‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 117 sur 182 · L'original est en suédois. Inédit · texte numérisé non relu

L'original est en suédois. Inédit

yentwce^ «le toutes sortes, il quitta Vieane, et arriva à Bruxelles le 8 octobre.

Aussitôt après le retour de la famille royale à Paris, au lendemain de la fuite de Varennes, Fersen était entré en correspondance avec Marie- Antoinette. Voici la première lettre qu'il lui envoya. li y demande des instructions.

Bruxelles ce 27 juin,

« Le malheur affreux qui vient d'arriver doit changer entièrement la marche des affaires et si l'on persiste dans la résolution où on était de faire agir pour soi ; ne le pouvant plus par soi-même, il est nécessaire de recommencer les négociations et de donner à cet effet un plein pouvoir. Il faut que la masse de puissances qui agira soit assez forte pour en imposer et préserver ainsi des jours précieux. Voici les questions auxquelles on doit répondre :

1° Veut-on qu'on agisse malgré toutes les défenses qu'on serait dans le cas de recevoir ?

2° Veut-on donner les pleins pouvoirs à Monsieur ou au '*omte d'Artois?

3<^ Veut-on qu'il emploie sous lui le baron de BreteuiJ ou consentoa à M. (ie Calonne ou veut-on lui en laisser le choix ?

Voici la forme des pleins pouvoirs :

« Étant détenu prisonnier dans Paris et ne pouvant plus donner des ordres nécessaires pour rétablir l'ordre dans mon royaume, pour rendre à mes sujets le bonheur et la tranquillité, et recouvrer mon autorité légitime, je charge Monsieur, et à défaut le comte d'Artois, de veiller pour moi à des intérêts et à ceux de ma couronne, donnant à cet effet des pouvoirs illimités, j'engage ma parole royale (Je tenir religieusement et sans restrictions tous les engagements qui seront stipulés avec lesdites pi^issances, et je m'engage à ratifier dès que je serai en liberté tous les traités, conventions ou autres pactes qu'il pourrait contracter a\ec les différentes puissances qui voudront bien prendre ma défense : de même toutes les commissions, brevets ou emplois que Monsieur aurait cru nécessaire de donner ce à quoi je m'engage loi de roi. Fait à Paris ce ving juin mil sept cent quatre-vingtonze ».

« Ce plein pouvoir sera écrit en encre blanche et remis le

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plus tôt possible à la personne qui remettra cette lettre. Comme on a conservé le numéro des questions on pourra répondre très brièvement.

« Je suis fort bien traité ici votre sœur est bien pour vous et pour moi. »

Aix-la-Chapelle, 30 juin,

« Le roi ^ est fort bien pour \ous ; voici un mot de lui ^. Je pars demain pour Bruxelles et de là à Vienne pour négocier et tâcher de réunir toutes les puissances ; de là je reviens à Bruxelles. L'évêque d'Arras ne serait-il pas bon au lieu de Breteuil ou Calonne ? Je me porte bien et ne vis que pour vous servir. Ditesmoi si vous voulez qu'on agisse pour vous. »

« Je me porte bien et ne vis que pour vous servir ». Ce n'est pas beaucoup pour un cœur de femme, surtout que Marie-Antoinette lui écrivait les lettres les plus tendres î

La première lettre de Marie-Antoinette date du 28 juin,

« Rassurez-vous sur nous; nous vivons. Les chefs de l'Assemblée ont l'air de vouloir mettre de la douceur dans leur conduite. Parlez à mes parents de démarches du dehors possibles, s'ils ont peur il faut composer avec eux. »

Le lendemain elle écrit :

« J'existe que j'ai été inquiète de vous et que je vous

plains de tout ce que vous souffrez de n'avoir point de nos nouvelles ! Le ciel permettra-t-il que celle-ci vous arrive? Ne m'écrivez pas, car ce serait nous exposer et surtout ne revenez pas ici sous aucun prétexte. On sait que c'est vous qui nous avez sortis d'ici, tout serait perdu

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