avantages matériels à retirer de l'entreprise pour tenir chaud leur enthousiasme : « La reine me charge de lui 2 dire, que sa Majesté est extrêmement touchée de la marque de confiance du roi », écrit Fersen à Taube le 11 avril 1791, « qu'elle est flattée de voir, par ce qu'il dit au ministre de Prusse, qu'il ait aussi bien jugé sa manière de penser dans une si grande affaire ; que certainement elle saura toujours mettre tout intérêt de famille à part dans tout ce qui pourra regarder son époux et ses enfants : sans rien préjuger cependant sur les liens qui attachent la France à ses alliés, personne ne sauroit y avoir confiance, si on les abandonnait ainsi. Elle me charge encore de témoigner au roi combien elle sera personnellement flattée de devoir à son amitié et à ses bons offices le rétablissement d'une puissance qui lui est et lui a de tous les temps été attachée. Ce sont là les propres expressions de la Reine. » ^ H écrit à Taube le 18 avril :
« Le marquis de Bouille a proposé au Roi de France de céder
1. Bombelles avait été mis dans la confidence en raison de Tamitié de M^e Élizabeth pour sa femme.