Inédit
L'AMI DE LA REINE
eu des propos si abominables à ce sujet tirant sur notre Roi à propos de ce qui se trouvoit dans la Chronique de Paris ^ que cela à due être indécent, aussi Armfelt l'a tamée d'une manière incroyable. Fabian et moi nous nous sommes disputés avec elle et Hierta et quelques uns de nos messieurs, à un point incroyable.... Fabian quand la nouvelle est arrivée m'a communiqué des craintes au sujet de son frère, c'est le seul auquel j'en ai parlée, mais aujourd'hui tout le monde en parle ».
Dans une lettre ultérieure elle raconte en détail les diverses phases de la fuite et le 21 juillet elle écrit qu'il y avait longtemps qu'un événement avait produit en Suède autant de sensation que celui-ci. « Jamais », écrit-elle a rien n'a plus vivement afecté mon cœur, que toutes les calamités de la France et vous avez bien raison de dire que si le despotisme est affreux, l'anarchie l'est bien plus encore et l'oubli entier des devoirs qu'on doit à son Roi. Ici nos enragé, parmis lesquels je compte un peu la Wrede, trouvent qu'on à raison de faire comparaître la maison de France et les punir d'avoir voulu échaper à leurs bourreaux ; j'entens quelquefois des raisonnemens, qui n'ont pas de sang commun, qui me fâche et auxquelles je ne daigne même pas repondre, puisque l'on dit que je suis partialle, puisque sans doute vous y prenez part à cause de votre frère, et que par conséquend je fais de même... la princesse * et moi quand nous nous rencontrons sont du même avis, et le seul homme de toute la société qui le soit c'est Fabian, car il pense de même... Axel est dans toutes les gazettes, c'est cependant fâcheux, s'il avoit réussi, cela aurait été glorieux. »
Il est facile de lire entre les lignes de ces lettres et de constater que le vif intérêt de la duchesse n'est pas uni-
1. La duchesse Charlotte fait ici probablement allusion à un passage qui se trouve dans la Chronique de Paris, n® 174 : « Le colonel Fersen, Suédois, dont les liaisons ont fait tant de bruit, a conduit tout le plan. Il avait loué une chaise, à laquelle il avait donné ordre de venir chez lui à 10 h. du soir. Il Tenvoya à T écurie de la rue du Bacq... »