‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 180 sur 182 · Ecrit après le retour en Suède · texte numérisé non relu

Ecrit après le retour en Suède

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Tjes souvenirs de Marie-Antoinette, de Versailles et de sa vie en France, reviennent de temps à autre. Lorsqu'en 1801 il séjournait en Italie, en compagnie de Sophie, il alla pour quelques jours à Parme, où Marie-Amélie, la sœur de Marie- Antoinette, le reçut avec une bienveillante cordialité.

Décembre 1801.

« J[eudi] 17. L'infant ncwis avoit donné ce jour la pour nous, être présenté à Colorne et nous avoit fait inviter a cliner... La Duchesse etoit encore fort bien, un beau port et l'air très noble, son teint etoit même mieux et plus beau depuis qu'elle ne court plus tant à cheval. Elle avoit adoptée un costume de vieille, une redingotte de drap brun, et un grand bonnet, des mitaines et les pieds dans des bottines de drap au travers desquels on voyait qu'elle les avoit fort beaux. Tous deux me comblèrent de bontés et de politesses, me parlèrent de ce j'avois fait pour leur famille. La Duchesse surtout m'en témoigna toutte sa reconnoissance elle fut extrêmement polie et aimable pour ma sœur.

« V[endredi] 18. Madame l'Infante envoya et m'écrivit ensuite pour m'offrir tous les soins et tous les secours dont ma sœur pourroit avoir besoin et me repetoit combien elle me seroit éternellement reconnoissante de tout ce que j'avois fait pour sa sœur. Sa lettre etoit des plus aimables.

« Dlimanche] 27. M"^^ l'Infante qui avoit scue que nous n'avions pas de loge, nous en envoya la clef d'une et m'écrivit un billet charmant,

« M[ercredi] 30. L'Infante vint le matin en \ille et nous permit de la voir. Nous y fumes à 1 heure et restâmes jusqu'à 2 1 /2 h :. Elle fut très aimable elle me promit de m'envoyer Irma, écrit disoit-on, par Madame et qui etoit l'histoire de sa captivité. »

Janvier 1802.

« Ven[dredi] 22. La Duchesse ne cessoit de nous combler de bontés et surtout moi, elle m'écrivoit sans cesse pour avoir des nouvelles de ma sœur et toujours elle me repetoit l'assurance de sa reconnoissance pour tout ce que favois fctit pour sa pauvre sœur c'etoit son expression. »

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« S[amedi] 20. Je fus a 11 heures chés M^^ l'Infante, qui causa très confidentiellement et amicalement avec moi.»

Décembre,

« M[ardi] 28. Nous partîmes à 8 h : du matin de Flamb : et arrivâmes a 4 1 /2 h : du soir à Itzehoe. Je fus voir M^^ de Korfî, j'y eus grand plaisir, elle me reçut a merveille. J'avois eu la précaution de reparer d'avance mes torts envers elle car il y avoit longtemps que je ne lui avois écrit. Elle etoit assés bien logé, cependant j'éprouvai un sentiment de peine quand je pensois à ce qu'elle avoit perdu et comment. »

En 1804 un événement exceptionnel rappela à Fersen sa jeunesse et ses relations d'autrefois : la rencontre avec Louis XVIII et le duc d'Angoulême, qui traversaient la Suède et en l'honneur desquels Fersen, maintenant chancelier du Royaume, offrit un diner splendidi à Kalmar.

Octobre 1804.

« S[amedi] 13. Je partis [de Morlunda] a 7 h : et arrivai à Calmar a 5 1 /2 h... Le Duc de Pienne a qui j'avois écrit pour voir Louis XVIII vint me dire de venir d'abord, j'y allai en habit de voyage. J'y trouvai Monsieur et le Duc d'Angoulême. Ils me sautèrent tous au col et notre entrevue fut très touchante, ils me comblèrent d'amitié depuis 1791 je ne les avois pas vus. Je fus charme de revoir le chevalier de Puisegur, il etoit avec M. le Duc de Pienne avec le Roi, et un jeune Cte de Vase, fils de celui •que j'avois connu, avec le Duc d'Angoulême.»

Novembre.

«V[endredi]2. Il n'étoit question partout que de mon soupe de la veille de l'ordre et de la magnificence qui y avoient régnée, il ne le meritoit cependant pas, mais il etoit heureux pour moi que tout le monde n'avoient pas vu ou avoient oublié l'ancienne France. »

Un an plus tard il rencontra à Dresde la princesse de Tarente. Il note :

LE SOUVENIR

Avril 1805.

« L[undi] 24. Je fus voir la Princesse Tarente qui passoit ici avec le Cte de Golovin et sa femme pour retourner en Russie. Sa vue nous procura a tous deux une vive sensation de plaisir et de peine par les souvenirs pénibles et chers que nous eûmes. »

Quelques semaines plutôt il avait noté :

Juin.

« M[ardi] 2. Je fus ... et à Topera... La salle étoit mal éclairée, et l'emplacement du parterre trop petit. — L'opéra alla bien, maigre l'envie et la jalousie de tous ceux qui deprisoient le spectacle francois pour protéger le suédois, mais quelle différence de ia Didon de Paris. Heureusement il n'y avoit la personne pour en faire comparaison. Que de souvenirs et de regrets affligeants pour mon cœur ce spectacle ne me rapelloit-il pas ? »

N'est-ce pas presque symbolique qu'une des dernières notes qu'on trouve dans le Journal Intime et qui ait trait à Marie-Antoinette, évoque cet air que lui chantait la Reine et que vient lui rappeler l'audition d'un opéra :

« Ah, que je fus bien inspirée Quand je vous reçus dans ma cour ».

FERSEN ÉTAIT-IL SON AMANT

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