Inédit. L'orî^^nal est en suédois
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le second pour Vienne. Mais tous les deux s'aperçurent assez vite qu'il n'était pas facile de mener à bien la mission dont on les avait chargés. Graufurd dans sa Notice a raconté ses démarches à Londres :
« Dès que je fus arrivé à Londres, je me rendis chez M. Pitt. Il me demanda, si j'avais une copie de la lettre, je lui répondis que non, mais que le roi de Suède me l'ayant lue, je croyais pouvoir lui en rendre assez exactement le contenu. Après quelques observations, il exprima des doutes sur le succès de l'entreprise ; il me dit que l'intervention des puissances étrangères, à main armée, servirait plus vraisemblablement à réunir les Français et à les animer encore davantage contre la famille royale ; que le Roi rentrât dans ses justes pouvoirs, ce qui lui paraissait indispensable, non seulement pour arrêter les désordres qui se commettaient en France, mais pour la tranquillité de l'Europe entière ; qu'il désirait que l'Angleterre y contribuât autant qu'elle le pourrait, tout en évitant des actes d'hostilité ; que, sortie seulement depuis peu d'années d'une guerre malheureuse, qui avait augmenté considérablement sa dette, la prudence exigeait qu'elle conservât son état de paix aussi longtemps que les circonstances le permettraient, n finit par me dire de remettre la lettre au ministre des affaires étrangères, Milord Grenville, ce que je fis.
« ... Dans la conversation que j'eus avec M. Pitt au sujet de la lettre du roi de Suède, j'admirai et je fus flatté de la manière simple, franche et sans ambiguité dont il me parla. »
Fersen, au cours de son voyage à Vienne, fit un détour par Coblence, mais seulement pour constater que les Princes étaient superficiels et insouciants. Il reconnut néanmoms qu'ils étaient devenus un peu plus sages que le comte de Provence valait mieux que le comte d'Artois et que même celui-ci, s'il eût été seul, aurait pu jouer un rôle dans la grande entreprise.
La nouvelle fuite projetée aurait Ostende pour but. Comme cette vUle appartenait à l'Empereur d'Autriche, Il aurait été facUe pour la famille royale d'y trouver avec 1 aide des Pmssances un navire, qui les emmènerait loin
de France. Mais ce projet se heurta à l'indifférence la plus absolue de la part de Léopold. Lui qui, avant Varennes, avait écrit une lettre généreuse à sa sœur où il disait que tout ce qui était à lui serait mis à sa disposition, « argent, troupes, enfin tout », n'avait maintenant rien à offrir. « C'est un vrai Florentin que ce Léopold », nota Fersen dans son Journal Intime,
A son arrivée à Vienne, début août, une alliance préliminaire venait d'être signée entre l'Autriche et la Prusse, le 25 juillet. L'Empereur avait fait la paix avec la Turquie et une alliance véritable semblait être sur le point de s'établir avec la Prusse. Le premier pas se fit quelques semaines plus tard au cours de l'entrevue royale au Château de Pillnitz, où Frédéric Guillaume, sur une invitation de l'Electeur Palatin de Saxe, se rencontra avec Léopold. Ils élaborèrent la « Déclaration de Pillnitz » le 27 août 1791 qui n'était en réalité qu'une formule de politesse par laquelle aucune des parties contractantes ne se sentait liée.
De Vienne, Fersen écrivait à Taube le 13 août 1791 : K
« Tout ici se fait lentement et sans enthousiasme, c'est à en devenir fou. Avant que les réponses des autres Cours leur soient parvenues, je ne crois pas qu'ils prendront une décision. Je ferai pourtant demain une nouvelle tentative auprès de l'Empereur et je crains que mon séjour ici ne se prolonge plus que je ne croyais et que je sois obligé d'aller au couronnement en Bohème, ce que je n'avais pas prévu et ne désire en aucune façon » \
Ce Suédois francisé méprisait la vie mondaine de Vienne, dépourvue d'élégance, de raffinement et de gracieuseté, ne possédant pas ce tact qu'il avait eu l'occassion d'apprécier à Versailles et que la Cour de France, même dans les pénibles circonstances d'alors, s'efforçait de maintenir. Il n'aimait ni la société, ni la langue, ni l'âme allemandes.
Il désirait ardemment rentrer à Bruxelles, où il avait ses amis et ses relations politiques. Aussi était-ce avec une immense satisfaction, qu'après d'innombrables mésa-