‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 121 sur 182 · Lignes effacées · texte numérisé non relu

Lignes effacées

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« s. 8. Temps gris, pluye. Diné chez Bret : Soirée chez Craufurd.

D. 9. Temps gris, pluye. Diné chez Craufurd à 6 h. chez leurs altesses très bien reçu.

L. 10. Temps gris, pluye. Diné chez 1 : s altesses. Pris la cacia le soir.

M. 11 .Temps gris, pluye un peu diné Bret : pris de la cacia le soir purgé assez tort estomac dérangé.

M. 12. Temps gris, pluye un peu dîné chez Craufurd. Le baron me lut ses lettres au Roi et la Reine fort bien. Duc de Fitz- James arrivé...

J. 13. Temps gris, pluye, dîné à la cour, diarré, estomac dérangé fait mettre des sangsues le soir. Chev. de Coigny parti pour Paris, très resonnable écrit la veille et par lui, le b : on écrit dans le même sens. »

La lettre qu'il envoyait par le chevalier de Coigny, lui aussi un des intimes du cercle de Trianon, était brève et ne faisait que reprendre ce qu'il avait écrit le 12. « Je n'ai encore eu le temps que de déchiffrer le commencement de Votre lettre », conclut-il.

La correspondance entre Fersen et Marie-Antoinette continuait et prenait des deux côtés des proportions énormes, surtout en ce qui concerne Fersen : la plupart de ses lettres étaient des mémoriaux politiques. Il reprenait ici le rôle de conseiller intime qu'il avait joué avant Varennes. Fersen s'appliquait à montrer à la Reine le chemin à suivre, il critiquait amicalement ses actes et ses paroles. Il conseillait à Marie-Antoinette d'écrire à tel ou tel prince régnant, et il lui expliquait en détail ce que devaient contenir ses lettres pour avoir le plus d'effet possible, il lui enseignait comment on pouvait convaincre sans blesser l'amour-propre ou la vanité des gens. « Pressez toujours l'Empereur pour ce congrès; sans cette démarche prononcée et prompte, je crains tout de la folie des Princes et des émigrants », écrit-il le 25 octobre, « ils sont fort échauffés, et s'ils se croient abandonnés, je ne réponds plus de rien de leur part. »

Et le 11 novembre :

^ 41 Je ne puis assez vous dire, combien il est important pour vous d'écrire au plus tôt en Suède et en Russie confidentiellement, pour

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les empêcher de se livrer aux princes dans la persuatîon que vous ne voudrez jamais rien faire. Cette première lettre ne serait que pour lui dire que vous espérez de son amitié et de l'intérêt qu'il vous a déjà témoigné, qu'il ne refusera pas de vous en donner de nouveaux témoignages ; que votre position exige de grands ménagements, mais que dans peu vous lui ferez part avec confiance de vos projets, et que, connaissant sa façon de penser noble et généreuse, vous ne doutez pas qu'il ne les seconde de tout pouvoir, et qu'il emploie son influence sur l'impératrice pour la décider en votre faveur et celle qu'il a sur les princes pour les empêcher de faire quelque folie qui dérangerez tous vos projets. Celle à l'impératrice serait de même, en la flattant un peu. De cette manière ils pourront vous être fort utiles. »

A cette époque, Fersen rédigeait pour le compte de Marie-Antoinette un mémoire sur la situation politique de la Reine. « Je suis fort occupée depuis plusieurs jours de faire un mémoire détaillé à la Reine sur sa position, et sur ce qu'elle a à faire », écrit-il le 23 novembre 1791 à Taube. Fersen ne cherchait donc nullement à dissimuler que ses négociations n'étaient pas conduites avec le Roi et la Reine de France en commun ou qu'il ne collaborait qu'avec Marie- Antoinette.

