InéiJit
JJ.«.tS
LA CATASTROPHE
France. On ne peut que fremire de son sort et de voir comment il peut exister des hommes aussi barbares dans un Peuple autref oix admiré pour sa douceur dans le caractère «t les mœurs. Mais la malheureuse Reine a toujours conservée son ame courageuse jusqu'au dernier moment. Je supose la part que vous avez prise quand ceux qui ne l'ont jamais vue ont pu prendre une part aussi sensible à son sort. Je souhaite qu'une fois ces malheurs prendront une fin et que nous puissions voir le jeune Roi si intéressant par son malheur rétabli sur le Throne de ses ancêtres. Monsieur le Comte je vous prie d'être persuadé des sentiments d'amitié avec lesquelles je seres toujours votre bien affectionné
GusTAF Adolph *.
Son Journal Intime reflète sa vie pendant les semaines qui suivent. Il n'avait plus qu'une seule préoccupation : réunir tout ce qui avait appartenu à Marie-Antoinette pour servir au culte de son souvenir. Il s'adressait à des personnes qu'il connaissait à peine ou pas du tout et les chargeait de recherches dans ce but à Paris.
Il note le 5 novembre :
« M[ardi] 5. Tems gris, pluye. Daubrus, un avocat de ce pays, faisoit sans cesse des voyages a Paris. Il en rapportoit toujours beaucoup d'argent pr les émigrés, faisoit même passer du monde. Je le crois une manière d'espion, mais il est intelligent. Il devoit y retourner, je le chargeai de m'acheter les portraits et camées du Roi et de la Reine, qu'a Me de La Reynière, le portrait de la Reine fait au Temple par Coistier et sa montre, anneaux ou autres choses, qui ayent appartenues a la Reine. Tout ce qui vient d'elle me sera précieux. Je ne puis me consoler de sa perte, ma douleur ou plutôt mes regrets me semblent les mêmes tous les jours ; je perd en 18 mois trois souverains, mes protecteurs, mes bienfaiteurs et mes amis. Si encore ma fortune etoit plus considérable, je viverois indépendant ou je voudrois. Je serois plus sure en m'associant Eleonore de la rendre heureuse et contente. Ce seroit pour moi une consola-