‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 120 sur 182 · A la suite de l'aventure de Varennes · texte numérisé non relu

A la suite de l'aventure de Varennes

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surtout Goguelat, il est parfaitement raisonnable et sa tête s'est posée pendant la prison. Adieu. »

Cette nouvelle orientation de la politique royale cons* tituait une véritable volte-face et surprit Fersen autant qu'elle déconcerta les Puissances. Les Princes déclarèrent de leur côté que les instructions de la famille royale n'étaient point sincères et que le Roi ne les avait données que sous la contrainte ; ils augmentèrent en même temps leurs armements et trouvèrent dans ces instructions un excellent prétexte de travailler pour leur propre compte. Ceux enfin qui n'étaient pas très empressés de venir au secours de la monarchie française, de quelque manière que cela fût, acceptèrent avec enthousiasme ce principe de nonintervention qui leur permettait de ne rien faire.

La reconnaissance de la Constitution française divisa l'Europe en trois camps, dont le moins important mais aussi le plus enthousiaste comprenait le Roi de Suède, et ses fidèles. C'est uniquement sur lui que pouvait compter la famille royale, mais il ne jouissait hélas, d'aucun ^ prestige ni d'aucune influence aux yeux de l'Europe. Son action était surtout paralysée par la pénurie d'argent. Aucune des puissances ne lui venait en aide, à l'exception de l'Espagne. Catherine II grisait son « frère et cousin » de Suède avec de belles promesses, mais lui disait en même temps de la manière la plus brutale que « chacun a sa révolution à mater et que la sienne est en Pologne ». L'Angleterre se décida, après d'interminables discussions parlementaires, à observer une stricte neutralité, et ce malgré de fortes pressions venues de l'extérieur. Et Léopold ne bougeait pas.

Les Princes à Coblence devenaient en attendant plus arrogants de jour en jour, ils tenaient une Cour, se réunissaient en Conseil, recevaient et envoyaient officiellement des ministres plénipotentiaires aux Cours étrangères dont les dispositions à leur égard étaient bienveillantes. L'âge d'or de la Cour de Coblence dura tout l'été et jusqu'à l'automne 1791.

De retour de Vienne le 8 octobre, Fersen écrit à Marie- Antoinette :

« Me voilà enfin de retour... i.

« Je vous plains d'avoir été forcés de sanctionner, mais je sens votre position, elle est affreuse, et il n'y avait pas d'autre parti. J'ai du moins la consolation que quelques gens raisonnables sont du même avis ; mais qu'allez-vous faire, tout espoir est-il perdu ? S'il en reste, ne vous laissez pas abattre, et, si vous voulez être aidés, j'espère que vous pourrez l'être, mais il faudrait savoir pour cela vos désirs et vos projets, alin de modérer ou exciter la bonne volonté du roi de Suède et des autres puissances, car dans tous les cas les princes ne doivent être qu'auxiliaires ».

Après avoir exposé la situation en Europe — « l'Empereur est le moins voulant ; il est facile et indiscret » — et rendu compte du projet de fuite qu'il avait soumis à l'Empereur, il poursuit :

« Voici quelques questions auxquelles il serait nécessaire de répondre ; pour que cela soit moins long, j'en garde les num. et vous pourrez les indiquer par un, deux, trois :

10 Comptez-vous vous mettre sincèrement dans la révolution et croyez-vous qu'il n'y a aucun autre moyen ?

20 Voulez-vous être aidés, ou voulez-vous qu'on cesse toute négociation avec les cours ?

3» Avez-vous un plan, et quel est-il ?

« Pardonnez toutes ces questions ; je me flatte que vous n'y verrez que le désir de vous servir et une preuve d'attachement et de dévouement sans bornes. »

Le 12, à la suite de conversations qu'il avait eues et de nouvelles lettres qu'il venait de recevoir, il ajouta encore quelques détails. A la fin de cette lettre, nous trouvons deux lignes effacées et, à la suite de ces lignes, cette phrase : « Je n'ai pas encore eu le temps de déchiffrer la vôtre du 25. »

Or, Fersen a noté sur la lettre de la Reine qu'il l'avait reçue le 8. Il avait donc été si occupé pendant quatre jours qu'il n'avait même pas trouvé le temps de la déchiffrer et de la lire 1 Qu'est-ce qui l'occupait tant ces jours-là ? Son Journal Intime ne nous apprend rien à ce sujet :

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