Le 26 novembre, il envoya ce long mémoire à Marie- Antoinette. Nous en citerons les passages essentiels :

« Si vous adoptez ce nouveau plan, il serait nécessaire d'en instruire vous-même les cours bien intentionnées et dont vous vous déciderez à réclamer les secours, telles que l'Espagne, la Russie et la Suède. Peut-être même une lettre au roi de Prusse seraitelle utile, d'après ce qu'il a fait dire au roi de Suède. Il faudrait, après avoir remercié le Roi d'Espagne de tout ce qu'il a fait pour vous, de la manière dont il a reçu en 1789 votre protestation, et de la fermeté qu'il a montré en ce moment, lui faire un tableau en raccourci de votre position et de l'impossibilité de rester dans celle où vous êtes ; lui communiquer le plan que vous avez adopté ; lui demander, par une suite de l'amitié et de l'intérêt qu'il vous a déjà témoigné et de celle que vous êtes en droit d'espérer de lui, par les liens du sang, qu'il se charge de vos intérêts auprès des puissances étrangères et d'appuyer les demandes que vous serez dans le cas de leur faire ; que personne n'est plus en droit d'être chef de la Ligue qui doit rétablir votre autorité et réparer les

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insultes et les outrages faits depuis deux ans à la maison de Bourbon, et que vous aimerez à lui en avoir toute l'obligation ; Tinformer, que vous avez demandé à Tempereur le rassemblement d'un congrès ; lui demander de proposer le congrès armé et lui indiquer le prétexte. Que vous ferez la même communication à la Suède et à la Russie, dont les dispositions vous sont connues ; le prier de ce concerter avec ces deux puissances sur les démarches à faire ; que vous voulez vous servir de l'influence que ces deux cours ont sur les princes pour diriger leur conduite. Le prier d'exciter le zèle de la Prusse, qui vous a fait donner des assurances positives d'intérêt par M. de Moutier, et si vous vous décidez à lui écrire, lui en faire part. Il faudrait finir par lui représenter combien il est nécessaire de ne pas perdre de temps et d'adopter des mesures promptes. Vous lui demanderez d'user de son influence sur la Portugal, la Sardaigne et Naples, pour les engager à des démarches pareilles ; ou bien charger le baron de Breteuil d'en parler à l'ambassadeur de Naples, qui est ici ; et après quelques compliments, ajoutez que vous ne doutez pas qu'elle ne consente à vous donner des preuves de l'amitié sur laquelle vous avez toujours compté de sa part. Il serait bon d'ajouter [que c'est le baron de Breteuil, qui restera chargé de votre correspondance.

« n serait utile que le roi écrivît un mot au roi d'Espagne en même temps, il s'en rapporterait à ce que vous avez déjà mandé. Ces deux lettres pourraient être envoyées en original — par l'évêque ^ dans un livre et le baron les ferait passer à M. de Vaugyon chiffées ou bien vous pourriez les remettre cachetées au chargé d'affaires d'Espagne, à qui vous pourriez . demander d'envoyer un courrier pour les porter. Cette voie serait préférable, étant plus prompte. Il faudrait dans ce cas en faire parvenir la copie au baron.

a Si la lettre à l'impératrice de Russie que j'ai eu l'honneur de vous proposer était déjà écrite, il faudrait seulement lui mander que vous espérez qu'elle a reçu votre lettre, et que, ne pouvant douter, d'après les témoignages d'intérêt si dignes de sa grande âme qu'elle vous a déjà donnés, qu'elle ue consente à vous en donner de nouveaux, vous n'hésitez pas à lui faire part avec confiance de vos projets. Vous lui direz, en peu de mots, les raisons qui ont décidé le roi à sanctionner, qui sont : l'ignorance totale où il était des dispositions des puissances étrangères à son égard et de l'étendue des secours qu'il pouvait en attendre ; que, ne

