Inédit
LE FAVORI DE VERSAILLES
lire, écrire et travailler, cela m'est d'un grand agrément ; j'y suis presque toute la journée et ne me trouve nulle part mieux ^. »
A cette époque « une charmante comtesse » en Suède semble avoir capté l'attention de Fersen. Il parle d'elle dans une lettre à sa sœur le 18 septembre : ,
« Je suis au desespoir de la resolution que la charmante comtesse paroit avoir prise de ne plus m'ecrire, et je ne sais à quoi rattribuer, l'ouverture des lettres ne paraît pas une raison valable, et ce n'est d'ailleurs jamais qu'ici qu'on les ouvre, et qu'est-ce que cela fait, il n'y a point de signature, je crains que la vraie raison ne soit l'indilîerence que l'absence aura causée, cette idée est cruelle et me tourmente ^ — mais n'en parlons plus, je serois bien heureux de n'y jamais songer... J'envie bien à Lieven le bonheur dont il a joui de passer quelques jours à la campagne avec vous et la charmante comtesse, j'aurois été enchanté d'y passer ces huit jours et pouvoir ensuite revenir ici, et ni'embarquer. Vous me demandés malicieusement comment j'ai découvert que Mad. Homberg que j'avais jugée a la première inspection rousse, ne l'est point, c'est qu'alors je ne l'avois vue qu'une seule fois en passant, qu'elle est d'un blond un peu foncé, et qu'elle mettoit beaucoup de poudre rousse, depuis qu'elle n'en met plus, elle n'est plus rousse. Au reste la question ne me surprend point, je reconnois bien la les femmes, toujours un peu méchantes et surtout malicieuses. Si j'ai le temps avant le départ du Courier j'écrirai a la charmante comtesse, sinon cela sera pour l'ordinair prochain. »
Trois ans plus tard, il écrira à Sophie :
« Vous ne doutés pas, ma chère, du plaisir que vous m'avés fait en disant l'intérêt que la charmante comtesse avait pris a moi ni celui que j'ai eu a recevoir une lettre d'elle. j>
Attendant impatiemment le vent favorable qui devait le mener loin de sa « conquête », il ne ressentait ni tristesse ni hésitation. Sa décision était prise.