‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 115 sur 182 · D'après le Journal Intime · texte numérisé non relu

D'après le Journal Intime

2. Nous avons trouvé ces détails dars les extraits de jugement d'un procès que le neveu de Craufurd intenta à son oncle devant le tribunal correctioHnel de Police de Paiis, en 1819.

présenta Craufurd à la Reine et, depuis lors, il était bien \ai à la cour.

On ne sait quand et comment Fersen fit la connaissance d'Eléonore Sullivan, « mon Eléonore », comnie U l'appelle pendant les dernières années de leur amitié. Dans les lettres à sa sœur, Fersen affirme qu'il la connaissait avant d'avoir rencontré M. Craufurd et que ce ne fut qu'à contre-cœur et sur la demande expresse de celui-ci qu'il consentit à faire sa connaissance. Dans une liste des membres du Club de Valois, une société mondaine qui se réunissait au Palais Royal, on trouve les noms de Fersen et de Staël, ainsi que ceux de Simolin et de Craufurd. D'après le livre de Correspondance de Fersen, sa correspondance avec M°^e Sullivan commença en avril 1789, Fersen a lui-même avoué qu'il fit sa connaissance « dans le moment le plus intéressant de ma vie ». Les lettres de M°^e Sullivan à Fersen furent nombreuses. Elles se sont longtemps trouvées en mains suédoises, mais ont été brûlées par respect pour la mémoire de Fersen. Par son Journal Intime qui a été conservé intact à partir du 11 juin 1791, on peut voir qu'il visitait régulièrement M^« Sullivan, qu'il était un hôte assidu de la maison de Craufurd et qu'il couchait avec la maîtresse de céans chaque fois qu'il en avait l'occasion. Il ne s'en cachait d'ailleurs nullement et le disait dans son Journal en des termes qui ne laissent subsister aucun doute.

Aussitôt après l'échec de la fuite de la famille royale, Fersen se mit à travailler à de nouveaux projets. Il eut l'idée, à son avis heureuse, d'envoyer Craufurd — qui brûlait de désir de se lancer dans la politique — à Londres pour obtenir l'aide du Roi d'Angleterre. Il écrivait donc à Taube pour intéresser Gustave III à son idée.

9 juiilet

« J'ai parlé avec cet Anglais dont jevousa\aisentretenu^ mon aiDi, il est prêt à tout et accepte d'aller à Londres pour parler

^VjBC le painistre et le Roi, si « notre homme » ^ l'autorise à parler en ^u nom, '-ar il ^'a pas beaucoup cie coaftance dans les Prirces. J'estime qu'il est très important de conuaître le^ vues de l'Angleterre et je crois que seul un Anglais pourra être utile. Celui-ci a (Ju bon sens et connaît le ministre et le Roi... Dites tout ceci, mon ami, à « notre honjjne » et surtout combien il serait utile qu'il eût lui-même un entretien avec cet Anglais et qu'il fût envoyé là-bas en son nom. S'il consent, je vais le conduire à Aix-la-Chapelle, et il pourrait partir de là en même temps que je partirai pour Vienne »^.

Gustave III approuva l'idée de Fersen, Craufurd fut envoyé en AngJLeterre, où, par l'entremise du lord Dor&et, l'anai de Fersen, il devait essayer d'influencer la famille royale anglaise. Mais ce qu'on cherchait à Londres, ce n'étiait pa^s seulement une approbation, on demandait aussi de l'argent pour unue ijuouvelle fuite. « J'écris à C... en Ang. » écrit Fersen à Taube le 26 juillet, « pour qu'il tach^ d'obtenir un emprunt, soit au nom du Roi de France, soit au nom du notre et je crois pouvoir assurer que cette dette seroit des premières que le Roi de France acquitteroijb en remontant sur le trône ».

« En 1791, je passai par Aix-la-Chapelle », raconte Craufurd dans sa Notice, « où se trouvaient alors le Roi de Suède avec le comte de Taub, son ministre des affaires étrangères, le comte de Fersen et le marquis de Bouille. I^e Roi me fit part du projet concerté entre l'impératrice de Russie et lui, d'une descente en Normandie pour soutenir le parti royaliste L'expédition devait être composée de vaisseaux et de troupes russes et suédois, et command-é pai' Gustave en personne, ayant M. de Bouille sous ses ordres. Étant sur mon départ pour l'Angleterre, il me dit, qu'il désirait qiue je me chargeasse d'une lettre pour le Roi, où il l'instruisait du projet, en l'engageant d'y coopérer ».

Après avoir reçu des instructions de Gustave III, Craufurd et Fersen pajrtireut, le premier pour Londres,

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