‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 113 sur 182 · Sa belle-sœur, Sophie-Albertine, sœur de Gustave III · texte numérisé non relu

Sa belle-sœur, Sophie-Albertine, sœur de Gustave III

L'AMI DE LA REINE

quement motivé par ramitié qu'elle a pour la sœur de Fersen, Sophie Piper. L'angoisse qu'elle éprouvait pour le sort de Fersen était sincère et réelle car elle l'avait une fois aimé. Elle avoue même franchement à son amie Sophie qu'elle est jalouse de Marie-Antoinette et que cela lui fait de la peine de penser qu'Axel a donné son cœur à la Reine.

Nous donnons ici quelques extraits de sa correspondance avec Sophie. Cette correspondance témoigne assez de l'émotion que provoqua la nouvelle de la fuite et de la part qu'y avait prise Axel Fersen. Nous y voyons quelle intimité régnait entre la duchesse et Sophie et d'ailleurs avec toute la famille Fersen, et apparaître cet Axel Fersen — don Juan dont l'histoire a tant parlé. Ces extraits sont pourtant bien plus intéressants à un autre point de vue : ils révèlent que le secret de la Haison entre Fersen et Marie-Antoinette n'était pas un secret.

Au dimanche matin 10 juillet 91.

« Axel est sauvé ma chère Sophie c'est ce que j'ai de plus pressé à vous annoncer dans les conjonctures présentes car sans doute vous êtes peut-être inquiette pour lui,... Votre frère a suivie le Roi et la Reine presque seul mais par un grand bonheur le Roi l'a envoyée a Monsieur ce

qui l'a sauvée Lundi matin si votre frère n'a pas .

réussi dans l'entreprise vous avez la satisfaction qu'il à agit en honnet homme et tellement qu'il aurais dus le faire en pareil cas, un sentimens plus vif y a contribuée aussi sans doute, et je souhaite que ce sentimens ne le perde, et qu'il veuille retourner en France ce qui serait une imprudence afreuse, j'aj vu une lettre particulière de Paris ou étoit dit par apostille : on dit que le C: Fersen à commandez la Voiture qui étoit une remise de la Rue St : Honorée tout Paris lui en veut »

18 juillet 1791.

« ....Ha, vous savez bien aimer, mon dieu qu'il est naturel de craindre pour ce qu'on aime, s'il est vrai qu'Axel ait

été a Aix peut-être reviendras-t-il cet hyver, helas I Sa situation est bien afreuse vous a\ez d'ailleur raison qu'il peut être égal s'il a Taprobation des folles et des esprits exalte d'anglisisme, il à fait ce que tout honet homme aurais du faire, mais il à mal agi vis à vis de votre Père qui jusqu'ici n'a pas reçue un mot de lui ; il avoit lue dans les gazettes la nouvelle en question et c'étoit bien heureux que Fabian eut eut l'attention de lui écrire d'abord pour le rassurer puisqu'il s'inquiettoit et s'inquiette encore et que même il ne croit point que votre Frère sois libre, puisqu'il ne lui a point écrit. »

21 luillet 1791.

« .... Jamais rien n'a plus vivement afecté mon cœur que toutes les calamités de la France....

« Pour ce qui est des reflexions que je vous ai communiquée sur l'oubli et la negligeance ce n'est pas de ce moment que je m'en suis appercue depuis 2 ans déjà j'ai taché de pouvoir m'y accoutumer, quelque chose que mon cœur ait soufert je n'y pu y réussir que faiblement le moment présent m'en persuade de plus en plus, ne croyez pas cepandant que je sois injuste ce qu'il a fait dans ce moment il à du le faire ces raisons etoient dignes d'un cœur honette et de son cœur, même si dans ce moment il peut encore travailler pour cette cause, il le doit, des devoirs sacrée même l'y engage, des devoirs douce vous et moi nous pouvons nous [en] douter et qui augmentent les soins qu'il doit avoir pour les sauver, ne croyez point que je sois injuste jusqu'à ce point, mais il est cruel de savoir que l'amitié que j'ai eut n'était que l'ouvrage du moment, j'ai du m'y préparer d'après tout ce que je savoit mais cependant mon cœur en soufre, et le tems seul pourra guérir cette blessure, Dieu veuille qu'il soit heureux, c'est mon seul et unique souhait, et que de moins les craintes que vous témoignée n'ait pas un fâcheux pronostic, le silence me parait incroyable ; et même j'espère qu'il ne dure pas lontems. J'ai vu hier M:me de Saint-Priest qui a été présenté, jamais je n'ai vu quelqu'un plus embarrassée*.. »

PLANCHE Vit

iV\

1" août 1791.

« J ai reçu par la même poste une seconde lettre d'elle, (Camille) elle m'y marque en blanc qu'elle me prie au nom de Dieu d'empêcher que Ax... retourne jamais a Pans. Comme il n'y à qu'a vous que je puisse le mender je m empresse de le faire, tachée par T[aubel de le faire SI vous pouvez, s'il est vrai qu'il soit a Vienne il ne risque nen mais dieu veuille que la fantaisie ne lui prenne de retourner de nouveaux à Paris ce seroit à coups sur 1 exposer furieusement partout, comme j'ai lu dans le Moniteur qu'il est accusé d'avoir eu pard au depard de la famiUe Royale, et qu'on a decretté qu'on serais contre ceux qui etoit mêlée dans cette affaire, je sais que je vous aflige, ma chère Sophie par les craintes que

je vous donne, mais c'est une chose nécessaire elle

m exhorte plusieurs fois à faire toutte au monde pour qu Axel ne retourne pas a Paris, dans la gazette d'aujour-

, o f,'* f î'"^^ ^* ^''" P™^^s sera fait comme a Mons : de Boui le il joue un rôle glorieux mais bien dangereux pour lui °

« Dieu veuille qu'il ne soit arrivé de malheur a cette pauvre famille de Bourbon.

« Je vous félicite d'avoir eu des nouvelles directes d'Axel je souhaite qu'il soit heureux et que les fatigues les tracas' et les chagrins ne nuise à sa santé, les vœux que je fais sont tre désintéresse je ne pense qu'à lui dans ce moment et son amie ne sauroit en faire d'autre » J

Peut-être Fersen ne se rendait-il pas"ïui-même compte des inquiétudes que son entreprise avait inspirées à ses parents et amis en Suède, car en rencontrant ses compa--

2 LtnfrT '^^^l' ^ Aix-la-Chapelle, il nota d^ns son Journal Intime qu'il ne ressentit que « ennui et éloignement ». Il répétait à plusieurs reprises que la Suède lui paraissait si lointaine. Etant tout à sa peine, il n'avait pas le temps d accorder une pensée à ses proches.

IIans Axel de Fersen

(Peinti'c inconnu)

/Mi^h/W^m etnî^tmi^/êti/l réiffUr7^u/tJ\^ H fil ffif mnulsf /rnfiOi ermc Hii^fh mêcrt.'^

^/WfiC-,.

L'écriture de Mauie-Amoknetïi:

Lctlrc du Sénateur de Fersen, rédigée à la prison de Fredrikshof,

à son fils Axel, copie de la main de Marie-Anioinelte

PLANCHE Vin

^A' fié

Une page de la correspondance de Mahik-Antoinette avec Jes Gonslitulionncls

fi^/ir/ /^ v^ttn ^r^l

Inscription de la main de Marie-Antoinette sur le paquet de documents remis à Fersen en Février 179a

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