‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 32 sur 182 · Geffroy : Gustave III et la cour de France · texte numérisé non relu

Geffroy : Gustave III et la cour de France

A l'arrivée de Fersen au Havre, l'expédition eut à subir une longue et ennuyeuse attente : « Beaucoup de personnes croient », écrit-il d'ici à sa sœur, « que nous n'irons pas. Je ne sais que croire je crains et j'espère. On assure a présent que nous nous embarquerons le mois prochain. Dieu le veuille. Si cela n'avait pas lieu je ne m'en consolerai pas ^ ».

L'expédition ne partit jamais et Fersen, désolé de son

échec, rentra à Paris.

Il fut pourtant assez vite dédommagé. Sur une recommandation de Vergeunes, qui avait été ambassadeur de France à Stockholm et qui connaissait son père, il fut nommé aide de camp de Rochambeau.

Le 23 mars 1780, il quitta Paris et se rendit à Brest, où il séjourna un mois, en attendant un vent favorable. A Brest, aussi bien qu'à bord du « Jason », il s'amusait comme il pouvait : « Il y a ici beaucoup de jeunes gens de Paris et de la cour », écrit-il à sa sœur de Brest, le 4 avril « qui sont ou colonels ou aides de camp, je suis fort bien avec eux tous ils paraissent m'aimer, nous soupons ensemble 10 ou 12 jeunes gens, et nous fesons beau bruit ; c'est un de nos camarades le comte de Damas qui nous donne a souper. Il est logé chés son oncle qui est capitaine de vaisseau et il a sa maison, car l'oncle est a Paris. C'est là que nous nous délassons des fatigues de la journée. Je n'ai pas de nouvelles a vous donner. » Et le 27 avril : « Nous sommes toujours a bord et il nous est défendu d'aller a terre, a moins que ce soit pour afaffaires. Vous sentes que tout le monde en a ou s'en fait j'en ai assés souvent. J'aime la terre et le séjour de vaisseau est affreux. J'y suis cependant en bonne compagnie et avec des gens que je connois le capitaine est un homme fort aimable gai et complaisant. Il m'a fait donner une chambre que j'ai fait arranger et ou je me retire pour

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