Geffroy : Gustave III et la cour de France, I
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qu'elle a sçu que Vous le desiriés, tout va bien, et je crote pouvoir assurer a Votre Majesté que j'aurés le Régiment de Royal Suédois, on a imaginé ici que c'etoit celui qui feroit le plus de plaisir a Votre Majesté, et celui qui me conviendroit le mieux, on a offert a messieurs de Sparre des avantages assés considérables pour les faire quitter, le Cte Ernst a déjà renoncé a sa survivance, et le O^ Alexandre a depuis longtemps témoigné le désir de rendre son Régiment, il s'agit seulement de régler les prétentions exorbitantes qu'il fait. Parmi ces demandes il fait celle du Cordon des Seraphims. Le Comte de Cheiîer le lui a presque assuré dans une lettre ou il l'engage a ne pas accepter le Cordon Rouge qu'on lui offrit alors ; je n'ose me flatter que les bontés et l'intérêt que Votre Majesté daigne prendre a moi puissent l'engager a lui accorder cette grâce a laquelle il a véritablement les droits tant par sa naissance, que par la promesse du Comte de Chelïer, et s'il consent a me céder son Régiment ce dont je ne doute pas, c'est en grande partie pour plaire a Votre Majesté » ^.
La réponse ne tarda guère, et cette décision rapide est sans doute due à l'ardeur qu'avait déployée Marie-Antoinette. L'accusé de réception de la main de la Reine porte la date du 19 septembre :
« Monsieur mon frère et cousin, je profite du départ du comte Fersen pour vous renouveler les sentiments qui m'attachent à Votre Majesté ; la recommandation qu'elle a faite au roi a été acceuillie comme elle devoit l'être, venant de vous et en faveur d'un aussi bon sujet. Son père n'est pas oublié ici : les services qu'il a rendus et sa bonne réputation ont été renouvelés par le fils, qui s'est fort distingué dans la guerre d'Amérique, et qui, par son cara* tère et ses bonnes qualités, a mérité l'estime et l'affection de tous ceux qui ont eu l'occasion de le connaître. J'espère, qu'il ne tardera pas à être pourvu d'un régiment. Je n'oublierai rien pour seconder les vues de Votre Majesté, et vous donner en cette occasion comme en toute autre des preuves du sincère attachement avec lequel je suis, mon-