‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 39 sur 182 · Publié par M. de Heidenstam · texte numérisé non relu

Publié par M. de Heidenstam

il se présente une occasion d*avoir celui du Royal-Suedois et si Votre Majesté veut en faire la demande pour moi je suis sure de l'obtenir ; je ne m'arrête pas sur les avantages qui resulteroient pour moi d'un pareil arrangement, ils sont fort grands, et Votre Majesté les sent conmie moi ; malgré cela je n'y aurois jamais songé si cette place avoit due me priver du plaisir de faire mon service auprès de la personne de Votre JMajesté, et si elle eut due m'empccher d'avoir l'honneur de lui faire ma cour, mais elle n'exige pas de résidence, et fournit a Votre Mojcsté le moyen de placer de jeunes gens dans ce Régiment, qui rapporteroient ensuite pour le service de leur patrie les talens et l'expérience qu'ils auroient pu acquérir dans celui de France qui va être plus actif que jamnis.

« J'ose supplier Votre Majesté en faveur des bontés qu'elle a toujours eu pour moi, de consentir à cet arrangement, et j'ose me flatter que vous voudrés bien, Sire, ajouter a tous Vos bienfaits celui d'y contribuer.

« La permission que je Vous avois demandée de ne revenir qu'au printems, est mal d'accord avec l'impatience extrême que j'ai de Vous faire ma cour, et je viens de proposer a mon Père de passer cet hiver en Suéde, et que Votre Majesté veuille me promettre de retourner en France au printems pour faire mon service d'été au Régiment ou je suis, de passer ensuite l'hiver a Paris pour faire mes arrangements, fmir mes affaires, et revenir en Suéde au printemps, ce nouveau projet satisferoit la grande impatience que j'ai de Vous faire ma cour, Sire. J'ose me flatter et je supplie Votre Majesté de vouloir bien consentir a celui de ces deux projets pour lequel mon Père se décidera, et d'être mon avocat auprès de lui » K

Le père ne paraissait pas particulièrement enclin à encourager l'entreprise d'Axel, bien qu'il eût lui-même longtemps servi en France. Il estimait que l'édu- ation de son fils avait déjà coûté trop d'argent et ne voulait pas engager de nouvelles dépenses pour faciliter sa carrière en France. Le sénateur Fersen avait sûrement eu connaissance des appréhensions que nourrissait Cretuz à regard de son fils — malgré que Creutz eût supplié Gustave III de n'en rien dire. Axel devait donc avoir recours

à toutes les influences dont il disposait pour briser la résistance paternelle.

C'est ainsi qu'on vit la sœur cadette, Hedda, intervenir en sa faveur auprès du père, par une lettre du 31 juillet 1783 :

«Le roi m'a parlé de laiîaire de mon frère Axel, et parais l'envisager comme un avantage pour les Suédois en gênerai, comme un témoignage autentique de la conduite de mon frère et comme un avantage enfin pour Fabian par la suitte des temps, si effectivement la chose est ainsi, vue l'ardeur que mon frère y met je vous avoue mon très cher Père que j'en désire autant la réussite que lui, le Roi m'ayant assuré sur tout que cela ne priverois pas du plaisir de le voir en Suéde, Sa M. s. t devoit elle même vous écrire a ce qu'il m'a dit, sans doute il vous aura detalié ses vues » ^.

On employa également d'autres moyens. Dans l'espoir de fléchir la volonté paternelle, Axel soumit à son père, — et en même temps — deux projets de mariage. Le premier concernait toujours Mlle Leyel. L'objet de la seconde spéculation — car les raisons étaient exclusivement d'ordre matériel — n'était autre que Germaine Necker, alors âgée de 17 ans. Sa réputation d'héritière immensément riche, son intelligence et son esprit, faisaient accourir des soupirants des quatre coins du monde. Parmi ceux qui se heurtèrent à un refus, Fersen mentionne le jeune William Pitt.

Voici une lettre que Fersen adressa du Cap, le 26 avril 1783, à son père. Elle nous révèle cette double affaire de mariage, si caractéristique pour l'époque :

« Apres avoir eu soin ae mon avancement et satisfait mon amour propre, il faut songer a un établissement plus solide, je suis dans l'âge ou le mariage, quelque peu de vocation que j'ai pour ce sacrement, devient une chose nécessaire. Celui avec M : lie Lyell est très avantageux. Je ne l'ai pas perdu de vue et pendant mon séjour en Amérique j'ai continue sa correspondance^

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