Inédit
LE FAVORI DE VERSAILLES
chante parfaitement » « Je lui apprends le français, » écritil dans une lettre à Sophie. En échange. Miss Hunter lui apprenait l'anglais. A sa sœur il avait aussi écrit au début de son séjour : « Je me porte à merveille ici, j'ai beaucoup à faire, les femmes sont jolies, aimables et coquettes, voilà tout ce qu'il faut... »
Nous voici loin d'un Axel Fersen mélancolique et romanesque comme la postérité a voulu le présenter.
A Newport, Fersen avait formé avec deux amis, le duc de Lauzun et un Anglais, Sheldon, ce qu'il appelait un « triumvirat ». Il écrit à Sophie, le 14 septembre 1780 «
« Je me suis faite une petitte sociétée choisie entre tous les hommes qui composent l'armée, elle n'est pas nombreuse tant mieux, elle est d'autant plus agréable. Nous ne sommes que trois, nous nous convenons fort bien : c'est le duc de Lauzun, Sheldon, un anglais qui est au service de France et colonel a la suite des hussards il a 20 ans, et moi. Nous sonunes ensemble autant que mon service le permet. Nous dinons souvent ensemble et passons nos soirées depuis 8 h. jusqu'à 12 chés Mrs Hunter, celle, dont je vous ai parlée, qui a une jolie fille. Lauzun qui est l'ainé et le plus raisonnable du triumvirat, se retire le plus tôt mais Sheldon et moi nous poussons plus avant dans la nuit à faire de la musique. Ces soirées sont fort agréables. »
Et le 13 novembre :
«... Notre triumvirat vient d'être réduit à un duumvirat. Le Duc de Lauzun a été envoyé avec les hussards à 29 lieux d'ici pour y rester en quartier tout l'hiver. Il ne reste plus que Sheldon et moi j'en suis fâché, car j'aime le Duc de tout mon cœur... » \
N'est-ce pas assez curieux que le Duc de Lauzun qui dans ses Mémoires parle de son séjour en Amérique et de la famille Hunter n'a pas une seule fois mentionné le nom de Fersen ? Que doit-on en conclure sinon que le duc de Lauzun fut jaloux du succès de son ancien ami suédois auprès de Marie-Antoinette, succès qu'il pouvait ignorer