1. D'Agoult, évoque de Pamiers, qui devait se rendre k Paris,

voyant aucune démarche de leur part, vous avez cru qu'il ne vous restait d'autre parti à prendre que celui de ramener les esprits par les vices mêmes de la constitution ; qu'ayant pris le parti de l'accepter, il fallait vous soumettre à toutes les démarches qu'on exigerait pour convaincre de la bonne foi que vous y apportiez, pour gagner la confiance publique, rétablir un peu de calme et vous procurer ainsi les moyens d'agir plus sûrement, sans exposer les gens fidèles qui sont encore auprès de vous et dans le royaume, car \ous comptez vos dangers personnels pour rien ; que ce sont là les raisons qui vous ont engagés à des démarches conciliantes et qui doivent paraître aux yeux des puissances de l'Europe moins nstruites des détails de votre position, autant d'actes de faiblesse ; qu'il vous importe de détruire auprès d'elle l'impression qu'elle en aurait pu concevoir ; — que vous ne doutez pas de l'attachement de Monsieur et de M. le comte d'Artois pour vous, mais que vous n'avez pas la même raison d'être assurés de celui de leurs entours qui sont plus occupés de leurs intérêts personnels que des vôtres ; — que, malgré cette certitude, vous n'hésiteriez pas à vous en servir, à vous entendre avec eux et à leur communiquer vos projets, si l'indiscrétion qui règne parmi les gens qu'ils ont choisis pour les conseiller ne défendait de leur rien confier ; qu'ils ont accoutumé la noblesse, rassemblée à Coblence, à être instruite de tout ; que rien n'y est secret ; qu'un projet qui leur serait communiqué par vous, deviendrait bientôt pubhc et serait aussitôt connu à Paris, par les espions dont Coblence abonde ; mais que vous lui demandez de faire usage de l'influence que la générosité de sa conduite envers les princes lui a acquise sur eux pour, de concert avec le roi de Suède, leur transmettre vos désirs, sans qu'ils puissent s'en douter, et diriger leur conduites et leur démarches vers un but commun. Vous lui direz les demandes que vous avez faites à l'empereur ; vous lui ferez part de votre plan et des avantages que vous y trouvez ; vous lui ferez les mêmes demandes qu'au roi d'Espagne, en ajoutant celle du départ de son ministre par congé, comme une démarche qui ferait un grand effet ; vous proposerez le roi d'Espagne, comme chef de la maison de Bourbon pour être l'organe des propositions à faire, et lui demanderez de diriger ses démarches, de le pousser et de se concerter avec lui, ainsi qu'avec l'empereur et le roi de Prusse à qui vous en avez écrit, mais sans entrer dans les mêmes détails. Vous lui manderez que vous faites part de vos projets au roi de Suède, dont vous savez que les dispositions sont en tout semblables aux siennes ; vous lui demanderez de décider le Danemark en votre faveur, et vous lui indiquerez le baron de Breteuil

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comme la personne en qui vous avez confiance et qui sera chargé de votre correspondance.

« Pour éviter de répéter au roi de Suède les mêmes choses, vous pourriez lui envoyer la copie de votre lettre à l'impératrice, en y ajoutant des témoignages de sensibilité sur celle qu'il vous a toujours témoignée et sur les marques d'amitié et d'intérêt qu'il n'a cessé de vous donner, sur le zèle et la chaleur qu'il met à vous servir ; — l'assurer de toute votre reconnaissance lorsque des temps plus heureux vous permettront de lui en donner des preuves ; —- vous référer à votre lettre à l'impératrice pour les différentes demandes à lui faire et pour le plan que vous adopterez ; — lui mander que vous espérez qu'il les adoptera et les secondera ; — lui demander de se concerter avec l'impératiice et d'employer son influence pour régler la conduite des princes et les empêcher de faire quelque tentative folle qui contrarierait tous vos projets ; mais de ne pas leur laisser entrevoir que cela vienne de votre part, par les raisons déjà alléguées à l'impératrice. Le roi de Suède écrit au baron de Breteuil en lui parlant de la nécessité que vous instruisiez le roi de Prusse de vos projets et que vous demandiez sa coopération : Si le roi de France craint de se compromettre, je m'offre de faire porter ou de porter ses paroles avec tout le secret possible au roi de Prusse, etc. etc. Cette proposition du roi de Suède, quoique fort avantageuse, ne peut être acceptée. L'esprit actif et inquiet de ce prince inspire de la défiance, et cette défiance pourrait nuire en ce moment à vos intérêts ; mais il faut, sans lui alléguer cette raison, le remercier de ses offres et lui dire que vous préférez d'en écrire vous-même au roi de Prusse, comme un moyen de plus pour exciter son zèle et sa bonne volonté. Vous lui demanderez de maintenir l'impératrice dans les bons sentiments qu'elle vous a déjà témoignés et dont vous savez que vous lui avez l'obligation ; vous lui demanderez de décider le Danemark, et, après avoir dit un mot pour le baron de Breteuil, vous finirez par ces choses aimables que vous savez mieux dire qu'un autre. Si vous me faites passer votre lettre, j'enverrai le tout chiffré. L'évêque pourrait me l'envoyer collée dans un livre.

