Quatre ou cinq mots effacés
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Le séjour de Fersen en Amérique forme dans sa vie un chapitre à part qu'on peut facilement reconstituer avec ses lettres très détaillées à son père, et quelques lettres qu'il adressa à sa sœur Sophie et qui, toutes, ont été conservées. Il semble avoir été le plus favorisé des six Aides de Camp de Rochambeau ; Fersen indique modestement comme raison de cette faveur particulière, sa connaissance de la langue anglaise. Il accompagnait le général dans ses voyages et expéditions et assistait à ses conférences avec Washington et les autres généraux américains. Creutz nous renseigne d'ailleurs sur l'excellente conduite de Fersen en Amérique dans une lettre qu'il adressa au maréchal Fersen, actuellement conservée dans les archives de Stafsund. « Je puis enfin », dit Creutz, « donner à Votre Excellence la douce satisfaction que son fils jouit de la plus grande considération, qu'il est dans l'intimité du général, qui a écrit à la cour que c'est un de ceux, sur les talens de qui il se repose le plus ; il s'est conduit avec une sagesse et une raison étonnantes pour un homme de son âge » ^.
Ces louanges ont d'autant plus de poids que Rochambeau les avait /transmises ofîiciellement au Roi de France. La bonne conduite de Fersen pendant la guerre de l'Indépendance était également certifiée par le fait que l'ordre de Cincinnatus récemment institué, lui fut décerné à la fin de la guerre, — une distinction qui selon son Journal le remplit d'aise. « Je désirerai bien être dans le cas d'en avoir une pareille », avait-il écrit, quelque temps auparavant, à son père, en apprenant que les frères Stedingk venaient d'être décorés de la Croix de Mérite.
Pendant son long séjour à Newport, Fersen fréquentait surtout la maison de Mrs Hunter, où il passait la plupart de ses soirées. Cette dame avait une fille de 18 ans, « gaie, aimable, spirituelle, qui touche au clavecin et