‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 178 sur 182 · Louis XVIII · texte numérisé non relu

Louis XVIII

2. Pendant le voyage de Vienne à Francfort Fersen avait perdu ses malles.

LE SOUVENIR

partie de ce qu'eUes contenaient le sera-t-il, je regretterai beaucoup différentes choses, qui etoient d'EZ/e ^ et qui m'etoient précieuses a cause de cela, c'etoient des souvenirs bien chers. ♦

Lettre à Sophie.

Wilhelmsbad 6 septembre 1796.

« l'expression de votre tendre amitié me fait un indiscible

[plaisir] et j'en ai besoin, car Dieu sait si jamais je serai heureux que par elle, et si, jamais le plan de bonheur que je m'etois fait se réalisera ? Souvent je crois comme vous que non et quoique El : avec qui j'en ai parlé raisonnablement, m'assure le contraire, je crains qu'elle n'ait pas la force ni la resolution de briser des liens volontaires a la vérité, mais que la force de l'habitude et des convenances ont consacrés quoiqu'ils lui soyent a présent insupportables. Je tache de me familiariser avec l'idée de perdre tout espoir a cet égard, je sens que j'y aurai de la peine, mais je suis si accoutumé aux pertes sensibles à mes affections ^ que je saurai aussi supporter cette dernière, s'il se faut, quelque pénible qu'elle puisse m'etre. Vous me demandés ma chère amie, quel parti je prendrai, si je dois renoncer a El :. il n'y a qu'un c'est celui de m'éloigner d'elle, et les evenemens de la Paix et ceux de notre intérieur décideront ma marche intérieure et me détermineront a servir ou a ne plus vivre que pour moi et mes amis. Mais pour un autre attachement ou pour choisir une femme je doute qu'après ce que j'ai connu l'envie m'en vienne, vous savés mes principes là-dessus et combien je crains par un lien indissoluble de rendre une autre personne malheureuse, j'en ai tant vu d'exemples que je suis effrayé. »

Lettre à Sophie.

Wilhelmsbad 18 octobre 1796.

« Votre dernière du 23 m'est parvenue, ma chère amie, il y a 4 jours, bien obligé de tout ce que vous me dites de tendre et bon pour moi et pour El : Ah, ma chère amie, je crains bien de ne jamais être heureux et de devoir encore me détacher de l'idée du bonheur que je m'etois formée. J'etois bien triste samedi ^ en

1. Marie-Antoinette. Le 5 octobre il mande à Sophie que ses malles étaient retrouvées.

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