« Votre lettre au roi de Prusse sera courte. Vous le remercierez de ce qu'il vous fait dire par M. de Moutier ; vous lui diriez que la nécessité vous a forcés de sanctionner, mais que vous êtes décidés à faire changer la position où vous êtes ; que le seul moyen d'y parvenir est un congrès armé ; que vous en avez fait la demande à l'empereur et aux autres puissances et que vous espérez, d'après les bonnes dispositions qu'il vous a témoignées.

qu'il se concertera avec elles, qu'il adoptera cette mesure, et qu'à l'exemple des autres puissances il fera partir son ministre de Paris par un congé.

« Vous pourrez mander à l'empereur que, d'après les doutes qu'il paraît avoir sur les véritables intentions des différentes puissances et sur la vérité de leurs bonnes dispositions, vous vous êtes décidée à en écrire vous-même en Espagne, en Prusse, en Russie et en Suède afin de vous en convaincre et pouvoir régler votre conduite sur le degré d'intérêt qu'elle vous témoigneront et sur la réalité du secours qu'elles vous promettront ; que vous leur demandez le rappel de leurs ministres et ambassadeurs par congé, et le rassemblement immédiat d'un congrès, qui serait appuyé ensuite d'une force armée, pour rendre les délibérations plus imposantes. »

Fersen essayait courageusement d'informer la Reine de sa position équivoque et de la fausse opinion qu'on se faisait généralement sur sa personne, et tâchait de lui expliquer que la médisance s'occupait d'elle, en faisant interprêter faussement ses intentions et ses lettres.

Dans cet important mémoire du 26 novembre, il écrit encore :

« L'indiscrétion avec laquelle l'empereur annonçait à tout le monde qu'il recevait de vos lettres et le peu d'effet qu'il donnait à sa bonne volonté ont tait conclure que vous ne lui écri\iez que pour l'empêcher d'agir. Vos ennemis se sont servis de ce moyen pour répandre que vous étiez contraire à toute entreprise ; que le désir de dominer et la crainte de l'être vous faisait préférer de marcher par la constitution et de vous servir des factieux plutôt que d'avoir aux princes et aux émigrés l'obligation du rétablissement de votre autorité ; que vous aimiez mieux perdre le royaume qu'une partie de cette autorité, et mille contes de ce genre, plus absurdes les uns que les autres. Ces idées se sont répandues parmi la noblesse et s'y sont accréditées ; des gens très sensés, et qui vous étaient attachés, sont mêmes tentés de les adopter. 0 regarde ici le baron de Breteuil comme votre agent dans ce sens, et lors de son arrivée ici la grande majorité des Français ne voulaient point l'aller voir. Je sens comme vous le peu de cas qu'il faut faire d'une pareille injustice, et vous y êtes malheureusement accoutumée plus qu'une autre ; mais dans la position où vous êtes, dans l'incertitude des événements qui peuvent naître, il faudrait

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tâcher de détruire ces bruits, et que l'issue de ce que vous aurez fait pour eux leur prouve un jour, ainsi qu'à toutes l'Europe, sa tausseté. »

Il poursuit :

« Votre position devient tous les jours plus critique, la France marche à grands pas vers sa ruine. Les factieux travaillent sans cesse à vous faire perdre le peu de popularité que vous commenciez à gagner, et le veto dont le roi vient de faire usage, est un moyen, dont ils ne manqueront pas de se servir. Vous avez déjà vu les bruits qu'on ne cesse pas de répandre sur vous au dehors, pour vous aliéner l'affection de la noblesse : on cherche de même à vous avilir dans les cours, en représentant toutes vos démarches comme autant d'actes de faiblesse, et si vous ne pouvez sortir promptement de l'état où vous êtes, vous serez abandonnée de tous les partis et livrée entièrement à la merci des factieux et des républicains, qui ne trouveront plus d'obstacles à l'exécution de leurs coupables projets ».

On voit que « vous » ne s'adresse plus ici au Roi et à la Reine collectivement, mais seulement à la Reine.

Entre les conseils politiques, se glissaient des conseils personnels : il tenait à ce que Marie-Antoinette fût aimable pour tout le monde, surtout comme Fersen savait qu'avec un peu de bonne volonté, cela lui était facile. « Monsieur Craufurd a été cet été en Angleterre pour s'assurer des dispositions de cette cour, et quoiqu'en dise M. de Mercy, elle est pour une neutralité exacte. Comme M. Craufurd s'est chargé avec beaucoup de grâce de cette commission, ne voudriez-vous pas me dire pour lui de ces choses obligeantes, que vous savez dire mieux que personne ? Il le mérite par son attachement pour vous, répondez-moi au plus tôt... * »

Il ajouta le 11 novembre :

a N'oubliez pas de me dire quelque chose d'aimable de Votre part et de celle du Roi pour M. Craufurd, il le mérite tant 1 »

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Il écrit le 22 décembre :

« M. de Toulongeon, celui qui est venu de Franche-Comté, a été peiné du froid avec lequel ses bonnes intentions ont été accueillies. Ne croyez- vous pas, que sans les trop distinguer, il faudrait donner aux gens de bonne volonté raisonnables des marques de bonté ? Personne ne sait mieux que vous faire usage de cette monnaie ».

Qu'écrit Marie-Antoinette pendant ces pénibles mois ? Elle était avant toute une élève docile qui suivait fidèlement les conseils de Fersen. Elle fait sortir des feuillets blancs son écriture à l'encre sympathique ou au jus de citron concentré. Mais ce n'était pas toujours tâche si aisée. « Il nous est impossible de faire sortir l'écriture du baron de Breteuil sur le papier, avec l'eau que le comte de Coigny nous a apportée », écrit-elle le 19 octobre. « Mandezmoi tout de suite, par la poste, la manière de se servir de cette eau, et de quoi elle est composée, pour que si celleci est mau\aise, nous puissions en faire faire d'autre ». « J'ai reçu hier vos papiers par M. de Bridge, » écrit-elle le 31 octobre, « l'écriture est parfaitement sortie avec l'eau que j'ai fait chercher chez l'apothicaire, il faut que celle qu'on nous a envoyée de là-bas fut évaporée mais cela est égal à présent ». Parfois, elle est lasse de tous ces travaux d'écriture. « Adieu, je suis fatiguée à force d'écritures ; jamais je n'ai fait tel métier et je crains toujours d'oublier, ou de mettre quelques bêtises... » ^ s'exclamet-elle le 2 novembre.

Elle s'appliquait à suivre ses conseils et recevoir aimablement les personnes qu'il lui envoyait ou qui collaboraient d'une manière ou d'une autre avec lui. « Je ne puis vous dire combien je suis touchée de ce qu'a fait ce bon M. Craifurd pour nous, le roi aussi. Je vous écrirai dans quelques, jours ce qu'il faudra lui dire de notre part », écrit-elle dans la lettre du 19 octobre. « Nous serons bien heureux de pouvoir faire quelque chose pour lui. Il y a si peu de gens qui nous témoignent un vrai attache-

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